La transformation du lait du ranch de la Race Azawak à Toukounous : Le fromage : un autre dérivé de l’élevage

Le village de Toukounous est réputé pour la présence de la station sahélienne expérimentale de Toukounous qui gère le ranch de la race Azawak. L’existence de ce ranch dans cet espace névralgique dont la vocation pastorale est perceptible procure à notre pays des avantages comparatifs dans le domaine de l’élevage. L’Etat à qui appartient ce ranch , sait plus que quiconque les avantages qu’il tire du fonctionnement de la station sahélienne expérimentale de Toukounous. Cependant, il n’y a pas que l’Etat qui bénéficie de ce ranch. Les habitants de Toukounous en sont d’ailleurs les bénéficiaires directs de ce ranch. Et pour cause, les femmes de ce village, organisées d’abord autour d’une unité, et reparties dans plusieurs groupements savent apprécier ce ranch auquel leur activité génératrice de revenus est intimement liée. En effet, l’activité de ces braves femmes n’est rien d’autre que la transformation du lait pour avoir le fromage. Ce dernier est un dérivé de l’élevage. Ce 5 décembre 2019 à la station sahélienne expérimentale de Toukounous, l’ambiance n’est pas différente des autres jours. C’est le tour des femmes du groupement féminin Weli (qui veut dire en peulh bon) qui sont venues conformément au calendrier de passage établi par l’Union acheter l’aliment complet (le lait) pour le transformer en fromage avant de le mettre sur le marché. Chacune de ces femmes du groupement weli était munie d’un sceau noir méticuleusement bien rincé, car le lait ne fait absolument pas bon ménage avec la saleté. Ces différents sceaux sont déposés tout autour de la porte d’entrée de la salle où se trouve conservé à une température moyenne le liquide (lait) convoité par chacune de ces femmes. Ce qui taraude l’esprit de ces dernières, c’est que la production est relativement en baisse à cette période qui suit la campagne agricole. Dans la salle de chaine de froid, le lait est minutieusement conservé dans de grandes cuves de 800 L et 1030 L. Le distributeur du lait s’appelle Alhassane. Celui-ci s’empresse de désintéresser tout ce monde. Vêtu de sa tenue de travail et muni d’une mesure qui équivaut à un litre à la main, Alhassane débute comme d’habitude sa ritournelle distribution. Celle-ci se fait manuellement. Il faut surtout compter le nombre de litres qu’on met dans chaque sceau pour ne pas se tromper. Dans chaque sceau, il verse six (6) litres de lait. Ce dernier coute 250 F à la station sahélienne expérimentale de Toukounous.

A la tête de ce groupement Weli qui compte 30 femmes se trouve Mme Hadiza Oumarou, une femme visiblement timide. Cette timidité dissimile une sagesse à peine dévoilée. ‘’ Il y a de cela 20 ans que ce groupement a été créé. Aucune femme ne bouscule sa collègue à la station pour avoir du lait. Chacune d’entre nous reste sereine. Nous avons su instaurer une discipline organisationnelle centrée sur le respect mutuel et une rigueur dans la transformation du lait en fromage. Même si une femme n’a pas eu du lait à la station, celle-ci ne retournera pas bredouille à la maison. La solidarité va agir en faveur de la femme ou des femmes n’ayant pas reçu du lait ce jour là dès que le groupe quitte la station’’, a expliqué Mme Hadiza Oumarou. Cette activité commerciale rapporte à ces femmes de l’argent parce qu’elles ont des clients à Toukounous ; à Filingué et à Niamey. La transformation du lait ne prend tout au plus que 24 heures. Le fromage est présenté aux clients sous la forme d’une figure géométrique, généralement en rectangle. 0,5 L de lait transformé donne deux feuilles de fromage. La feuille de fromage est vendue par ces femmes à 150 F sur le marché. Les ressources tirées de la vente du fromage permettent à ces femmes de subvenir à leurs besoins personnels et éventuellement aider la famille dans certaines dépenses. Mme Hadiza Oumarou dit avoir reçu plusieurs formations dans le cadre de cette activité où la propreté et l’hygiène doivent être constamment au rendez-vous. Selon elle, la transformation du lait en fromage nécessite un apprentissage. Et les femmes de ce groupement ont chacune appris cela soit auprès de la grand mère, la maman ou la grande sœur. Très connue dans le village de Toukounous pour la vente du fromage, Mme Hadiza Oumarou a effectué plusieurs missions en France, Italie, Mali etc. pour soit approfondir ses connaissances dans le domaine de l’élevage de façon générale et particulièrement dans la transformation du lait en fromage ou pour partager ses expériences.

Par Hassane Daouda, envoyé Spécial (onep)

13 mars 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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