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Niger : à Blanakour, le FARCUB 2026 met en valeur l’artisanat et les savoir-faire locaux

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La troisième édition du Festival de l’Artisanat et de la Culture de Blanakour (FARCUB), organisée du 4 au 6 septembre 2026 dans le département de N’Gourti, région de Diffa, remet au premier plan les savoir-faire locaux et le patrimoine culturel. Au-delà des festivités, le rendez-vous cherche à mieux relier artisanat, ressources pastorales, création de revenus et cohésion sociale.

À Blanakour, la culture ne se limite pas aux danses, aux traditions et aux célébrations. Elle représente aussi un patrimoine susceptible de soutenir l'activité économique locale. C'est l'un des principaux enjeux de la troisième édition du Festival de l'Artisanat et de la Culture de Blanakour (FARCUB), organisée autour du thème « Artisanat et culture, facteurs de souveraineté économique et de cohésion sociale ».
Le festival a été officiellement lancé samedi 5 septembre par le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, dans cette localité du département de N'Gourti. Sa présence, aux côtés de plusieurs responsables nationaux et régionaux, donne une dimension particulière à un rendez-vous qui entend mettre en valeur les ressources culturelles et artisanales de cette partie du Niger.

Transformer les savoir-faire en opportunités économiques
La région de Diffa possède des savoir-faire dans plusieurs domaines, notamment le travail du cuir, la maroquinerie, la vannerie, le tissage, la broderie et d'autres formes d'artisanat traditionnel.
L'enjeu consiste désormais à mieux valoriser ces compétences et à permettre aux artisans d'en tirer davantage de revenus.
Cette volonté prend une signification particulière dans le département de N'Gourti, où l'élevage et les activités pastorales occupent une place importante. Les produits et sous-produits issus de l'élevage peuvent notamment alimenter certaines activités artisanales, particulièrement le travail du cuir et des peaux.
Créer davantage de valeur sur place suppose toutefois de mieux organiser la transformation, d'améliorer la qualité des produits et de faciliter leur accès aux marchés. La formation des artisans, l'accès aux équipements, au financement et aux débouchés figurent ainsi parmi les enjeux qui dépassent largement les trois jours du festival.
Pour les jeunes, l'artisanat peut également constituer une voie d'apprentissage et d'insertion professionnelle. Pour de nombreuses femmes, il représente une activité susceptible de générer des revenus et de renforcer leur autonomie économique.

Blanakour, vitrine culturelle de N'Gourti
Le FARCUB constitue également une vitrine pour le patrimoine de N'Gourti et, plus largement, de la région de Diffa.
Expositions, prestations artistiques, panels, forums et actions de sensibilisation figurent parmi les activités annoncées pour cette troisième édition. Le rassemblement permet aux communautés de présenter leurs productions et leurs traditions tout en favorisant les rencontres entre artisans, populations et visiteurs.
L'événement peut aussi produire une activité économique ponctuelle autour du transport, de la restauration, du commerce et des différents services mobilisés par l'arrivée des participants.
Mais son intérêt à plus long terme réside dans la capacité à faire connaître Blanakour et ses savoir-faire au-delà de la région.

Culture et cohésion sociale
Le festival porte enfin une dimension sociale. Dans une région où plusieurs communautés partagent des espaces, des ressources et des activités économiques, la culture peut constituer un terrain de rencontre et de dialogue.
Cette dimension a d'ailleurs été prolongée en marge du FARCUB par un forum consacré à la paix, à la sécurité et à la gouvernance des ressources partagées.
Le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine a, pour sa part, insisté lors du lancement sur la place de la culture, de l'histoire, des traditions et des savoir-faire locaux dans la construction nationale.
Cette troisième édition intervient neuf ans après le lancement du FARCUB en 2017. Elle traduit la volonté de donner davantage de visibilité à un patrimoine qui reste étroitement lié aux modes de vie et aux activités économiques des populations locales.
Au-delà de la réussite des festivités, l'enjeu sera donc de savoir dans quelle mesure cette visibilité pourra se prolonger : permettre aux artisans d'accéder à de nouveaux débouchés, favoriser la transmission des savoir-faire aux jeunes et transformer davantage les ressources locales sur place.
C'est à cette condition que le FARCUB pourra pleinement dépasser son statut de rendez-vous culturel pour devenir aussi un instrument durable de valorisation économique et de développement local à N'Gourti.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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