DIASPORA · AES : la diaspora de l’AES au Sénégal réaffirme son soutien aux autorités confédérales et expose ses doléances

En marge des premières négociations formelles entre la Confédération des États du Sahel (AES) et la CEDEAO, la délégation ministérielle confédérale a rencontré, le dimanche 18 octobre 2026 à Dakar, les communautés burkinabè, malienne et nigérienne établies au Sénégal. Messages de soutien aux dirigeants, mais aussi préoccupations très concrètes : reconnaissance des documents d’identité, tracasseries routières, préservation des acquis après la sortie de la CEDEAO.
Dakar, 19 octobre 2026 – Présente dans la capitale sénégalaise pour la Réunion ministérielle du dialogue sur la coopération entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Confédération des États du Sahel, la délégation de l’AES a mis à profit son séjour pour aller à la rencontre de ses ressortissants. Dans la soirée du dimanche 18 octobre, les ministres de la Confédération ont échangé avec une diaspora burkinabè, malienne et nigérienne fortement mobilisée au pays de la Teranga.
Expliquer le sens du dialogue avec la CEDEAO
Cette rencontre directe a permis aux ministres d’expliquer à leurs compatriotes le sens de leur participation à la réunion avec l’organisation ouest-africaine, et de leur donner des nouvelles de leurs pays respectifs comme de l’espace confédéral dans son ensemble. Les échanges, qualifiés de fraternels, ont porté sur la « marche souveraine » de la Confédération, présentée comme le fruit de la vision des plus hautes autorités des trois pays membres, tant en matière de défense et de sécurité que dans les domaines de la diplomatie et du développement durable.
Conçu avant tout comme un moment d’écoute pour les ministres en charge de la diaspora, le cadre a laissé une large place à la parole des communautés des trois pays.
Un soutien réaffirmé aux plus hautes autorités
Dans leurs interventions, les membres de la diaspora ont adressé leurs félicitations aux Présidents des États de la Confédération pour les victoires engrangées au quotidien sur le terrorisme ainsi que pour les avancées enregistrées sur les plans du développement et de la diplomatie. Saluant le leadership et la clairvoyance des dirigeants, ils les ont encouragés à maintenir le cap dans une démarche de solidarité, en plaçant toujours les peuples de l’espace confédéral au cœur de leurs initiatives.
Au regard des acquis dans la lutte contre le terrorisme, de l’affirmation de l’AES sur la scène internationale et de la promotion d’un développement endogène, la diaspora AES au Sénégal a renouvelé son soutien total à la vision des autorités dans leur combat pour la souveraineté, la dignité et la prospérité partagée.
Papiers d’identité, rackets routiers, foncier : les doléances de la diaspora
Au-delà des encouragements, les ressortissants ont formulé plusieurs préoccupations. En premier lieu, ils ont sollicité des démarches de leurs dirigeants pour obtenir la reconnaissance de leurs documents d’identité par les services administratifs et sécuritaires du Sénégal.
Ils ont également réclamé une solution « urgente et définitive » aux tracasseries et aux rackets constatés lors des déplacements routiers dans les trois pays de la Confédération, tout en plaidant pour le développement du transport aérien dans l’espace AES.
Autres points soulevés : la préservation des biens et privilèges des ressortissants de l’AES après la sortie de la CEDEAO, notamment dans le foncier et l’enseignement, ainsi que la prise en compte de l’expertise de la diaspora dans les politiques publiques. Les intervenants ont enfin souhaité une harmonisation des politiques et réformes des trois pays dans des secteurs clés comme l’éducation et l’enseignement supérieur, et encouragé les autorités à accorder une place de choix à la formation professionnelle et à l’autonomisation des femmes.
Les ministres rassurent et renvoient aux négociations en cours
Présidant la rencontre, le ministre burkinabè Karamoko Jean Marie Traoré et ses homologues ont remercié leurs compatriotes pour leurs encouragements et pour la sincérité avec laquelle ils ont exprimé leurs préoccupations.
Ils ont assuré que les questions liées à la reconnaissance des documents d’identité et aux difficultés d’accès à certains services dans le pays d’accueil sont déjà prises en compte dans le processus de négociations engagé avec la CEDEAO. S’agissant des questions administratives et consulaires, les ministres ont mis en avant les efforts des administrations centrales et des missions diplomatiques et consulaires, rappelant que la satisfaction des aspirations des citoyens, où qu’ils se trouvent, demeure l’objectif central des plus hautes autorités.
Sur les tracasseries routières, le ministre Traoré a indiqué que le phénomène est bien connu des autorités confédérales, qui s’y attaquent dans le cadre de la promotion d’une gouvernance vertueuse. Il a toutefois appelé les usagers à prendre leur part de responsabilité, en dénonçant ces pratiques ou en refusant d’y prendre part :
« Sans la participation des populations ce cycle de raquettes ne saurait pas perdurer. »
Un appel à l’engagement et au respect du pays d’accueil
Les ministres ont félicité les ambassadeurs et les responsables des communautés burkinabè, malienne et nigérienne pour leur travail de mobilisation de la diaspora AES au Sénégal. Ils ont invité les ressortissants à s’impliquer davantage dans la construction de leurs pays et de la Confédération, sans nécessairement attendre la création de cadres dédiés.
Un appel a enfin été lancé à l’unité et au respect des lois et règlements du Sénégal, afin que les Maliens, Burkinabè et Nigériens qui y vivent véhiculent une image digne et intègre de la Confédération AES et se posent en modèles d’une intégration fraternelle et solidaire.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

