Vernissage d’une publication de l’ex-PM Mahamadou Danda : « L’administrateur civil au service du citoyen et de la défense du bien commun »

Au Niger on ne présente plus monsieur Mahamadou Danda, ex-Premier Ministre, eu égard à une carrière de digne serviteur de l’Etat en tant qu’administrateur, un parcours de formateur très apprécié à l’Ecole Nationale de l’administration et de la Magistrature, ainsi que des intrusions à haut niveau sur la scène politique qui ont consacré son envergure d’homme d’Etat outillé de haute technicité, de grande efficacité et de sens élevé de la patrie. Le 12 octobre 2020 fut organisée au campus de SWISS UMEF, la cérémonie de vernissage d’un de ses livres intitulé « L’administrateur civil au service du citoyen et de la défense du bien commun », paru aux Editions l’Harmattan de Paris.

La cérémonie fut parrainée par le Professeur Narey Oumarou, président du Conseil d’Etat. Le parterre d’invités arborait comme hautes distinctions le Général Salou Djibo, ancien chef de l’Etat, le président de la Cour Constitutionnelle, le président de la Cour des Comptes, l’ancien Premier Ministre Elhadj Mamane Oumarou et l’honorable Moutari Moussa, chef de Canton de Mirriah. Des représentants des familles Seyni Kountché et Ali Saibou ont transmis par leur présence, un témoignage chargé de symboliques et de sens au Docteur Danda et au-delà à toute l’assistance. Les sieurs Dagra K. Mamadou et Aboubacar Maidoka, éminents universitaires, en furent les lecteurs.

Docteur Mahamadou Danda est un spécialiste du management public et un fin limier des politiques de décentralisation. Dans son ouvrage vernis, il a livré, au-delà de la magistrale leçon de management public étayée par une profonde connaissance du pays, des institutions, de l’administration, des hommes, des lois et des procédures, il a livré dis-je le témoignage d’un homme moulé très tôt et façonné longuement dans la servitude à l’Etat. Une servitude qu’il a accomplie avec dévouement et humilité dans des expériences diversifiées et plus enrichissantes les unes que les autres. C’est en effet avant tout l’expérience d’un homme qui a servi aux côtés de Seyni Kountché, Ali Saibou et Salou Djibo. C’est beaucoup quand on sait ce que représentent ces trois personnages dans l’histoire récente du Niger. Docteur Danda a aussi servi dans la coopération canadienne, une tranche de carrière qui lui a permis l’accès aux réseaux mondiaux. L’ouvrage trace donc le cheminement d’un homme dont l’humilité ne le destinait pas particulièrement à être sous les feux de l’actualité, mais qui dût faire face à son destin avec fierté, courage et honneur. Mais on perçoit surtout dans l’ouvrage l’indignation et l’amertume d’un patriote qui ne retrouve plus dans la gouvernance actuelle les valeurs et objectifs qui l’ont forgé. Et c’est peut-être là l’un des grands centres d’intérêt de l’ouvrage, quand on considère les dirigeants de demain que sont les jeunes étudiants massivement présents à la cérémonie. </p><p> En hébergeant ce rendez-vous éminemment intellectuel et abondamment fécond en réflexions et en interrogations, en constats et en prises de conscience, en découvertes et en engagements pour l’action citoyenne, en rencontres et en réseaux, SWISS UMEF a voulu clamer le rôle qui est celui d’une institution universitaire, notamment celui d’être en permanence un bassin versant pour les nouvelles idées et leurs producteurs, les faiseurs d’opinion et le grand public, les donneurs et les receveurs. Les universités brillent par le foisonnement intellectuel qu’elles suscitent, les idées qu’elles accueillent, qu’elles couvent et qu’elles diffusent. Elles sont certes dans la compétition pour les effectifs d’étudiants, la concurrence des portefeuilles de formations et la surenchère sur les bons formateurs. Mais les plus en vues se distinguent par les sommités intellectuelles qui les fréquentent.


Aussi, offrir aux intellectuels une tribune pour animer des débats et présenter des publications constitue une des missions « non académiques» d’une université. De l’attrait que l’université exerce sur les intellectuels dépend son positionnement d’université ouverte sur la production et la transmission de savoir. La vitalité, je dirais même l’utilité des cercles académiques se mesure à leur fécondité en termes de production et de brassages des idées. Une université n’accueille donc pas que des formateurs pour ce qui est de la chaîne de transmission de savoir. Elle se doit aussi d’être ouverte à tous les producteurs d’idées parmi lesquels les écrivains, afin que ceux-ci s’affirment et transmettent. L’universalité du concept d’université est logée dans cette orientation. Pour garder son nom, l’université doit s’ouvrir aux influences et aux confluences, aux cours et aux tendances, aux actions et aux interactions, à l’actualité et à l’air du temps, aux perspectives et à l’avenir. C’est cette culture de large ouverture qui a motivé le choix de monsieur Danda de tenir la cérémonie de vernissage de son ouvrage au campus UMEF. </p><p> Accueillir le vernissage d’un ouvrage est très certainement un soutien et un encouragement à l’écriture. Et il faut avoir le courage de le dire, chez nous l’écriture n’est pas la première vertu des intellectuels, encore moins la promotion des écrivains n’est celle des universités. La cérémonie du 12 octobre 2020 célébra donc deux vocations. Celle d’un d’intellectuel doublé d’un haut commis de l’Etat qui a honorablement servi et qui est un témoin privilégié de son temps, et celle d’une institution soucieuse de déployer la fonction universitaire à la plénitude de son contenu. Les premiers gagnants de ce partenariat sont bien-sûr les étu-diants qui ne tarissent pas encore d’éloges au souvenir de ce forum qui leur a permis de serrer la main et échanger avec d’éminents intellectuels et honorables dignitaires politiques. Et pour les jeunes, ces moments intenses de considération et de partage n’ont pas de prix. 

Monsieur Danda s’est inscrit sur la longue liste de personnalités de toutes distinctions et qualités qui ont défilé à la tribune dressée au campus UMEF pour permettre l’expression des idées, le partage des opinions, l’enrichissement de la formation et l’encouragement à la production intellectuelle.

C’est ainsi qu’avant et après lui furent accueillis comme conférenciers des personnalités prestigieuses comme Son Excellence Elhadj

</p><p> Mahamane Ousmane, ancien Président de la République, le président du CESOC de l’époque, monsieur Saley Saidou, l’actuel Médiateur de la République, Maître Ali Sirfi, le ministre de la renaissance culturelle de l’époque, monsieur Assoumana Malam Issa et monsieur Nouhou Arzika, leader de la société civile.


Il est donc à espérer que l’élan impulsé par Docteur Danda sera accompagné par une dynamique collaborative fructueuse entre SWISS UMEF et les producteurs d’idées.

Ali ZADA
Expert en politiques publiques, formateur à SWISS UMEF