Niger : un comité national chargé de résoudre les difficultés d’approvisionnement en carburant

Le gouvernement nigérien engage une nouvelle étape dans la gestion des difficultés que connaît le secteur pétrolier. À Niamey, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a procédé à l’installation d’un Comité technique national de gestion des crises pétrolières et de structuration de la dette croisée. Cette initiative intervient quelques jours après la décision des autorités de maintenir les prix des hydrocarbures à la pompe, malgré les propositions de hausse formulées par le Conseil consultatif de la Refondation (CCR).
Identifier les causes des difficultés d’approvisionnement
La sécurisation de l’approvisionnement en produits pétroliers constitue l’une des principales préoccupations du gouvernement nigérien. Face aux difficultés observées dans la distribution du carburant et aux interrogations qu’elles suscitent, les autorités ont décidé de mettre en place un dispositif interministériel chargé d’examiner le fonctionnement de l’ensemble du secteur.
Installé à Niamey sous la présidence du Premier ministre, le nouveau comité devra analyser les différentes étapes de la chaîne pétrolière, depuis la production et le raffinage jusqu’au transport et à la distribution des hydrocarbures.
L’objectif est d’identifier les dysfonctionnements qui perturbent l’approvisionnement du marché national et de proposer des mesures susceptibles d’améliorer durablement la disponibilité des produits pétroliers.
Le comité devra également examiner la question de la dette croisée entre les différents acteurs du secteur, un dossier qui nécessite une clarification des obligations financières et des mécanismes de règlement.
Le gouvernement maintient les prix du carburant
La création de ce comité intervient dans le prolongement des débats suscités par les recommandations du Conseil consultatif de la Refondation concernant une éventuelle augmentation des prix des hydrocarbures.
Lors du Conseil des ministres du 9 octobre 2026, les autorités nigériennes ont retenu l'option du maintien des prix à la pompe.
Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a rappelé que les propositions du CCR avaient été examinées en Conseil de cabinet, puis en Conseil des ministres, avant que le gouvernement ne décide de ne pas procéder, pour le moment, à une augmentation.
Cette décision permet d'écarter, à court terme, une hausse directe du coût du carburant pour les ménages et les entreprises. Elle ne règle toutefois pas, à elle seule, les difficultés structurelles liées à l'approvisionnement et à la distribution.
Le chef du gouvernement a notamment évoqué l'existence de plusieurs facteurs susceptibles d'expliquer les tensions observées, allant jusqu'à qualifier la pénurie de situation potentiellement « auto-entretenue ».
Le travail engagé par le comité devra permettre de mieux comprendre les mécanismes à l'origine de ces perturbations et d'identifier les réponses appropriées.
Un comité interministériel placé sous l'autorité du Premier ministre
La composition du nouvel organe traduit la volonté de réunir les principaux responsables institutionnels et économiques intervenant dans la filière pétrolière.
Présidé directement par le Premier ministre, le comité compte quatre vice-présidents : les ministres chargés du Pétrole, de l'Économie et des Finances, du Commerce et de l'Industrie, ainsi que de la Justice.
Le secrétariat des travaux est assuré par le secrétaire général du ministère du Pétrole, désigné rapporteur.
Plusieurs autres administrations participent au dispositif, notamment celles chargées des douanes, des impôts, de la dette publique, du commerce, de la sécurité et de la régulation.
Les principaux opérateurs nationaux du secteur sont également représentés, notamment la Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP) et la Société de raffinage de Zinder (SORAZ).
Le comité pourra faire appel à d'autres personnes ou structures dont l'expertise serait nécessaire à l'accomplissement de ses missions.
La dette croisée, un autre enjeu pour le secteur pétrolier
Au-delà de l'approvisionnement, le nouvel organe devra se pencher sur la structuration de la dette croisée, une question importante pour les relations financières entre les différents intervenants du secteur.
Ces dettes peuvent correspondre à des sommes dues réciproquement entre plusieurs acteurs économiques ou institutionnels. Leur clarification est nécessaire pour déterminer les engagements de chacun et envisager des modalités de règlement adaptées.
Dans une filière où interviennent producteurs, raffineurs, distributeurs et administrations publiques, les déséquilibres financiers peuvent peser sur le fonctionnement des activités et les capacités d'approvisionnement.
L'examen de ces relations financières devrait ainsi compléter le travail technique consacré à la production, au transport et à la distribution.
Des réponses attendues pour stabiliser durablement le marché
Avec l'installation de ce comité, le gouvernement entend dépasser les mesures ponctuelles pour traiter les difficultés rencontrées par la filière pétrolière dans son ensemble.
Les travaux devront déboucher sur des propositions concrètes destinées à améliorer la coordination entre les acteurs, à sécuriser l'approvisionnement et à prévenir de nouvelles perturbations.
Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de clarifier les problèmes identifiés et d'apporter des solutions durables.
La portée de cette initiative dépendra désormais des conclusions du comité et de la mise en œuvre des mesures qui seront retenues. Pour les consommateurs comme pour les opérateurs économiques, l'enjeu reste celui d'un approvisionnement régulier en carburant, dans un cadre financier et organisationnel plus stable.
Source : RTN
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

