Niger : lancement des concours d’entrée aux Écoles normales d’instituteurs

Les épreuves du concours d’entrée dans les Écoles normales d’instituteurs ont débuté ce lundi 14 septembre 2026 dans plusieurs régions du Niger. À Zinder, Agadez, Dosso, Tillabéri et Tahoua, 1 137 candidats ont été annoncés, dont une très forte majorité de filles. Au-delà de l’accès à une formation professionnelle, ces concours constituent une étape déterminante dans la sélection des futurs enseignants auxquels sera confiée l’éducation des enfants nigériens.
Les autorités administratives et éducatives ont procédé au lancement officiel des épreuves dans les différents centres. Les messages adressés aux candidats ont principalement insisté sur le sérieux, l’effort personnel et la responsabilité attachée au métier d’enseignant.
À Zinder, 544 candidats en lice
À l’École normale Askia Mohamed de Zinder, le lancement des épreuves a été effectué par le gouverneur de la région, le colonel Massalatchi Mahaman Sani, accompagné de ses collaborateurs et des responsables régionaux de l’éducation.
La région compte 544 candidats, dont 485 filles. Avant l’ouverture de l’enveloppe scellée contenant l’épreuve de culture générale, le gouverneur les a invités à travailler dans le calme, à rester concentrés et à lire attentivement les sujets.
Il leur a également rappelé la responsabilité liée à leur orientation professionnelle : « Comme vous le savez, vous êtes en train de choisir un noble métier, c’est d’éduquer nos enfants. Et c’est une lourde responsabilité. »
Selon le directeur régional de l’Éducation nationale de Zinder, Idi Adamou, toutes les dispositions ont été prises après une préparation impliquant les autorités et les personnels chargés de l’organisation.
Les candidats admis suivront une année de formation théorique, complétée par plusieurs phases de stage, avant de se présenter à l’examen de fin d’études de l’École normale.
La maîtrise des connaissances au centre du message à Agadez
À Agadez, le secrétaire général du gouvernorat, Souleymane Saidou Boulhassan, a donné le coup d’envoi des épreuves dans l’enceinte de l’École normale. La région enregistre 132 candidats : 117 dans la filière classique et 15 dans la filière franco-arabe. Parmi eux, seuls cinq sont des garçons.
Le responsable régional a appelé les candidats à compter sur leurs propres capacités et à faire preuve de sérieux. Il a surtout insisté sur la nécessité, pour les futurs enseignants, de maîtriser les connaissances qu’ils devront transmettre. Des lacunes non corrigées pendant leur formation risqueraient, a-t-il averti, d’être ensuite transmises aux enfants placés sous leur responsabilité.
Cette exigence place la qualité de la formation au centre du concours. Une école solide repose sur des enseignants capables de transmettre correctement les savoirs fondamentaux et de donner aux élèves les bases nécessaires à la poursuite de leur parcours.
À Tahoua, l’accent mis sur la compétence et l’intégrité
À l’École normale d’instituteurs Kaocen de Tahoua, le lancement des épreuves a été assuré par le secrétaire général adjoint du gouvernorat, Hamadou Siddo.
Au total, 232 candidats, dont 217 filles et 15 garçons, ont été annoncés dans sept salles. Ils composent en culture générale et en mathématiques, auxquelles s’ajoutent le français pour la filière traditionnelle et l’arabe pour la filière franco-arabe.
Après une fatiha prononcée en faveur des candidats, Hamadou Siddo les a invités à lire et relire attentivement les sujets et à compter sur leurs propres efforts. Il a rappelé que le pays avait besoin de cadres compétents et intègres, soulignant ainsi la responsabilité qui attend les futurs enseignants.
Le directeur régional de l’Éducation, Ibounou Alhassane, a assuré que les dispositions matérielles avaient été prises pour garantir le bon déroulement du concours.
Une légère divergence apparaît toutefois dans les chiffres communiqués à Tahoua : le total annoncé est de 232 candidats, tandis que le détail fourni par options — 205 en instituteurs et 28 en franco-arabe — aboutit à 233. Le chiffre global de 232 a donc été retenu dans l’attente d’une éventuelle clarification.
Une forte participation féminine à Dosso
À l’École normale Mali Béro de Dosso, le secrétaire général de la région, Mossi Mahamadou, a lancé les épreuves au nom du gouverneur, le colonel-major Bana Alhassane.
Sur les 190 candidats enregistrés, seulement cinq sont des garçons. Les autorités régionales ont salué cette importante participation féminine. « Vous serez demain les éducateurs de vos frères, sœurs et enfants », a rappelé Mossi Mahamadou, invitant les candidats à lire attentivement les sujets, à éviter toute précipitation et à miser sur leurs efforts personnels.
La cérémonie s’est déroulée en présence de la superviseure nationale, Moumouni Aïchatou Mainassara, chargée de veiller au bon déroulement des épreuves et à la transparence du processus.
À Tillabéri, le recul des candidatures masculines préoccupe
Dans la région de Tillabéri, 39 candidats, dont seulement trois garçons, se sont présentés au concours organisé au CES-CEG 1. Le lancement a été assuré par le secrétaire général adjoint du gouvernorat, Allassan Issa, au nom du gouverneur, le colonel Maïna Boukar.
Le directeur régional de l’Éducation nationale, Oumarou Hassane, a indiqué que les épreuves se déroulaient dans de bonnes conditions. Il a néanmoins exprimé son inquiétude devant la faible participation masculine, particulièrement au regard du déficit d’enseignants et des conditions difficiles rencontrées par certaines écoles, notamment en milieu rural.
Dans les cinq régions, les effectifs globaux annoncés font apparaître 1 137 candidats. Les filles représentent au moins 1 050 d’entre eux, confirmant la forte féminisation des candidatures aux métiers de l’enseignement primaire. Cette évolution témoigne de la place grandissante des femmes dans le secteur, tout en soulevant la question de la mobilisation des jeunes hommes, particulièrement dans les régions confrontées à un manque de personnel.
La réussite de ces concours ne se mesurera cependant pas uniquement au nombre d’admis. Elle dépendra aussi de la qualité de leur formation théorique et pratique, de la solidité de leurs connaissances et de leur capacité à transmettre les savoirs fondamentaux. C’est à cette condition que les futurs instituteurs pourront contribuer durablement au renforcement de l’École nigérienne et offrir à la jeunesse des bases solides pour construire son avenir.
Source : ANP
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

