Valse de décrets présidentiels : Qu’est-ce qui a motivé la modification du décret du 1er juin portant remises gracieuses de peines ?

 Le 1er juin 2020, le président de la République, Issoufou Mahamadou, signe un décret portant remises gracieuses de peines à l’occasion de la fête de l’Aïd el fitr communément appelée fête de Ramadan. L’article 4 énumère les infractions dont les auteurs ne sauraient bénéficier de cette remise gracieuse de peines. Parmi elles, figure au point 11, les attentats, complots et autres infractions contre l’autorité de l’Etat et l’intégrité du territoire. Cependant, et pour s’épancher sur le cas des officiers Salou Souleymane et Amadou Kountché, l’article précise que « nonobstant les dispositions de l’article 4 ci-dessus, bénéficient de la remise totale de la peine qui leur reste à subir », entre autres, les personnes âgées de 60 ans et plus. Ce qui fait l’affaire des deux officiers qui, a-ton abondamment annoncé sur les réseaux sociaux notamment, retrouveraient la liberté dans les jours suivants la signature du décret présidentiel. Surprise ! Ils n’en sortent pas. Et pour cause, le Président Issoufou, la semaine suivante, signe un autre décret, modificatif de celui du 1er juin. Ce second décret présidentiel insère un article 5 nouveau qui souligne qu’en lieu et place « des personnes âgées de 60 ans et plus », il faut plutôt lire « les personnes âgées de 70 ans et plus » ; ce qui, d’office, remet en cause la libération des deux officiers. C’est la stupéfaction totale au sein de l’opinion. Qu’est-ce qui a bien pu motiver cette modification qui maintient les officiers Salou Souleymane et Amadou Kountché en prison ?

Laboukoye  

13 juin 2020
Source : Le Courrier