Niger : l’expertise algérienne mobilisée pour maîtriser l’éruption du puits pétrolier Gouméri W-8 à Agadem

Depuis le 25 septembre 2026, le puits pétrolier Gouméri Ouest-8, situé sur le bloc d’Agadem, connaît une éruption qui n’a pas encore été totalement maîtrisée. Face à la persistance du déversement de pétrole brut et aux risques pesant sur les installations voisines, le gouvernement nigérien a sollicité l’appui technique de l’Algérie. Des experts des deux pays sont mobilisés pour identifier les causes de l’incident, évaluer les dégâts et définir les mesures nécessaires à sa maîtrise.
Un puits en éruption depuis le 25 septembre
La situation du puits Gouméri Ouest-8 demeure au centre des préoccupations des autorités nigériennes. Malgré les interventions engagées depuis le début de l’incident, le 25 septembre dernier, les équipes techniques ne sont pas encore parvenues à reprendre totalement le contrôle des installations.
Lors d’une rencontre de travail à Niamey avec une délégation d’experts algériens, le ministre du Pétrole a exposé la situation et les difficultés rencontrées sur le terrain.
« Depuis le 25 septembre, effectivement, nous avons le puits de Gouméri 8 sur le bloc d’Agadem qui est en éruption, qui n’est toujours pas maîtrisé », a-t-il déclaré.
Le ministre a précisé que le pétrole brut continuait de se déverser, tandis que les installations voisines présentaient également des signes de fragilisation.
« Le brut continue de se déverser et les puits voisins sont un peu fragilisés. Les tentatives de maîtrise menées à ce jour restent encore sans effet, même si l’intensité de l’incendie a beaucoup baissé », a-t-il expliqué.
Cette évolution de l’incendie ne signifie donc pas que l’éruption est maîtrisée. La priorité reste de stopper les écoulements et de sécuriser les installations pétrolières concernées.
Le Niger sollicite l’appui technique de l’Algérie
Face à cette situation, le gouvernement nigérien a décidé de recourir à l’expertise algérienne. Cette démarche a été engagée sur instruction du président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani.
Le ministre du Pétrole a indiqué avoir été chargé de prendre contact avec son homologue algérien afin de solliciter une assistance technique spécialisée.
Il a également remercié le président algérien Abdelmadjid Tebboune et les autorités de son pays pour leur réponse à la demande nigérienne.
L’intervention des spécialistes algériens vise à compléter le travail des équipes nationales déjà engagées sur le site. Les échanges organisés à Niamey doivent permettre aux deux parties de partager les informations disponibles et d'examiner les options techniques envisageables.
Identifier les causes et mesurer les conséquences de l’incident
La mission confiée aux experts s’articule autour de trois priorités clairement définies par le ministre du Pétrole : comprendre l’origine de l’éruption, mesurer les dégâts et proposer des solutions.
« La mission telle que sollicitée porte sur trois volets : c’est d’abord de comprendre les causes de l’éruption, c’est également de mesurer les dégâts, aussi bien du point de vue environnemental que du point de vue technique, et de proposer également des solutions », a précisé le ministre.
Il a également insisté sur la nécessité d’évaluer l’ensemble des impacts et des préjudices liés à cet incident.
Cette démarche doit permettre d'apprécier les conséquences sur les installations pétrolières, les puits voisins et l'environnement, tout en identifiant les interventions techniques adaptées à la situation.
Le bloc d’Agadem constitue l’un des principaux sites de production pétrolière du Niger. La maîtrise de cet incident représente donc un enjeu important pour la sécurité des infrastructures et la continuité des activités dans la zone.
Une intervention conjointe sur le terrain
À l’issue des échanges techniques organisés à Niamey, la délégation algérienne a exprimé sa disponibilité à accompagner les équipes nigériennes dans la recherche de solutions.
Une mission conjointe associant les experts algériens, les représentants des ministères nigériens du Pétrole et de l’Environnement ainsi que des conseillers de la Présidence de la République et du cabinet du Premier ministre a été prévue sur le site d’Agadem.
Cette intervention doit permettre aux spécialistes d’examiner directement l’état du puits, de compléter les premières évaluations et de proposer les mesures nécessaires à la maîtrise de l’éruption.
Au-delà de l’intervention immédiate, l’enjeu est également de déterminer les causes de l’incident et d’en mesurer les conséquences techniques et environnementales.
La mobilisation de l’expertise algérienne marque une nouvelle étape dans les efforts engagés par les autorités nigériennes. La reprise du contrôle du puits Gouméri Ouest-8 reste l’objectif prioritaire, avec la sécurisation des installations voisines et l’évaluation des dommages provoqués depuis le 25 septembre.
Boubé G. (Nigerdiaspora)

