Exploitation de l’or à la Société des Mines du Liptako / Entre opacité dans la gestion et l’attitude d’un directeur effronté : L’or du Niger est pillé !

Le Niger a décidément raté son rendez-vous avec la hausse du cours mondial de l’or. Et pour cause : l’unique société nigérienne qui exploite ce minerai, très prisé actuellement sur les marchés mondiaux, végète dans une opacité totale. Selon un document qui circule entre les mains de certains grands patrons du pays, l’or du Niger profite à une poignée des personnes, sous la bienveillance du directeur d’exploitation de cette société, un certain Kenneth Mpofu de nationalité zimbabwéen. En effet, depuis son débarquement au Niger en 2019, en qualité de Directeur d’Exploitation de la SML, travailleurs comme partenaires d’affaires de l’usine d’exploitation de l’or du Niger, sont laissés sur les carreaux.

Climat social exécrable créé à dessein

Kenneth Mpofu et ses complices ne sont pas allés de mains-mortes dans la mise sur pieds d’une vaste entreprise de pillage de l’or du Niger. Pour réussir leur forfait, ils ont d’abord créé une situation sociale assez tendue sur le site de l’usine : Imposition d’une seule langue de travail autre que le français, injures contre les agents, menaces de mort contre les travailleurs en pleine réunion, mépris envers la mémoire des ouvriers morts sur le site, arrêt de l’assurance maladie, Non versement des cotisations à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), mépris à l’égard des inspecteurs de travail, arrêt systématique de concertation entre représentants du personnel et la direction, cantonnement du personnel nigérien à des positions marginales, discrimination entre employés nigériens et expatriés, etc.

Tous ces griefs montrent que les rapports entre les agents de la SML et leur premier patron, sont d’un autre âge, du fait de son attitude, jouant presque le rôle de bourreau dans une plantation de la canne à sucre du temps de l’esclavage, que celui d’un directeur d’exploitation dans un pays qui a fait pourtant le serment de protéger la dignité humaine. Toute cette humiliation est organisée avec la complicité de la direction des ressources humaines, rangée du côté du bourreau, Kenneth Mpofu.

Le document qui lève un coin de voile sur la gestion opaque à la SML révèle que l’usine est actuellement envahie par un personnel expatrié et non utile, mais à qui le DG Mpofu fait la part belle, laissant les employés nigériens dans le dénuement, au mépris de toutes les conventions internationales et lois nationales qui régissent la carrière des employés dans un site comme celui d’exploitation industrielle de l’or. Bien qu’ils n’apportent avec eux aucune expertise dont l’usine a véritablement besoin, les employés expatriés soufflent à leur guise le chaud et le froid. Ces derniers n’ont aucun égard vis-à-vis de leurs collègues nigériens. Un climat voulu et entretenu par leur protecteur Kenneth Mpofu pour régner en seul maître dans le dos de l’Etat du Niger.

Grave opacité autour des activités minières

En vérité, c’est toute la chaîne d’exploitation et la façon dont la manne aurifère est gérée qui sont dans une opacité totale. Le directeur d’exploitation, Kenneth Mpofu et ses complices nigériens cachent beaucoup de choses à l’Etat du Niger et veulent se débarrasser d’une partie du personnel qui en sait beaucoup dans la façon dont ils gèrent. C’est dans cette perspective que celui-ci envisage un «licenciement collectif des employés sur un faux prétexte de raison économique», ajoute une source proche de la société SML.

A titre illustratif, le document de dénonciation souligne que les recettes liées à la vente de l’or, sont directement versées dans des comptes à l’extérieur du Niger, au mépris des dispositions du code d’investissement du Niger et avec la complicité des représentants de l’Etat au niveau de la SML.

Toutes les dépenses sont effectuées à partir de l’extérieur. Autre conséquence de cette gestion cahoteuse de la SML, ce sont les arrêts de la production dus aux manques d’intrants, le retard dans le paiement des salaires des employés qui attendent près de 45 jours pour être payés. «Les fournisseurs nigériens sont en faillite faute de paiement de leurs factures depuis plus de 3 ans», indique notre source. Devant une telle situation d’opacité et de nonpaiement des créanciers, les fournisseurs n’ont pas eu d’autres choix que de saisir les comptes de la SML. Toutes les demandes d’achats sont dirigées vers une officine pompeusement appelée centrale d’achats.

En termes d’investissements, l’essentiel des engagements pris la BCM, repreneur de la SML, n’est pas mis en oeuvre. C’est le cas de «l’engagement d’investir rapidement dans l’exploration afin de reconstituer les réserves de la SML», souligne le document de dénonciation. Malheureusement à ce jour, «aucun forage n’a été réalisé, alors même que les réserves disponibles aujourd’hui ne permettent pas d’aller au-delà d’un an exploitation», lit-on dans ledit document de dénonciation, que certaines autorités en charge de la question cherchent à cacher, pour que tout ceci ne soit pas su au sommet de l’Etat.

«L’autorité, censée défendre les intérêts de l’Etat du Niger », à savoir le Directeur Général Adjoint nommé par l’Etat, a été «coopté par l’actionnaire majoritaire», qui a fait nommer non seulement le Directeur Général, mais qui a proposé et influencé le choix de l’adjoint, précise notre source. Tous les deux premiers responsables sont sous les ordres du directeur d’exploitation, le sieur Kenneth Mpofu, lui-même représentant de l’actionnaire majoritaire dans le dispositif de la société.

Dans toute cette situation, c’est surtout l’attitude du DGA qui surprend les employés nigériens. Ce dernier, au lieu de défendre les intérêts de l’Etat du Niger, sérieusement grugé, n’obéit qu’aux seuls ordres de l’actionnaire majoritaire.

Affaire à suivre

A.I