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Niger : la formation professionnelle appelée à mieux répondre aux besoins de l’économie

niger la formation professionnelle appelee a mieux repondre aux besoins de leconomie
Réunis à Maradi autour des priorités de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels (EFTP), les cadres du secteur sont appelés à rapprocher davantage les formations des réalités économiques du pays. Agriculture, transformation locale, production de matériels et besoins futurs en compétences figurent parmi les pistes mises en avant par le ministre, Moumouni Farmo.

La formation professionnelle doit davantage déboucher sur des compétences et des productions répondant aux besoins concrets de l’économie nigérienne. C’est l’une des principales orientations qui ressort de la réunion annuelle des cadres du ministère de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels, ouverte samedi 12 septembre 2026 à Maradi sous la présidence du ministre, le Professeur Moumouni Farmo.

Organisée autour du thème « Mobilisation des cadres du ministère autour des priorités stratégiques pour faire de l’EFTP un moteur de développement économique et social du Niger », la rencontre doit permettre aux responsables du secteur d’évaluer les actions menées, d’identifier les difficultés et de définir de nouvelles perspectives.

Passer des recommandations à l’action
Dans son intervention, Professeur Moumouni Farmo a notamment insisté sur la nécessité de rompre avec la répétition des mêmes diagnostics et recommandations sans suivi suffisant.

« Nous faisons les mêmes diagnostics, nous dénonçons les mêmes comportements et les mêmes pratiques et nous reformulons les mêmes recommandations », a-t-il relevé, appelant à faire de la rencontre de Maradi un tournant dans les méthodes de travail.

Cette volonté de donner une dimension plus concrète à la formation professionnelle s’est traduite par plusieurs exemples liés aux réalités économiques locales.

Le ministre a notamment évoqué la chèvre rousse de Maradi, connue pour sa peau, sa viande et son lait. Il s’est interrogé sur le retard des écoles et lycées professionnels dans la création d’une chaîne de valeur autour de cette ressource emblématique de la région.

Des écoles davantage tournées vers les besoins agricoles
L’agriculture constitue un autre axe mis en avant. Le ministre estime que les établissements techniques et professionnels peuvent contribuer à alléger certaines tâches des producteurs en orientant une partie de leurs activités vers la fabrication de matériels adaptés.

S’il a évoqué comme ambition à plus long terme la fabrication de tracteurs et de moissonneuses-batteuses, Professeur Moumouni Farmo a surtout appelé à commencer par des équipements plus accessibles aux capacités actuelles des établissements : houes, dabas, coupe-coupe, charrues ou encore charrettes. Il a également cité la possibilité de transformer des moteurs en motoculteurs.

L’objectif affiché est ainsi de rapprocher progressivement l’apprentissage technique des besoins quotidiens des secteurs productifs, sans présenter comme déjà acquises des capacités industrielles qui restent à développer.

Une autre directive concerne les établissements disposant d’un internat ainsi que de terres et d’eau. Le ministre a demandé que les internes puissent produire une partie de ce qu’ils consomment, avec une mise en œuvre annoncée dès la prochaine rentrée.

Maradi face à de nouveaux besoins en compétences
La réflexion dépasse toutefois le fonctionnement des établissements. Les autorités régionales estiment que les évolutions économiques annoncées à Maradi nécessitent d’anticiper les futurs besoins en main-d’œuvre qualifiée.

Le gouverneur de la région, le Contrôleur général de police Issoufou Mamane, a notamment évoqué l’arrivée prochaine du chemin de fer et la réalisation d’un complexe agro-industriel, présentés comme susceptibles d'ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’emplois, de formation, de commerce et de mobilité.

Selon lui, ces projets rendent nécessaire la préparation, dès maintenant, des compétences dont pourraient avoir besoin les secteurs concernés.

Cette orientation place l’EFTP devant un enjeu central : faire évoluer les formations en fonction des réalités économiques et des besoins en qualifications, afin que les établissements techniques et professionnels contribuent plus directement à l’insertion des jeunes et au développement des activités productives.

Les travaux de la réunion annuelle de Maradi doivent précisément permettre aux cadres du ministère de dresser le bilan du secteur, d’identifier ses forces et ses faiblesses et de formuler une feuille de route pour les prochaines étapes.
Source : ANP
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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