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jeudi, 04 juin 2009 16:25

Volet électrification rurale par l'énergie solaire du Programme spécial du Président de la République : la dynamique d'un programme de développement à la base Spécial

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Energie_solaire_NigerLe 23 mars, le Secrétaire général du Ministère de l'Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire, M. Ibrahim Adamou, présidait dans les communes rurales de Bitinkodji et de Ndounga, la cérémonie officielle de lancement de l'électrification solaire de 1000 villages dans le cadre du Programme spécial du Président de la
République,  Chef de l'Etat, SEM. Mamadou Tandja. A cette occasion, les cases de santé, les écoles, et les mosquées des villages de Toulouaré et de Guesselbodi ont bénéficié d'une électrification solaire.
Lors de cette cérémonie de lancement du programme électrification solaire en zone rurale,  le Secrétaire général du Ministère de l'Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire, M. Ibrahim Adamou, a souligné que cette électrification solaire de 1000 villages était au début perçue comme une promesse dans l'air. Aujourd'hui, a-t-il ajouté, elle est devenue une réalité. Il a affirmé que ce processus d'électrification solaire va se poursuivre jusqu'à la fin de l'année 2009 qui marquera la fin de la phase pilote. Il a profité pour attirer l'attention des responsables administratifs et coutumiers sur la nécessité de protéger les installations et de mettre en place un système de gardiennage. Le Secrétaire général du ministère de l'Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire a indiqué que dans le cadre du Programme spécial, toutes les promesses qui avaient été faites seront réalisées au bénéfice des populations.
Le Conseiller spécial du Président de la République en développement solaire, Pr. Aboubacar Namoda, qui est le maître d'œuvre de ce volet  expressement désigné par le Président de la République, a intervenu pour exprimer toute son appréciation pour le précieux appui apporté par le Programme des Nations Unies pour le Développement dans le cadre de l'exécution de ce programme d'électrification des 1000 villages. " Pour moi, le Programme spécial du Président de la République va conduire le Niger en avant et le placera très haut. C'est la réalisation la plus importante que le pays a pu faire depuis toujours. J'ai pu voir de mes yeux, le bonheur sur le visage des enfants qui étudiaient avec la lampe tempête qui soudain découvrent une classe électrifiée. La nuit, tous les élèves du village sont dans la classe travaillant en silence. J'ai vu de mes yeux, le bonheur sur le visage de mes compatriotes qui voient l'eau potable jaillir de la station de pompage qui va leur donner le liquide précieux pour eux-mêmes, leur bétail et qui permettra d'irriguer leurs champs ", a souligné Pr Aboubacar Namoda. Le conseiller spécial du Président de la République en développement solaire a également souligné que cela n'est qu'un début, car dans les mois à venir la grande phase démarrera simultanément dans toutes les régions du pays. “Je suis entrain de former de jeunes nigériens dans le domaine de la maintenance, de l'installation, mais aussi dans le domaine plus complexe, celui du dimensionnement du système et d'expertise. Et le nombre de ces jeunes va toujours en grandissant. Mon ambition est d'arriver à éclairer toutes les régions du Niger où le réseau électrique est inexistant”, a indiqué Pr Aboubacar Namoda.  La vulgarisation de cette technologie, en milieu rural, apparaît comme une opportunité à saisir, dès lors qu'elle permettra de réduire significativement la fracture énergétique entre villes et campagnes. La réduction de cette fracture, par la généralisation de   l'utilisation de cette technologie propre, permettra d'améliorer notablement le taux d'accès à l'électricité, un des indicateurs du processus de développement humain. En outre, cet apport énergétique permettra de désenclaver les zones non desservies par l'électricité et favoriser
l'émulation des activités socio-économiques, sources de richesses et d'amélioration des conditions de vie des populations qui y vivent. Les autres technologies, de portée urbaine, sont hors de portée des populations rurales. Elles nécessitent des investissements coûteux et reposent sur des charges de fonctionnement pesant lourdement sur l'économie rurale. Le programme d'électrification rurale par photovoltaïque, d'une durée de cinq  ans, couvre l'ensemble du territoire national. Le choix des zones pour l'implantation des infrastructures a été fait en étroite collaboration avec les autorités administratives, coutumières régionales départementales et communales. On indique qu'au total mille (1000) villages seront desservis à l'horizon 2012, pour cette première phase. Les villages ont été sélectionnés sur la base des critères objectifs tels que la taille du village (au moins 500 habitants en zone sédentaire et 100 habitants e zone nomade). La priorité a été donnée aux villages " pôles économiques " constituant le cœur des activités socio-économiques touchant des agglomérations satellites de faible envergure ; l'existence d'un forage productif (débit supérieur à 5 m3/h), pour le pompage solaire, d'une école, d'un centre socio-culturel, d'un centre de santé communautaire, pour l'éclairage ;  le non raccordement du village à moyen terme  (2-3 ans) au réseau national d'énergie électrique conventionnelle ;  l'existence des structures associatives communautaires fonctionnelles (comités villageois de gestion des points d'eau et de centres de santé, groupements féminins, coopératives, G1E...) est un atout majeur pour le choix du village ; enfin, l'engagement du village à prendre en charge les frais inhérents aux opérations courantes de maintenance et d'entretien, ainsi que le financement partiel des infrastructures solaires (contribution villageoise symbolique de 0.1% par microprojet).

Une amélioration des conditions de vie des populations en toile de fonds
L'objectif global assigné au programme est d'améliorer les conditions de vie des populations rurales par la promotion de l'énergie solaire à moindre coût. Cet objectif de développement comporte les objectifs spécifiques visant à équiper les villages de systèmes solaires photovoltaïques durables pour l'éclairage et le développement des activités socio-économiques ; à réduire progressivement la dépendance énergétique des communautés rurales; et à mettre en place une unité de production de panneaux solaires. Au terme de ce  programme, 1000 villages seront électrifiés par systèmes photovoltaïques pour l'éclairage public et le développement des activités socio-économiques. En terme d'impact, il est attendu au plan économique, la création des richesses par le développement des activités économiques (irrigation, commerce, artisanat, communication...) ; la réduction de la pauvreté en milieu rural, par une meilleure contribution à la formation du PIB rural ; la création de 5 000 emplois permanents (opérateurs de distribution et de vente, techniciens de maintenance, formateurs, gardiens et chargeurs de batteries...) et plus de 30 000 emplois temporaires en milieu rural. Au plan social, ce programme consacrera l'allégement des tâches féminines (corvée d'eau, ramassage et coupe de bois énergie, mouture des grains des céréales sèches...), afin qu'elles s'adonnent davantage à l'éducation des enfants et à la pratique des activités génératrices de revenus ; l'amélioration de l'accès à l'énergie des populations rurales; l'amélioration de l'accès à l'information et à la communication (télévision, radio, Internet et Intranet); l'amélioration des taux de scolarisation et d'alphabétisation ; et l'amélioration du cadre de vie des populations rurales (éclairage public, habitations et lieux de culte).
Au plan technique, le transfert des technologies propres à  moindre coût en milieu rural; l'appropriation et la pérennisation des systèmes solaires photovoltaïques ; et  la mise au point de systèmes solaires adaptés au contexte national. Enfin au plan environnemental, la réduction des prélèvements ligneux, pour les besoins d'éclairage et de chauffage,   favorisant du coup la reprise de la végétation et la dynamique des écosystèmes agro-sylvo-pastoraux ; et l'amélioration de la qualité de l'air (non émission des gaz à effet de serre et bruit de faible intensité sonore). Le Programme permettra, à terme, de doter 1000 villages en équipements solaires intégrés et de former les populations bénéficiaires pour la durabilité des systèmes mis en place. La conception de villages solaires sera adaptée aux conditions spécifiques du Niger et aux caractéristiques particulières des sites qui feront l'objet de choix en relation avec les bénéficiaires et les autorités. Le programme  sera mis en œuvre à travers trois composantes. Les systèmes solaires intégrés, à mettre en place au niveau des villages retenus, couvriront les domaines tels que celui de l'accès à l'eau potable ; l'irrigation ; la réfrigération pour la conservation des vaccins ; l'éclairage des centres de santé, des écoles et des centres d'alphabétisation ; la mouture des grains ; la recharge des piles et batteries ; et l'éclairage public. Dans cette optique, l'équipement intégré d'un village comprendra principalement un système Photovoltaïque (PV) de pompage permettant d'alimenter des  réservoirs de stockage,
d'abreuvoirs, de bassins, et un micro réseau de distribution d'eau équipé de bornes fontaines, de bouches d'arrosage ou de rampes d'irrigation ; un système PV d'éclairage et de conservation de vaccins pour les centres de santé, à coupler de chauffe-eau solaires pour la production d'eau chaude ; un système PV d'éclairage et d'alimentation en énergie des installations de communication et des centres sociaux et culturels ; un système PV pour l'éclairage et la sonorisation des lieux de culte (Mosquée, Eglise) ; un système PV communautaire de recharge des piles et de batteries, de soudure et de vulcanisation ; et un système PV d'éclairage public. Concernant l'hydraulique rurale, les besoins en eau potable et pour l'irrigation sont calculés sur la base des normes nationales (20 1/hbt/j, 30 litres/J par Unité Bétail Tropical (UBT), en référence à un bovin tropical de 250 kg, 50m3/ha/j, tenant compte des pertes par évaporation). Le système PV destiné à l'alimentation en eau et à l'irrigation de micro parcelles comprendra un générateur PV, un onduleur transformateur CC/CA avec des dispositifs électriques de sécurité et de protection ; une électropompe immergée; un réseau embryonnaire de conduites en PVC équipé de bornes fontaines, d'abreuvoirs et de bassins pour la micro irrigation. L'école, les centres de santé et de loisirs seront systématiquement connectés au réseau. II sera installé un système photovoltaïque, couvrant les besoins en éclairage des salles d'observation et d'hospitalisation, du local abritant la pharmacie, des toilettes, des salles pour les soins d'urgence, des salles d'accueil, du siège du comité villageois de santé et du logement du chef de centre. La fourniture électrique
permettra de garantir la stérilisation des instruments biomédicaux, la production d'eau chaude et d'assurer la ventilation des salles d'hospitalisation, d'accouchement et d'observation. Il sera également visé comme objectif d'améliorer l'offre et la demande, ainsi que la qualité des soins de santé des plus pauvres ; de réduire la morbidité et la mortalité liées aux principales maladies ; de développer une politique équitable d'accès aux services et soins essentiels ; de créer un environnement favorable à la santé ; de promouvoir l'Information, l'Education et la Communication (IEC), ainsi que la Communication pour un changement de comportement (CCC) ; de poursuivre la déconcentration  des  services de santé en vue d'une meilleure implication  et  une responsabilisation effective des communautés à la gestion des actions de santé ; d'accroître la disponibilité des ressources ; et de poursuivre les revues de dépenses publiques pour évaluer les coûts et analyser leur incidence sur les bénéficiaires. Conformément aux orientations définies par la SDRP, l'amélioration de l'accessibilité des populations à des services et des soins de qualité se fera à travers l'extension de la couverture sanitaire à partir du taux actuelle de 65%, notamment grâce à la transformation progressive des cases de santé du PS/PR en CSI et la fourniture de PMA/PCA au niveau des 42 districts sanitaires du pays. De même un accent particulier sera mis sur la mise en place de mécanismes novateurs de couverture du risque maladie à savoir, la création de mutuelles de santé, d'assurance maladie et d'un fonds social de santé. A l'horizon 2012, il s'agira particulièrement d'accroître le nombre de services de santé offrant le PMA /PCA, ainsi que celui des centres de référence nationaux et régionaux offrant des soins de qualité selon les normes ; de développer des approches de prise en charge des
maladies chroniques et héréditaires comme l'HTA, le diabète, la drépanocytose, l'épilepsie ; de rendre effective le dépistage et la prise en charge correcte des tuberculeux ; et de développer des initiatives privées de qualité. L'augmentation de l'accès aux services de santé par les populations rurales proviendra des efforts déployés dans le cadre de la mise en œuvre du Programme spécial du Président de la République volet santé, notamment l'application effective de la gratuité de certaines prestations des soins et services de santé, la dotation des formations sanitaires en appareils et équipements biomédicaux, ainsi que les consultations foraines et les caravanes médicales qui sillonnent le pays. Il faut rappeler qu'au niveau du Ministère de l'Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire, il a été mis en place un Comité de gestion de ce programme. Ce comité comprend, entre autres membres, les représentants de la Présidence de la République, de la Primature, du Ministère de l'Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire, du Ministère des Mines et de l'Energie et du PNUD, entre autres.
Oumarou Moussa
04 juin 2009
Publié le 04 juin 2009
Source : Le Sahel
Lu 1317 fois Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15