Report de la date des examens du BEPC : Respect d’un critère de convergence au sein de la communauté de l’UEMOA ou autre préoccupation ?

Le report de la date des examens du BEPC a sonné comme le glas, à trois jours du début des épreuves. Au Niger, les spéculations avaient pris bon cours sur les causes réelles de ce report. Cependant, toutes les raisons qui ont circulé sur les réseaux sociaux sont tombées à l’eau. La vraie raison, le politique la garde en secret. C’est quand la même annonce a été faite dans les autres pays de l’UEMOA que les uns et les autres ont compris qu’il s’agit peut-être de se conformer à un critère de convergence que les Etats se sont imposés. Là aussi, il n’y a aucune certitude.

L’un dans l’autre, ce report a donné lieu à des réactions positives chez les acteurs du monde scolaires. Pour les enseignants non politisés, les parents d’élèves non politisés et les élèves eux-mêmes non politisés, ce report permet aux élèves de peaufiner davantage leurs armes. En effet, aucune personne lucide ne saurait ignorer les incertitudes qui ont émaillé l’année scolaire qui vient de prendre fin. Que ce soient les revendications des scolaires ou des syndicats du secteur, que ce soient les restrictions imposées par la pandémie de la Covid-19, les perturbations étaient nombreuses qui ont occulté un bon déroulement des cours. Plusieurs jours, élèves et étudiants avaient déserté les salles de cours. Il s’en est suivi un véritable désordre dans l’exécution des programmes. Aujourd’hui encore, il y a des points du programme qui n’ont pas été achevé dans certains établissements. Néanmoins, le discours politiques annonce des taux d’exécution entre 90 et 100% dans la plupart des cas. Ce qui révolte, c’est qu’il y a certains enseignants et conseillers pédagogiques qui se prêtent à cette manigance. Ils annoncent des taux d’exécution en rapport avec le colmatage qu’ils présentent comme leçons dispensées. Cependant, nous savons très bien que pour être profitable aux élèves, l’exécution d’un chapitre doit reposer sur des exercices d’application dûment menés. Ensuite, il y a des évaluations à mi-parcours qui témoignent du degré d’assimilation du cours par les élèves. Les résultats de ces évaluations sont mis à profit par les enseignants sérieux pour redresser les lacunes constatées dans leur propre travail. Car, l’échec des élèves à une évaluation traduisent souvent une insuffisance des enseignements reçus. Il revient à l’enseignant sérieux et conséquent de se remettre en cause et de reprendre les explications qu’il ferait suivre par une autre série d’évaluation pour se résoudre à laver sa conscience.

C’est dire que, si nous faisons un sondage en bonne et due forme, combien d’enseignants pourront répondre objectivement avoir dispensé leurs cours en respectant tous les contours pédagogiques qui s’imposent ? Soyons honnête et arrêtons de sacrifier nos enfants et ceux des autres. Dans tous les cas, ce sont les enfants du Niger dont il est question, un pays qui paye chaque fin de mois un salaire pour le travail accomplis. Ceci dit, si jamais l’autre partie n’exécute pas bien ses prérogatives, c’est qu’elle évolue dans ‘’Haram’’ ; elle mange illicite et fait manger illicite à ses proches. Nous parlons sous le contrôle des érudits musulmans. Pour finir, nous revenons sur le caractère salutaire de ce report des dates des examens ; on dira juste qu’à quelque chose, malheur est bon. Ce ne sont ni les élèves ni leurs parents qui diront le contraire. Il reste qu’il faut que les directeurs et les enseignants soient vigilants et imaginatifs pour créer les conditions d’un maintien des élèves au rythme. Il ne faudrait pas que ce report participe à déconcentrer et à désorienter les élèves sur les maigres acquis qu’ils ont engrangés durant l’année ? Pourquoi ne pas prévoir un troisième examen blanc pour ceux qui auraient déjà fait deux ? Ce sont des tâches supplémentaires pour l’administration et le corps enseignent ; cependant, il faut se dire que les uns et les autres ont quelque chose à justifier : il s’agit du salaire qu’ils perçoivent très régulièrement depuis des années.

Kailo