Cure Salée 2026 : la 59ᵉ édition se tiendra du 2 au 4 octobre à Ingall

Initialement annoncée du 25 au 27 septembre, la 59ᵉ édition de la Cure Salée se tiendra finalement du 2 au 4 octobre 2026 à Ingall, dans la région d’Agadez. Ce rassemblement annuel des éleveurs nomades associe transhumance, échanges économiques, rencontres sociales et valorisation des cultures pastorales du Niger.
Ingall accueillera du 2 au 4 octobre 2026 la 59ᵉ édition de la Cure Salée. Les nouvelles dates ont été communiquées par les autorités régionales d’Agadez et relayées, le 23 septembre, par l’Agence nigérienne de presse.
Pendant trois jours, cette localité située dans la région d’Agadez redeviendra l’un des principaux points de convergence du monde pastoral nigérien. Des éleveurs, des communautés nomades et des visiteurs venus de différentes régions du Niger et de la sous-région sont attendus autour d’un rendez-vous qui dépasse largement sa dimension festive.
Pour comprendre la Cure Salée, il faut revenir à son origine : les déplacements saisonniers des éleveurs et de leurs troupeaux vers les pâturages et les terres salées de l’Irhazer.
Des troupeaux attirés par les terres salées
À la fin de l’hivernage, les plaines de l’Irhazer offrent temporairement des pâturages qui attirent des éleveurs venus de différentes zones du Niger. Bovins, camelins, ovins et caprins convergent vers ces espaces où ils trouvent de l’herbe, mais aussi des terres et des eaux naturellement minéralisées.
C’est de cette pratique pastorale que vient l’appellation « Cure Salée ». Les animaux profitent de ces ressources avant que les éleveurs ne reprennent progressivement leurs parcours à l’approche de la saison sèche.
Les mouvements des troupeaux commencent avant les trois journées officielles et se poursuivent au-delà. La manifestation organisée à Ingall accompagne ainsi un phénomène de transhumance plus vaste, étroitement lié au cycle des saisons, à la disponibilité de l’eau et à l’état des pâturages.
Un carrefour pour les communautés pastorales
Cette concentration saisonnière a progressivement fait de la Cure Salée un grand moment de rencontres entre les communautés pastorales. Les Touaregs et les Peuls, notamment les Wodaabe, occupent une place importante dans ce rassemblement.
Pour des populations dont la mobilité constitue une caractéristique du mode de vie, ces retrouvailles permettent de maintenir les liens familiaux et sociaux, de partager des informations et de consolider les relations entre communautés.
La dimension pastorale s’est ainsi enrichie, au fil du temps, d’une forte expression culturelle. Les manifestations organisées à Ingall mettent en valeur les tenues, les chants, les danses, les traditions et les savoir-faire des populations participantes.
La Cure Salée constitue également un espace de rencontre entre éleveurs, chefs traditionnels, autorités administratives et populations venues de différents horizons.
Des échanges économiques renforcés
L’arrivée des éleveurs, des commerçants et des visiteurs crée une activité économique particulière à Ingall et dans ses environs.
Historiquement, le rassemblement favorisait les échanges de céréales, de sel, d’animaux et de produits indispensables aux populations pastorales. Ces activités se sont progressivement diversifiées avec le développement du commerce et l’arrivée de nouveaux produits.
Aujourd’hui encore, l’affluence bénéficie au transport, à la restauration, à l’artisanat, au commerce et à différents services. Cette dimension économique revêt une importance particulière dans une région où l’élevage demeure une source essentielle de revenus et de subsistance pour de nombreuses familles.
Une occasion d’atteindre les populations nomades
La concentration des populations pastorales offre aussi aux services publics et à leurs partenaires une occasion de se rapprocher de communautés parfois éloignées des centres administratifs.
Au cours des précédentes éditions, la Cure Salée a notamment servi de cadre à des actions de santé, de vaccination, d’état civil, d’information des éleveurs et de sensibilisation sur différentes questions sociales.
Le rassemblement facilite ainsi l’accès à certains services et permet aux autorités comme aux acteurs du développement d’échanger directement avec les populations nomades.
Pastoralisme, culture et cohésion sociale
La Cure Salée joue également un rôle dans le dialogue entre les communautés. Dans un espace pastoral où l’accès à l’eau et aux pâturages constitue un enjeu permanent, les rencontres peuvent favoriser les échanges, la prévention des tensions et le règlement de différends.
Cette fonction rappelle que l’événement ne se limite ni à une fête culturelle ni à une rencontre touristique. Les besoins des troupeaux sont à l’origine du mouvement, mais autour de cette transhumance se sont développées des fonctions économiques, sociales, culturelles et administratives.
Du 2 au 4 octobre 2026, la 59ᵉ édition offrira une nouvelle vitrine aux traditions et au patrimoine des communautés pastorales. L’essentiel se jouera également dans les plaines environnantes, auprès des éleveurs et des troupeaux qui perpétuent une pratique profondément liée aux conditions naturelles du Sahel.
À travers la Cure Salée, le Niger préserve un patrimoine vivant où se rencontrent élevage, mobilité pastorale, économie locale et cohésion sociale. Ce rendez-vous rappelle surtout la place majeure qu’occupent les éleveurs et leurs savoir-faire dans la vie économique, sociale et culturelle du pays.
Aïssa Altiné (Nigerdiaspora)

