Journée nationale de l’Arbre 2026 : Maradi se mobilise pour restaurer les terres
Choisi comme arbre de l’année 2026 au Niger, le néré joue un rôle important dans l’alimentation, l’économie rurale et la préservation des écosystèmes.
La Journée nationale de l’Arbre sera célébrée le 3 août 2026 à Maradi sous le thème « La restauration des bases productives, pilier de la Refondation ». Après les résultats encourageants enregistrés à Guesselbodi et à Berberkia, les autorités veulent inscrire le reboisement dans une stratégie durable associant protection des sites, arrosage et mobilisation des populations.
Des résultats encourageants à Guesselbodi et Berberkia
Les deux précédentes éditions de la Journée nationale de l’Arbre ont permis d’engager la réhabilitation de deux forêts classées. Selon les données communiquées par le ministère chargé de l’Environnement, le taux de survie des plants a atteint 96 % au « Bois du 26-Juillet », aménagé dans la forêt classée de Guesselbodi, dans la région de Tillabéri.
À Berberkia, dans la région de Zinder, le « Bois Amadou Dan Bassa », créé lors de la deuxième édition, affiche pour sa part un taux de survie de 95 %.
Les effets de ces opérations ne se limitent pas aux plantations. La production de biomasse herbacée a été évaluée à 720 kilogrammes de matière sèche par hectare à Guesselbodi et à 760 kilogrammes par hectare à Berberkia.
Ces résultats reposent sur une méthode associant la protection des espaces restaurés, notamment par la pose de clôtures et le gardiennage, à un apport supplémentaire en eau. Cette approche vise à répondre aux contraintes climatiques du Niger, où l’installation durable des jeunes plants dépend largement de leur suivi après la plantation.
Restaurer les fondements de l’économie rurale
Pour l’édition 2026, organisée à Maradi, le thème retenu relie directement la protection de l’environnement aux objectifs économiques de la Refondation.
Le ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le colonel Maïzama Abdoulaye, a expliqué que cette orientation s’inscrit dans l’axe 3 du Programme de la Refondation de la République, consacré au développement des bases productives pour la souveraineté économique.
« Refonder le Niger, c’est refonder notre relation avec la terre », a-t-il souligné, rappelant que la terre, l’arbre, l’eau et la forêt constituent les fondements des activités dont dépend une grande partie de la population nigérienne.
La restauration des sols et des espaces forestiers doit ainsi contribuer à renforcer les productions agricoles, pastorales et forestières, mais aussi à améliorer la sécurité alimentaire, les revenus ruraux et la capacité des communautés à faire face aux changements climatiques.
Le néré choisi comme arbre de l’année
Le néré a été désigné arbre de l’année 2026. Cette espèce locale, aujourd’hui menacée de disparition dans certaines zones, occupe une place importante dans l’alimentation, la pharmacopée traditionnelle et l’économie des communautés rurales.
Ses fruits et ses graines fournissent notamment des protéines, des lipides, des glucides et plusieurs vitamines. Les graines fermentées servent également à fabriquer différents condiments largement consommés et commercialisés en Afrique de l’Ouest.
Le choix du néré ne signifie toutefois pas que les plantations devront porter exclusivement sur cette espèce. Il s’agit surtout, selon le ministre, de mettre en lumière son utilité et d’encourager le retour des essences locales, mieux adaptées aux réalités écologiques et aux besoins des populations.
Transformer la plantation en engagement durable
La réussite de la Journée nationale de l’Arbre dépendra autant de la mobilisation du 3 août que de l’entretien des plantations au cours des mois et des années à venir. L’expérience de Guesselbodi et de Berberkia montre que le reboisement produit des résultats lorsque les plants sont protégés, régulièrement arrosés et suivis sur la durée.
À Maradi, la cérémonie nationale doit se tenir dans la forêt classée de Kouroungoussaou, sur un site d’environ 50 hectares préparé pour accueillir les plantations. Les travaux d’aménagement étaient exécutés à 95 % lors de la visite ministérielle du 31 juillet, selon l’Agence nigérienne de presse (ANP).
Au-delà de l’événement, l’enjeu sera donc de faire de chaque arbre planté un investissement durable dans la fertilité des terres, l’alimentation des populations et la résilience environnementale du Niger.
Aïssa Altiné (Nigerdiaspora)

