Energie/Pétrole: Bataille serrée entre indiens et chinois pour SAVANNAH Petroleum

ONGC Oil and Natural Gas Corporation NigerPrésente au Niger depuis 2014 suite à l'acquisition de son premier permis (R1/R2) d'Agadem, Savannah Petroleum qui a commencé sa campagne de forage cette année, peut se targuer d'avoir déjà à son actif quatre découvertes sur quatre tentatives. Cent pour cent de réussite que n'ont pas manqué de saluer les spécialistes du secteur sur le plan international. Le champ d'Amdigh en particulier constitue le point d'orgue de ce succès, car il est considéré comme l'une des plus grandes découvertes jamais réalisées au Niger. Il n'est donc pas surprenant que ces découvertes successives attisent la convoitise de certains « majors ».
L'autre exploitant du bassin du Rift d'Agadem est la China National Petroleum Corporation qui a découvert plus de 1,50 milliard de barils de pétrole au Niger.
L'attractivité de la compagnie britannique s'est renforcée après la signature avec l'Etat nigérien, le 8 Août 2018, d'un traité lui permettant de commencer la production du pétrole à la fin 2018, d'abord à la raffinerie de Zinder, puis à partir de 2021 avec la prochaine raffinerie de Kaduna, conformément à l'accord signé entre le Nigeria et le Niger par l'entremise des Présidents Muhammadu Buhari et Issoufou Mahamadou.
Ces progrès réalisés ont réactivé la convoitise de la plus grande compagnie pétrolière indienne, parmi les plus importantes au monde, ONGC (Oïl and Natural Gas Corporation). D'ailleurs, certaines sources bien introduites susurrent que les discussions visant à créer un partenariat entre les deux sociétés ont été déjà relancées.
L'intérêt de la compagnie indienne n'est pas surprenant compte tenu des similitudes géologiques avec celles du bassin Cambay en Inde et divers bassins du Sud-Soudan où ONGC est impliquée. Il s'agit d'aboutir à un partenariat à travers lequel l'ONGC rachètera des parts dans les zones de licences R1 / R2 et R3 / R4 de Savannah au Niger et, éventuellement, dans les champs de Uquo et Stubb Creek au Nigeria. Une série de réunions à Niamey, Londres et Delhi est prévue pour fin septembre 2018. On se rappelle que Savannah et ONGC ont déjà eu des discussions qui ont atteint un stade avancé l'année dernière, à travers plusieurs réunions auxquelles ont souvent participé des représentants du Ministère du Pétrole du Niger, aussi bien à Niamey qu'à Dehli.


Pendant que se raffermit la piste indienne, les chinois affichent également de plus en plus leurs prétentions. En effet, en marge du forum Chine-Afrique tenu les 3 et 4 septembre derniers à Beijing, des réunions ont eu lieu entre des officiels du Ministère du Pétrole du Niger, de la compagnie pétrolière chinoise Zhenhua et des Seniors du management de Savannah Petroleum Niger. Au centre des échanges, la perspective pour la compagnie chinoise de participer à la gestion des blocs R1/R2 et R3/R4.
Désireux d'établir une présence encore plus grande dans l'industrie pétrolière et gazière nigérienne actuelle, Pékin veut utiliser aussi la SINOPEC, en plus de CNPC présente depuis 2008 avec plus de 6 Milliards de dollars US d'investissement. Ces réunions visent à ouvrir la voie à un éventuel accord prévoyant le financement de 10 puits de forage par Zhenua d'une valeur de 75 millions de dollars américains
SINOPEC souhaite quant à elle prendre une participation dans les quatre découvertes déjà effectuées, mais la junior britannique semble ne pas être intéressée car elle ambitionne de les développer elle-même d'ici la fin de l'année.
Comment évoluera cette bataille feutrée entre chinois et indiens pour le contrôle de Savannah Petroleum ? Les prochains mois nous édifieront davantage quant à l'issue de cette lutte pour cette Junior britannique devenue de plus attractive sur le marché international.
Onep

11 septembre 2018
Source : http://lesahel.org

 

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