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Niger : ZEYNA mise en liquidation par la Commission bancaire de l'UMOA après de graves manquements

Zeyna NigerLa Commission bancaire de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a durci son action contre les établissements financiers en infraction avec les règles prudentielles. À l'issue de sa 152ᵉ session tenue les 17 et 18 mars 2026 à Abidjan, le régulateur a annoncé des sanctions disciplinaires et financières visant cinq établissements de crédit implantés au Niger, au Burkina Faso, au Mali et au Togo.

Le Niger est le pays le plus concerné par ces décisions. L'établissement ZEYNA a vu son agrément retiré, entraînant automatiquement sa mise en liquidation. Selon la Commission bancaire, cette mesure exceptionnelle est motivée par des violations généralisées de la réglementation bancaire, de graves insuffisances dans le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT-P), ainsi que par l'exercice d'activités dans d'autres États de l'Union sans autorisation préalable. Le régulateur relève également des manquements en matière de gouvernance, de reporting prudentiel et l'absence de toute perspective crédible de redressement.

Une seconde banque nigérienne a également été sanctionnée. Sans dévoiler son identité, conformément à sa pratique, la Commission lui a infligé un blâme assorti d'une amende de 300 millions de FCFA pour des insuffisances liées à la gouvernance, à la gestion des risques et au respect des obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux.

Au Burkina Faso, la Société Burkinabè de Crédit Automobile (SOBCA) subit le même sort que ZEYNA avec le retrait de son agrément et sa mise en liquidation. Cette décision repose principalement sur des manquements répétés aux exigences prudentielles, le non-respect des injonctions du superviseur communautaire depuis 2022 et l'absence de perspectives de redressement.

Par ailleurs, un établissement au Mali et un autre au Togo ont chacun reçu un blâme accompagné d'une amende de 300 millions de FCFA. Les griefs concernent notamment des défaillances de gouvernance, une gestion des risques insuffisante et des lacunes dans les dispositifs de conformité LBC/FT-P. Dans le cas togolais, le régulateur souligne également une violation quasi généralisée des normes prudentielles.

Au total, les sanctions financières prononcées lors de cette session atteignent 900 millions de FCFA, auxquelles s'ajoutent deux retraits d'agrément. Elles illustrent le renforcement de la surveillance exercée par la Commission bancaire de l'UMOA afin de préserver la stabilité du système financier régional et de renforcer la conformité des établissements aux normes prudentielles et aux exigences internationales de lutte contre les flux financiers illicites. Les décisions sont immédiatement exécutoires et ne peuvent être contestées que devant le Conseil des ministres de l'UMOA, conformément aux dispositions en vigueur.
Aïssa Altiné (Nigerdiaspora)

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