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Le Warrantage au Niger : Secourir les petits agriculteurs

Le Warrantage au Niger : Secourir les petits agriculteursSelon une étude de cas du warrantage au Niger publié en septembre 2014, le warrantage a été développé au Niger à partir de la fin des années ’90 par le Programme des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation(FAO) dans le cadre du « Projet Intrants ». Il s’agit d’un système dans lequel un groupement de producteurs et/ou productrices stock et met en garantie la récolte de ses membres et contracte un prêt auprès d’une Institution de Micro Finance, sécurisé avec un mécanisme de double cadenas.

Le Conseil des Ministres du vendredi 6 juillet dernier a examiné et adopté le projet de décret relatif au récépissé d'entrepôt et au Warrantage. C’est une pratique qui a connu un succès remarquable au Niger. Cependant, il a été relevé quelques facteurs limitatifs à sa pérennité, en particu­lier la dégradation de la majorité des magasins par manque de moyens d'entretien et l'absence d'un cadre juridique approprié et favorable au développement de cette activité d'entreposage et du financement agricole. Le présent projet de décret vient combler ce vide juridique et permet­tre d'une part de corriger les insuffi­sances relevées, notamment le risque de contrepartie auquel les banques et les systèmes financiers décentralisés sont exposés et d'ap­porter des améliorations à la pra­tique actuelle du warrantage au Niger d'autre part.

Dans la pratique, il s'agit d'accorder des prêts aux petits agriculteurs qui doivent en échange déposer leur récolte dans un entrepôt dont les clés sont détenues par la banque et par leur organisation. Grâce à ce système, qui sera étendu à tout le Niger avant d'être reproduit dans les pays voisins, les petits exploitants bénéficieront de crédits pour acheter les intrants essentiels pour la campagne suivante de semis, tout en leur permettant de conserver leur récolte jusqu'à la période de soudure lorsque les stocks vivriers commencent à se raréfier et les prix à grimper, explique la FAO.A ce moment, ils débloquent leurs stocks, vendent leur récolte, remboursent leur prêt et empochent la différence. En utilisant une partie du prêt pour financer des activités génératrices de revenus complémentaires, de nombreux agriculteurs peuvent ainsi grâce à ce système, mis au point par les agriculteurs européens à la fin du XIXème siècle, rembourser les prêts avant même d'avoir vendu leur récolte.

Trois conditions doivent être remplies: il faut une association d'agriculteurs bien organisée, une banque locale ou une autre institution de financement, et un entrepôt sûr où stocker la marchandise. Sans oublier que la récolte servant de gage ne doit pas être périssable et qu'il doit être avéré qu'elle atteindra un prix supérieur dans les mois suivant la récolte. Enfin, la production agricole utilisée en nantissement doit être reconnue par la législation bancaire du pays concerné. Dans le projet du Niger, ce sont le mil, le riz et les arachides qui ont servi de garantie pour la banque, conclut la FAO.

Djoda Bahilo

09 juillet 2018
Source : https://www.nigerdiaspora.net

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Agriculture