Interview

Bako Boubacar Colonel MajorMonsieur le Directeur général, il y a quelques jours de cela, un véhicule citerne accidenté au quartier Aéroport de Niamey, a provoqué la mort de plusieurs dizaines de Nigériens venus siphonner le carburant qu’il contenait. Est-ce qu’on peut dire que les mesures de sécurité ont été respectées à cette occasion pour éviter la survenue de ce drame ?

Je me réjouis de l’opportunité que vous nous donnez de parler de ce problème et d’apporter notre modeste contribution à la sécurité des nigériens par rapport aux risques hydrocarbures. Aussi je me permets de rappeler que nous avons dès 2014 rédigé un dossier de sept (7) pages sur la question dans le bulletin de liaison et d’information des Forces Armées Nigériennes « Béret Vert» numéro 20 de décembre 2014. Ce dossier est intitulé «Le Niger face à son destin de producteur/Le Sapeur-Pompier face à son nouveau type de catastrophe.Quelle est la situation en matière de sécurité face aux risques hydrocarbures, suite à la mise en service de la SORAZ ?». Il aborde d’abord les risques liés à la distribution des hydrocarbures ceux liés au transport et propose des solutions. Les accidents de transport des hydrocarbures sont devenus un casse-tête, pour les unités de Sapeurs-Pompiers du Niger, à partir de novembre 2011, suite à la mise en service de la Société de Raffinage de Zinder (SORAZ). En effet, si avant cette date, les camions citernes transportant les hydrocarbures sur les routes nigériennes avaient pour vocation de satisfaire la consommation nationale, désormais ceux-ci prennent en compte aussi les besoins du Nord Nigeria, du Mali et du Burkina Faso. Ainsi on assiste à la mise en circulation d’un nombre important de camions citernes immatriculés au Benin, au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigeria. Aussi, cette augmentation de trafic et la qualité déplorable du matériel et des conducteurs constituent des motifs d’inquiétude pour la sécurité des personnes, des biens et de l’environnement. En outre, bon nombre de camions citernes usagés importés sont dans un état mécanique navrant pendant que certains sont fabriqués çà et là à Niamey par des soudeurs dont la qualification n’est pas garantie.

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