dimanche, 04 mars 2012 21:23

Secteur privé nigérien : le Niger offre les conditions que recherche tout investisseur Spécial

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Investisseurs NigerEn cette ère d’intégration économique et de mondialisation, la relance économique d’un pays passe nécessairement par la promotion du secteur privé en général, et par la création des Petites et Moyennes Entreprises (PME) en particulier. Au Niger, selon des

enquêtes de l’INS, le secteur privé nigérien est composé  d’un secteur moderne de taille modeste et d’un secteur informel large et dynamique.

Le secteur formel, essentiellement composé de Sociétés à Responsabilité Limitée (SARL) en majorité Unipersonnelles, contribue, avec le secteur public, pour 30% au PIB. Quant au  secteur informel, avec sa capacité d’adaptation au contexte d’instabilité tant économique que politique, il contribue pour près de 70% à l’économie nationale. Sa conversion vers le secteur privé formel permettra donc de booster l’économie nigérienne. Car le secteur privé constitue une composante majeure de l’économie nationale qu’il importe de prendre en considération dans la création des emplois et des revenus, toutes choses nécessaires à la réduction de la pauvreté. Aussi, le Niger s’est engagé, depuis plusieurs années, dans un processus de libéralisation progressive de son économie, avec pour objectif de faire jouer au secteur privé un rôle moteur dans le développement économique et social. Plusieurs actions et mesures ont été mises en œuvre et, au fil des années, l’environnement du secteur privé au Niger s’est sensiblement amélioré. A titre d'exemples, au niveau de la réglementation du commerce, la liberté des prix et la libre concurrence sont désormais les principes fondamentaux consacrés.

Ainsi, en dehors des prix de l'électricité, de l’eau et des hydrocarbures, qui font encore l'objet d'homologation, les prix de tous les produits sont fixés librement par le marché, au gré de la loi de l'offre et de la demande. Sur le plan de la réglementation fiscale et douanière, la fiscalité intérieure (directe et indirecte), qui auparavant était composée d'une panoplie d'impôts et de taxes, s'est beaucoup améliorée avec l'avènement de la patente synthétique, mais aussi grâce à son harmonisation pour tenir compte du contexte d'intégration économique au sein de l'UEMOA dont l'objectif majeur est d'attirer les investisseurs.

Par ailleurs, le Code du travail, qui était caractérisé par une certaine rigidité, a fait l'objet d'une importante révision, dans le sens de l'assouplissement de la procédure de recrutement des travailleurs et des conditions de leur licenciement  pour motif économique. Ainsi, une des principales contraintes à l'épanouissement du marché du travail, le monopole du service de la main-d'œuvre, a été supprimé et la liberté contractuelle réaffirmée.

Pour favoriser le développement des activités économiques et stimuler l'investissement, le gouvernement a aussi mis en application un code des investissements incitatif qui prévoit trois régimes : A, B, C. Le bénéfice d'un de ces régimes peut être accordé à toute personne physique ou morale, quelle que soit sa nationalité, exerçant ou désireuse d'exercer une activité. Des régimes particuliers sont consacrés à l'artisanat de production, la production cinématographique, la construction d'écoles et d'établissements de soins, l'innovation technologique et les transports publics de voyageurs ou de marchandises. La durée de tous les régimes est de 5 ans ; elle peut être bonifiée de 3 ans pour les entreprises qui s'implantent dans les régions d'Agadez, Diffa, Tahoua et Zinder.

Selon M. Mamoudou Boureima de la Direction du Développement Industriel, en 2011, les investissements globaux réalisés par les entreprises bénéficiaires du code des investissements  s'élèvent à environ 49,7 milliards de FCFA contre  20,9 milliards ; et 953 emplois ont été créés en 2011, contre 632 en 2010.

Toujours dans le cadre de l'amélioration de l'environnement institutionnel et administratif, il y a la restructuration de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d'Artisanat du Niger (C.C.I.A.N) pour la rendre plus autonome et plus représentative auprès  des opérateurs économiques. A cet effet,  deux structures d'appui et d'encadrement ont été créées.

D'abord, le Centre de Promotion des Investissements (C.P.I ) qui, indique son directeur M. Moussa Daouda, ‘’en 10 ans d' activités, a enregistré des résultats encourageants, notamment à travers la création et la mise à jour régulière du site Web Investir au Niger; l'assistance à plus de 900 investisseurs nationaux et étrangers; la participation à plus de 50 rencontres internationales et l’organisation d’environ 40 missions d’hommes d’affaires et l’appui à l'élaboration de 250 dossiers (d’études de faisabilité, de demande d'agrément au code des investissements, de requêtes de financement auprès des banques, établissements financiers et des structures d’appui, etc.

Ensuite, il y a le Centre de Formalités des Entreprises (C.F.E) qui, a dit son directeur M. Moussa Dantia, a pour mission d'aider les opérateurs économiques à réaliser leurs formalités de création ou dissolution d'entreprises, en un seul lieu et à moindre coût; d'assouplir et d'améliorer l'environnement et les conditions d'exercice d'activités économiques au Niger. Il a précisé que depuis sa création en 2003, les délais d'installation des entreprises ont été considérablement réduits. Ces délais, qui étaient de 55 à 90 jours, sont désormais de 6 jours pour les entreprises individuelles; 13 jours pour les sociétés exerçant des activités non réglementées; 18 jours pour les entreprises individuelles exerçant des activités réglementées, et 23 jours pour les sociétés exerçant des activités réglementées soumises à certaines conditions.

Ainsi a-t-il ajouté, en 10 ans d'exercice, le C.F.E a réalisé dans la seule ville de Niamey, 29.026 formalités relatives à l'inscription au Registre de Commerce, à l'identification au NIF, à l'affiliation à la CNSS, aux autorisations d'exercice, aux déclarations d'ouverture, aux agréments et aux modifications.

Contraintes et mesures de promotion

Toutefois, malgré ces résultats encourageants enregistrés avec la mise en œuvre des premières mesures, le secteur privé fait face à des contraintes qui freinent  l’accélération de la croissance et la réduction de la pauvreté au Niger. Ces contraintes sont entre autres la faiblesse des capacités opérationnelles des unités industrielles qui, par manque de professionnalisme, n’arrivent pas à produire des biens et services de qualité pour améliorer leur degré de participation au commerce international; le faible degré de participation du privé au secteur formel (le secteur moderne est de taille modeste par rapport au secteur informel qui est large); la persistance de la fraude qui pose de sérieux problèmes de concurrence; le coût élevé des facteurs de production et les difficultés d’accès des unités industrielles au financement, etc.

Au regard de toutes ces difficultés, le Ministère en charge de la Promotion du Secteur Privé élaboré sept (7) axes majeurs sur lesquels s’appuiera désormais la politique de développement du secteur privé nigérien, à savoir la consolidation des entreprises existantes et la création de nouvelles entreprises dans les secteurs porteurs de croissance; la promotion de l’entreprenariat et de l’initiative privée; la promotion des  investissements et le développement du Partenariat Public-privé; la mise en place d’un système de financement adapté prenant en compte les besoins spécifiques des PME/PMI ; l’amélioration du climat des affaires à travers notamment la mise en place d’un cadre réglementaire et législatif incitatif (procédure, coût, délais) ; la révision du code des investissements pour l’adapter aux besoins réels des PME est envisagée; le renforcement des structures d’appui technique et d’encadrement de proximité aux entreprises par la mise en place dans les différentes régions d’une structure d’encadrement et de promotion des PME (ADEPME); l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique de promotion commerciale adaptée axée sur les produits porteurs  notamment les produits agro sylvo pastoraux sur lesquels le Niger dispose des avantages comparatifs certains.

Plusieurs activités ont été réalisées dans le cadre de la mise en œuvre de ces 7 axes, notamment l’adoption d’une charte des PME; la création du Conseil National des Investissements Privés (CNIP); la mise en place d’un Cadre de Concertation Permanent et Officiel entre les Opérateurs Economiques à travers la Chambre du Commerce, d’Industrie et d’Artisanat du Niger (CCI/AN) et l’Administration de tutelle; le lancement d’une étude sur l’actualisation du plan d’action du Cadre Stratégique National pour la Promotion de l’Entreprenariat des jeunes au Niger et l’élaboration d’un Plan d’Action et de Communication; la mise en place d’un Dispositif Institutionnel sur l’Amélioration des Indicateurs du Climat des Affaires ; la mise en place d’un Programme sur l’Intégration du Commerce dans les Stratégies de Développement (EDIC) dénommé ‘’Cadre Intégré’’ et la mise en place de son Unité de gestion ; l’adoption d’une loi sur le Partenariat Public Privé ; la réalisation d’une Etude sur la création d’une Agence Nationale pour l’Encadrement et la Promotion des PME et d’un Guichet Unique d’Appui à l’Entreprenariat des Jeunes; l’organisation des Journées nationales sur le financement des affaires.

Pour pérenniser ces acquis, il est envisagé, entre autres, la mise en place d’un système d’information en ligne sur le climat des affaires au Niger appelé ‘’e-régulation’’ permettant de mettre en ligne toutes les réglementations relatives aux Entreprises et de faciliter la création d’entreprises sur Internet; la création d’une Agence de Développement des PME qui vise à rationaliser le dispositif d’appui et d’encadrement  technique aux PME afin de mieux répondre aux besoins différenciés des entreprises ; la création d’un fonds pour soutenir l’accès des PME au financement bancaire; la mise en place d’un observatoire des PME pour suivre l’évolution des PME en termes de chiffres d’affaires, d’investissements et de création d’emplois en vue de mesurer leur contribution à l’économie nationale, etc.

Au niveau du climat des affaires, il s’agit principalement de la suppression de la quasi totalité des monopoles ; l’adoption d’une loi consacrant la liberté des prix et la libre concurrence; la libéralisation du commerce extérieur à travers la suppression des licences et des obstacles non tarifaires, l’élimination des droits de douane à l’exportation ; l’amélioration de la fiscalité intérieure.

Des facilités accordées par les codes d’investissement

Nous avons d’abord le Code des Investissements dont l’agrément est accordé pour une période de cinq ans renouvelables et qui prévoit la possibilité d’acquérir et d’exercer tous droits de toute nature en matière de propriété, de concession et d’autorisation administrative et de soumissionner aux marchés publics ; la possibilité de transfert de revenus de toute nature provenant des capitaux investis et du produit de la liquidation de l’investissement ; la possibilité d’effectuer tout transfert à des personnes physiques ou morales non résidentes ; la possibilité de recourir au Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI), en cas de litige; la non prise de mesure d’expropriation ou de nationalisation à l’égard des investisseurs étrangers ; des avantages fiscaux en phase de réalisation des investissements et en phase d’exploitation.

Il faut souligner qu’en phase de réalisation, les exonérations portent sur  les droits et taxes perçus par l’Etat, y compris la TVA ; sur les prestations de services ; sur les travaux et services concourant directement à la réalisation du programme d’investissement agréé ; les droits et taxes perçus par l’Etat à l’exclusion de la taxe statistique sur les matériaux, outillages et équipements de production.

En phase d’exploitation,  l’exonération porte sur toute la durée du régime des impôts et taxes, à savoir la patente,  la taxe immobilière ou la taxe foncière ; l’impôt sur le bénéfice industriel et commercial (BIC) ainsi que l’impôt minimum forfaitaire (IMF) ; les droits et taxes sur les matières premières, les matières consommables et emballages importés en cas d’indisponibilité de  produits similaires locaux et l’exonération des droits et taxes à l’exportation de leurs produits. Pour doter notre pays d’un véritable instrument compétitif de promotion des investissements étrangers et locaux, productifs et créateurs d’emplois, un comité technique ad hoc chargé de la révision du code des investissements a été récemment installé (24 février dernier).

Ensuite, nous avons le Code minier qui définit quatre types de titres miniers: l'autorisation de prospection, le permis de recherche, le permis d'exploitation (pour petite et grande exploitation minière) et l'autorisation d'exploitation artisanale. Ici, également, la loi minière nigérienne offre plusieurs avantages à l’investisseur, notamment  l’exonération des droits, impôts et taxes à l’importation sur tous les équipements, matériels et produits directement utilisés dans les exploitations minières à l’exception de la redevance statistique ; la libre exportation du produit exploité ; le libre transfert des capitaux ; l’exonération de l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux, pendant les cinq (5) premières années pour la grande mine et les deux (2) premières années pour la petite mine, à partir de la première année d’expédition commerciale ; la stabilité du régime fiscal pendant toute la durée de la convention, soit  30 ans.

Enfin, il y a le Code pétrolier qui définit comme titres l’autorisation de prospection ; le permis de recherche pétrolière ; l’autorisation provisoire d’exploiter ; la concession pétrolière (exploitation) qui offre à l’investisseur l’exonération totale des droits et taxes à l’importation pour les matériaux, fournitures, équipements et pièces de rechange, destinés aux opérations pétrolières ; la libre importation et exportation des produits pétroliers; la libre conversion et le libre transfert des fonds. Pour actualiser les mesures et réformes prises dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires et des différents codes en vigueur au Niger et proposer au gouvernement des actions de promotion des investissements privés nationaux et internationaux au Niger, un Comité Technique Permanent Interministériel chargé de faire la Promotion Economique de notre pays a été officiellement installé  le mardi 21 février 2012  par le Ministre Saley Saidou.

En définitive, avec la stabilité politique retrouvée, une politique de promotion du secteur privé basée sur le libéralisme économique, un environnement assaini, un code des investissements, des codes minier, pétrolier et du travail incitatifs et de nombreuses potentialités économiques non encore exploitées, le Niger offre aujourd’hui les conditions que recherche tout investisseur.

Tchirgni Maïmouna et Altiné Mamane



Secteur privé nigérien : des dispositifs de promotion et d’appui aux entreprises nigériennes

Pour accompagner le secteur privé nigérien dans le cadre de son insertion dans l’économie mondiale, les autorités nigériennes, en collaboration avec leurs partenaires au développement, ont mis en place plusieurs structures d’appui et d’encadrement, entre autres : le  Programme de Restructuration et de Mise à Niveau de l’Industrie des Etats membres de l’UEMOA au Niger (PRMN), l’Agence Nationale de Vérification de Conformité aux Normes (AVCN) et le Programme Qualité Afrique de l’Ouest.

Ainsi , le PRMN - érigé en un Etablissement Public à Caractère Administratif (EPA) le 17 février 2011 et dénommé aujourd’hui Bureau de Restructuration et de Mise à Niveau de l’industrie au Niger (BRMN) - a pour missions  la réception et le traitement des demandes d’adhésion au programme de restructuration et de mise à niveau ; l’analyse des dossiers contenant les diagnostics et plans de restructuration et de mise à niveau présentés par les entreprises et la réalisation des synthèses destinées au Comité de Pilotage National ; l’inscription des dossiers à l’ordre du jour de la réunion du Comité et de la rédaction des procès verbaux ; le suivi de l’exécution des plans d’action des entreprises; l’organisation, le suivi et la coordination des missions des consultants internationaux et nationaux réalisés par le programme; la promotion et la communication du programme; la mise en relation avec les bureaux de consultants et l’expertise spécialisée; la constitution de base de données de référence.

Selon M. Hamidou Boureima, Directeur général de cet établissement, le Bureau a réalisé plusieurs activités, notamment  la réalisation du diagnostic stratégique de dix (10) entreprises ; la mise en œuvre d’importants investissements immatériels; la formulation et l’adoption du Programme National de Restructuration et de Mise à Niveau de l’Industrie du Niger (PNRMN); la révision du cadre institutionnel et règlementaire du BRMN; l’adoption du manuel de procédures du PNRMN. En outre, trois (03) entreprises accompagnées par le PRMN ont bénéficié, de la part de la Commission de l’UEMOA, de primes d’un montant de près de 130 millions de FCFA au titre des investissements matériels qu’elles ont réalisés.

En ce qui concerne l’Agence Nationale de Vérification de Conformité aux Normes (AVCN), créée le 30 avril 2008, elle a pour mission principale de mettre en œuvre le  programme d’inspection et de vérification de conformité aux normes des produits importés et locaux, en liaison avec les services officiels de l’Etat et  les Organismes Internationaux de Certification.

A ce titre, elle a pour objectifs spécifiques, entre autres, de promouvoir les produits locaux, notamment ceux destinés à l’exportation afin de les rendre totalement conformes aux normes et règlementations en vigueur sur les marchés régionaux et internationaux visés ; renforcer les capacités opérationnelles des acteurs chargés du contrôle et de la promotion de la qualité des produits au Niger afin de les rendre aptes à assurer efficacement leurs missions ; protéger l’industrie nationale contre les pratiques frauduleuses et la compétition déloyale et augmenter de ce fait la croissance et le développement économique ; prévenir l’importation de produits non conformes aux normes, contrefaits ou dangereux qui pourraient affecter la sécurité et la santé des consommateurs ou l’environnement ; aider le secteur privé à résoudre les problèmes de qualité, de conformité et de certification ; favoriser l’intégration des producteurs et des opérateurs économiques dans l’économie mondiale’’, a indiqué M. Illyassou Bako, Directeur général de l’Agence.

Selon lui, de sa mise en exécution à ce jour, les activités réalisées ou en cours de réalisation par cette Agence concernent notamment la signature d’un Contrat portant sur les Services d’Inspection et  de Vérification de la Conformité aux Normes des produits importés en République du Niger entre l’Etat du Niger et la Société Cotecna; l’élaboration d’un Plan Stratégique Pluriannuel 2012-2016 de l’AVCN; la signature des Conventions de Partenariat entre l’AVCN et des Organisations socioprofessionnelles (la Chambre de Commerce, l’organisation des Professionnels de l’Industrie du Niger, le Laboratoire National de Santé Publique et d’Expertise, l’Association de Défense des Droits des Consommateurs) ; l’élaboration des plans d’actions de mise en œuvre des conventions de partenariat ; la sensibilisation du public sur ses objectifs; etc.

Enfin, le Programme Qualité Afrique de l’Ouest, dénommé  ‘’Appui à la Compétitivité et à l’Harmonisation des mesures OTC et SPS’’ mis en vigueur en avril 2008, a pour objectif principal  de contribuer à une intégration graduelle de la région Ouest Africaine à l’économie mondiale en renforçant l’intégration économique régionale et le commerce à travers un appui à la Commission de la CEDEAO, la Commission de l’UEMOA, les Etats Ouest Africains y compris la Mauritanie, ainsi que les acteurs non gouvernementaux .

Selon, le Coordonateur du Programme, M. Abdoulaye Boubacar, au Niger, conformément aux objectifs assignés , les principales actions menées sont, entre autres, la réalisation et la validation de l’étude d’identification des obstacles liés à la qualité et à la commercialisation des produits prioritaires (Viande, oignon et niébé) assortie d’un plan d’actions autour de ces spéculations ; l’accompagnement de deux (2) laboratoires, notamment le Laboratoire National de Santé Publique et d’Expertise (LANSPEX) et le  Laboratoire de l’Ecole des Mines de l’Industrie et de la Géologie (EMIG) à l’accréditation conformément à la norme internationale ISO/CEI 17025 et l’accompagnement du Laboratoire de Métrologie du Ministère chargé de l’Industrie  pour la mise en place d’un Système de Management de la Qualité (SMQ) ; la formation des cadres d’entreprises et des consultants nationaux à la norme ISO 22000 , des techniciens de laboratoires aux  référentiels ISO/CEI 17025, ISO 15189, de deux (2) évaluateurs techniques dans l’optique de la mise en place du Système Ouest Africain d’Accréditation (SOAC) ; la formation d’au moins 10 techniciens de laboratoire aux calculs des incertitudes associées aux résultats d’essai ; la formation et la sensibilisation de vingt cinq (25)  responsables d’entreprises et des responsables nationaux de la qualité à la norme ISO 9001v2008 en vue de les outiller à la mise en place d’un Système de Management de la Qualité (SMQ)  au sein de leurs structures ; la réalisation de deux (2) audits à blanc au niveau du Lanspex et de l’EMIG ; l’accompagnement à la certification de cinq (5) structures (Abattoir Frigorifique de Niamey, Hôpital National de Niamey, Tsoho Labo, INRAN, Grand Hôtel) conformément à la norme ISO 9001v 2008 ; l’accompagnement à la mise en place d’un système de traçabilité au niveau de l’entreprise SAFIE-NIGER OIGNON dans le cadre du Protocole de partenariat technique entre le Programme Qualité et le Projet d’Appui de l’Association Afrique Agro Export (PA/AAFEX) ; la sélection et l’accompagnement de deux (2) postes d’inspection phytosanitaire et vétérinaire à la mise en place d’un système documentaire harmonisé aux points d’inspection aux frontières (PIF) conformément à la norme ISO 17020; l’appui technique et financier pour l’organisation de la deuxième  édition du Prix Nigérien de la Qualité qui a permis à Niger Lait SA d’être lauréate du  Prix d’Excellence 2010,  mais aussi lauréate du  Prix d’Excellence Réalisation du Produit  de l’édition 2010 du Prix UEMOA de la Qualité et enfin la dotation du Laboratoire de Métrologie d’équipements constitués pour l’essentiel des grandeurs (masses, température, volume et pression) d’une valeur de près de 20 millions de FCFA.

Tchirgni Maimouna et Altiné Mamane

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Secteur privé nigérien : plusieurs domaines d’investissements porteurs

Le Niger offre aujourd’hui de réelles opportunités et potentialités d’investissement, notamment dans les secteurs de l’Agriculture, de l’Elevage, des Mines, de l’Artisanat, du Tourisme, etc. En matière d’Agriculture, les cultures de rente  constituent un potentiel pour l’agro-industrie et l’exportation. Il s’agit notamment  du niébé (haricot) dont le Niger est le principal producteur de la sous région avec 1 548 778 tonnes en 2008 ; de l’oignon  dont notre pays est le premier exportateur de la sous région et dont la transformation de la variété dite ‘’violet de Galmi’’ de goût unique, peut sans doute générer une nouvelle demande extérieure ; de la gomme arabique dont la production locale dépasse 4000 tonnes et qui est susceptible de progresser rapidement pour répondre à la croissance de la demande mondiale ; du souchet avec 32470 tonnes en 2008 dont une nouvelle demande potentielle existe en Europe, notamment en Espagne où il serait utilisé comme substitut du malt dans les brasseries et dans la confiserie et la pâtisserie ; du sésame avec un potentiel à l’exportation estimé à 200.000 tonnes en raison d’une forte demande en Asie, ce qui nécessite des investissements supplémentaires. D’autres cultures maraîchères telles que l’ail et le poivron sont également des filières porteuses.

Dans le domaine de l’Elevage, le potentiel est considérable avec un effectif du cheptel estimé, en 2008, à près de 35 millions de têtes, toutes espèces confondues. Les cuirs et peaux, avec plus de 2.750.000 pièces par an, constituent un potentiel aussi bien pour la création de tanneries modernes que d’industries de transformation. Les opportunités d’investissements sont offertes avec le lancement d'ambitieux programmes de développement de l'élevage, notamment le Programme d'Amélioration Génétique des Races Bovines Locales afin d'accroître les productions en lait et viande ; les projets de développement laitier ; le projet de construction de la tannerie moderne de Malbaza et  des Usines d'aliments pour bétail à Niamey et à Zinder ; la construction d’un abattoir frigorifique moderne selon les normes internationales, d'une capacité de 40.000 tonnes de viande par an, la première du genre dans l'espace CEDEAO.

Dans le secteur minier, pour tirer le maximum de profit du sous sol nigérien qui est riche en ressources naturelles (uranium, pétrole, or, charbon, etc.), la politique du gouvernement reposera sur la diversification de la production, l'intensification de la recherche et l'amélioration de l'environnement institutionnel en vue de promouvoir l'investissement privé.

Au plan industriel, il s'agira de sauvegarder toutes les unités industrielles existantes et de créer les conditions de l’émergence de nouvelles unités en veillant à donner la priorité aux industries de transformation des produits agropastoraux; favoriser les industries pharmaceutiques et de matériaux de construction ; favoriser l'implantation d'unités dans les différentes régions du pays, selon leurs avantages comparatifs, en vue de contribuer à leur développement; mettre en place des financements appropriés en faveur des jeunes, de manière à en faire de véritables capitaines d'industrie.

En ce qui concerne le commerce intérieur, le Ministère en charge du Commerce veillera plus particulièrement à la protection effective des consommateurs et à la disponibilité des produits de grande consommation, tout en maîtrisant l'évolution de leurs prix. Quant au commerce extérieur, le Ministère chargé du Commerce va prendre les mesures nécessaires pour promouvoir les exportations, notamment des produits agropastoraux. A cet effet, les potentialités et les opportunités liés à notre appartenance aux organisations sous régionales seront mises à profit, en mettant particulièrement l'accent sur l'amélioration de la qualité et le respect des exigences du marché international. Cela se traduira par la promotion des filières à haute valeur marchande telles que l'oignon, le niébé, le souchet, le sésame, le poivron, l’arachide,   les dattes et la canne à sucre ; l'aménagement et la mise en valeur des terres irriguées tout en encourageant le développement de l'entreprenariat privé; l'amélioration  des  systèmes  de  conservation  et déstockage ; la capitalisation et la vulgarisation des techniques éprouvées ; l’organisation des acteurs des filières et leur accès aux services financiers ruraux de proximité.

Dans le domaine du transport, le Niger est un corridor de transit et de transport international. Mais d'une manière générale, le système actuel des transports et de transit ne répond pas aux attentes du pays en termes d'efficacité (délai de route, régularité, sécurité et coût). Pour y remédier, le Ministère des Transports mènera une nouvelle politique qui vise à baisser les coûts de transports terrestres, améliorer la qualité des prestations et assurer la sécurité des personnes et des biens. De même, il soutiendra la promotion des sociétés de transport et le renouvellement du parc automobile de transport public par l'acquisition de nouveaux véhicules.

S'agissant du Tourisme, un accent sera mis non seulement sur la recherche et l'aménagement de nouveaux sites mais aussi sur la construction et la réhabilitation des infrastructures touristiques et hôtelières selon les normes internationales.  Quant à l’artisanat, l'action du Ministère en charge de ce secteur, portera sur la mise en place d'un financement spécifique, le renforcement des capacités des acteurs, le soutien à l'approvisionnement et à la commercialisation des produits sur les marchés extérieurs et un soutien au Salon de l'Artisanat pour la Femme (SAFEM), pour en faire une référence internationale. Afin d’atteindre ces objectifs, d’importantes mesures et réformes ont été adoptées et mises en œuvre dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires et des différents Codes  en vigueur dans notre pays.

Tchirgni Maïmouna et Altiné Mamane (AP/MC)

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