Journée nationale de l’Arbre 2026 : le Niger place l’entretien des plants au cœur du reboisement

Célébrée le 3 août dans toutes les régions du Niger, la troisième édition de la Journée nationale de l’Arbre a donné le coup d’envoi de la campagne nationale de reboisement. Autour du thème « La restauration des bases productives, pilier de la Refondation », les autorités ont insisté sur un enjeu essentiel : assurer la protection et l’entretien des arbres après leur plantation.
La troisième édition de la Journée nationale de l’Arbre s’est déroulée, lundi 3 août 2026, dans plusieurs localités du Niger. À Maradi, la cérémonie nationale a été présidée par le Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, dans la forêt classée de Kouroungousaou, à Chadakori, dans le département de Guidan Roumdji.
Le Chef de l’État y a symboliquement planté un arbre, donnant le coup d’envoi de la campagne nationale de reboisement. La cérémonie s’est déroulée en présence des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, du gouvernement, du Conseil consultatif de la Refondation, des responsables institutionnels ainsi que des représentants du Burkina Faso et du Mali. Plusieurs personnalités engagées dans la protection de l’environnement ont également été décorées. Selon l’Agence nigérienne de presse, les plantations effectuées lors de l’édition 2025 à Zinder ont enregistré un taux de survie de 96 %.
Le néré, arbre de l’année
L’espèce retenue pour l’édition 2026 est le néré (Parkia biglobosa), appelé notamment « Dorowa » en haoussa. Cet arbre local est apprécié pour ses fonctions écologiques, mais aussi pour ses usages alimentaires, médicinaux et économiques. Ses graines entrent notamment dans la fabrication du soumbala.
À Zinder, Dosso, Tillabéri et Tahoua, les autorités régionales ont présenté le choix du néré comme une manière d’associer la restauration des terres à l’amélioration des revenus et à la souveraineté alimentaire.
La célébration comporte également une dimension mémorielle. Dans plusieurs régions, les sites de plantation portent le nom de figures de la résistance à la colonisation. À Tahoua, le bois aménagé dans la forêt classée de Danfan a été dédié à Koulmani Dan Malam, tandis qu’à Agadez, le site de Tassan-Halou rend hommage au sultan de l’Aïr Ibrahim Dassouki Ben Sultan Ahmed Roufaye.
Des résultats régionaux, mais un suivi indispensable
Les bilans présentés à l’occasion de cette journée montrent des résultats variables selon les régions. À Tillabéri, les plantations réalisées en 2025 dans la commune rurale de Karma ont enregistré un taux de réussite de 70 % et produit plus de 300 tonnes de biomasse. Le nouveau site de Gothèye, d’une superficie de 25 hectares, dispose notamment d’une clôture, d’un système d’irrigation, d’un champ solaire et d’un gardien permanent.
À Agadez, le bois aménagé en 2025 présente un taux de survie annoncé de 84,12 %. Durant le premier semestre 2026, la région a également traité 415 hectares de terres dégradées, aménagé 20 hectares de dunes et produit 55 000 plants forestiers.
À Diffa, où plus de 55 % du territoire régional serait touché par la désertification selon les autorités locales, les services techniques annoncent la production de plus de trois millions de plants, la fixation de 1 015 hectares de dunes et la récupération de 345 hectares de terres agropastorales dégradées. La campagne régionale a été lancée dans l’enceinte de l’école primaire N’Guel Madou Mai, avant une visite du Bois Héros Idrissa Alaoma aménagé en 2025.
Dans la région de Tahoua, plus d’un million de plants auraient été produits pour la campagne 2026. À Dosso, la pépinière communale en a préparé près de 4 000 et un dispositif d’arrosage par tricycle a été mis en place.
Planter le 3 août, entretenir toute l’année
De Goudoumaria à Gothèye, en passant par Dosso, Zinder, Agadez, Tahoua et Diffa, un même appel a dominé les différentes cérémonies : la plantation ne peut produire de résultats durables sans arrosage, protection et suivi régulier.
À Dosso, le préfet Boubacar Alichina Goga a résumé cet enjeu en ces termes : « Planter un arbre le 3 août est un geste républicain salutaire. Mais abandonner ce plant le 4 août, c’est manquer à notre devoir. »
Au-delà des cérémonies, la réussite de l’édition 2026 se mesurera donc dans les mois à venir, à travers le taux de survie des plants, la restauration effective des terres et l’implication durable des communautés.
Avec l’ANP
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

