Des scandales sous Issoufou Mahamadou, des milliards et des espaces publics détournés : À quand la moralisation promise par le président Mohamed Bazoum

Les socialistes nigériens, depuis onze ans, ne gouvernent que par la prédation, pillant les ressources nationales, s’appropriant, pour leur confort et le confort des leurs, les biens de l’Etat. Ainsi ont-ils annexé des espaces publics sur lesquelles poussent des immeubles notamment sur les rives de Niamey, sans que personne ne sache les conditions d’acquisition – et au profit de qui – comme c’est le cas de l’espace sur lequel trône aujourd’hui l’hôtel Radisson Blu qui n’a pas encore révélé bien de secrets. En onze années de gestion malhonnête, de pauvres gens sont devenus des milliardaires, et souvent jusqu’à des enfants qui n’ont pourtant aucune expertise à faire valoir pour prétendre à des fortunes aussi déraisonnées dans le pays le plus pauvre de la planète mais qui est curieusement le pays qui le plus enrichi des socialistes.

La Renaissance, une géographie politique minée par des scandales et ça continue.…

Bazoum Mohamed savait bien sur quel héritage il était appelé à gouverner, et il sait en même temps tous les risques qu’il prenait en choisissant – le rêve inespéré de diriger le Niger ne lui donnant pas d’autres choix – d’assumer la gestion chaotique, quasiirresponsable du camarade Issoufou afin de le protéger pour lui empêcher des ennuis judiciaires qui pourraient gêner sa retraite présidentielle aujourd’hui vécue dans le stress et la peur malgré les milliards amassés, comme cela est arrivé à bien d’anciens présidents comme son ancien ami Condé, de faire face à sa gestion et à la Justice qu’il redoute tant. On ne peut d’ailleurs pas comprendre pourquoi la France d’Emmanuel Macron pouvait soutenir un tel pouvoir inique, sans éthique, contre le peuple du Niger qui n’a que trop souffert depuis des décennies d’une classe politique somme toute médiocre. C’est pourtant dans la conscience d’un tel fait que, prenant le pouvoir dans un contexte de crises multiples, que l’homme propulsé président du Niger, promettait une gestion plus vertueuse et dès sa première parole dans la nouvelle fonction à l’occasion de son investiture qui se fit dans la déchirure, il promit que «plus personne ne sera d’aucun secours pour un autre» et que chacun, et lui seul, devrait répondre de ses actes. Les Nigériens, même boudant son élection, accueillaient alors avec ferveur un tel discours qui ouvrait pour le Niger de nouvelles voies pour permettre au pays de se réconcilier avec lui-même et avec la politique et même avec son histoire.

Et continuité oblige, ça continue…

Mais après plus d’un an d’exercice du pouvoir, l’on ne peut que plaindre une certaine inertie dans la gouvernance, l’homme ne pouvant donner suite à ses paroles, plus décidé à protéger la puanteur héritée qu’à faire justice pour faire droit à une Constitution qui élève les biens et deniers publics au rang de biens sacrés. Jamais dans le pays, un autre régime n’a tant détourné et pillé dans l’impunie. Pourtant, que ne disait pas Issoufou en d’autres temps pour faire croire qu’il pouvait mieux gouverner et surtout que «Lion» il pouvait avoir une main forte à sévir contre tous ceux qui contreviendraient à la loi, et qui toucheront aux deniers publics, au bien public. Cette impuissance du Philosophe, alors que depuis des jours, d’autres scandales sont révélés à sa porte, l’on ne peut qu’en être sidéré, et souffrir qu’il soit si impuissant à assumer «son» pouvoir, à rendre juste au pays contre la horde de prédateurs qui infestent son système formé essentiellement de repris de justice, et d’hommes et de femmes sur lesquels pèsent de leurs soupçons de prévarication, de concussion.

Incapable de demander des comptes à la pègre avec laquelle il est condamné à collaborer, pour brouiller des pistes, il sacrifia quelques menus fretins quand, pour ces affaires, qu’il s’agisse de l’affaire Ibou Karadjé ou d’une autre, une justice s’en prend à quelques hommes sans «soutien politique» de taille et pour être éloignés des milieux influents du système. Ils sont les cobayes de la lutte contre l’impunité, les gros poissons pouvant continuer à narguer les sans-parents dans les eaux douces de la Renaissance.

Or, la vérité est que les crimes sont immenses et nombreux et il va sans dire que tôt ou tard, à moins de se débrouiller à mourir avant l’heure de la réédition des comptes, tous finiront par rendre compte ainsi que le disait d’ailleurs, le SAMAN pour qui, «les hommes passent, la Justice demeure» et pour Ladan Tchana qui a dit récemment que forcément, on n’aura pas toujours les mêmes hommes à la tête de l’Etat pour croire qu’on puisse s’assurer une impunité éternelle.

Toutes les société d’Etat ont des dossiers croustillants et si certains de ceux qui les ont gérées peuvent croire que parce qu’Issoufou serait parti et que sa page serait tournée, ils ne répondront jamais de leurs actes surtout quand un Bazoum qu’ils croient avoir «fabriqué» préside aux destinées du pays, ils se trompent car ils ne peuvent pas comprendre la force d’un peuple qui prend conscience du tort qui lui a été fait pour se préparer à faire face à l’Histoire. L’Uraniumgate, Sopamin, Caima, MDN-Gate, Soraz, l’avion présidentiel et son système de sécurité anti-missile, ministère du pétrole, Africar les rails de Bolloré, les échangeurs surfacturés, pour ne citer que ces quelques emblématiques affaires qui mettent en cause tous les milliards, l’unité de mesure du détournement sous Issoufou demeurant presque dans chaque cas le milliard. Aucun homme politique, au Niger, n’a autant déçu comme Issoufou et on peut se rappeler comment, certains de ceux qui avaient cru en lui, n’avaient pas manqué d’exprimer leur déconvenue face à ce que fut sa gestion patrimoniale. Issoufou Katambé, avant de comprendre que c’est bien lui qui serait au centre de tout le mal ne serait-ce que par son inaction complice, n’avait pas manqué d’exprimer toute sa répulsion vis-à-vis de la gestion qui a été faite au niveau du ministère de la Défense dont il héritait. Avant lui, un autre Issoufou, Issoufou Assoumane de Talaka le Bâtisseur, imbu des valeurs que portait le Sawaba, dès le premier mandat n’a pas manqué d’exprimer ses désaccords avec la gestion issoufienne, disant ne jamais comprendre qu’un socialisme puisse gérer ainsi que le fit sans pudeur Issoufou Mahamadou. Depuis, très déçu, l’homme se mit à l’ombre, préférant se faire discret, presque invisible, que de participer à une gestion mafieuse qui a décidé de ne pas faire le bien pour le pays pour se contenter de servir quelques hommes, pour ne pas dire quelques familles dans les poches desquelles, la fortune du pays, s’était finalement retrouvée. Même Salif Diallo, le Burkinabé employé à la présidence du Niger de l’époque, reparti chez lui après que les autorités de Niamey l’aient aidé à accéder au pouvoir, n’a pas aussi manqué de dire à quel point la gestion de ses camarades l’avait profondément déçu, car trop en déphasage avec les principes du socialisme et de la morale politique, notamment quand il peut les voir ériger des grands immeubles en un temps-éclair quand lui peut mettre des décennies à se faire construire au Burkina Faso une villa modeste. Comme on le voit, ces socialistes de la trempe de ce que l’on a au Niger ne pouvaient pas être des modèles à vendre au monde et pour le Niger. A la vérité on n’aura jamais connu de calamité que ceux-là. Et c’est pendant qu’on ne voit pas venir la répression attendue contre la pègre que nous apprenons, comme pour défier le nouveau magistrat, d’autres individus qui perpétuent presque à sa barbe le mal et cela après que la Cour des Comptes, dans son rapport général rend compte de l’ampleur de la gabegie et d’un certain laisser-aller dans la gestion des affaires publiques notamment avec des hommes et des femmes qui ont cru que la responsabilité publique donne la chance inespérée de voler, de s’enrichir.

C’est alors que les premiers scandales qui ont éclaboussé la gestion du ministère de la Défense avec des acteurs qui ont cru que la guerre et le terrorisme pouvaient être une aubine pour eux à profiter sadiquement pour détourner et s’enrichir, avaient été révélées. Et c’est sans que la lumière ne soit faite sur ces affaires que l’on apprend une autre dans le même secteur et avec, tenez-vous bien – toute chose qui indigne – au centre un ancien ministre qu’un journal proche du pouvoir, journal sans doute ulcéré par l’affairisme cultivé dans cet ministère, avait épinglé dans le MDN-Gate pour l’accuser de gestion mafieuse à la tête du ministère de la Défense. A l’époque, si c’était un autre journal sans doute que cela lui aura valu d’aller devant le juge, et même, d’aller en prison. Voilà donc les hommes que la France aimait tant et c’est à croire que cette France, dans de tels crimes, pouvait avoir sa part de butin pour faire le choix périlleux de soutenir de tels actes incompatibles dans un Etat de droit.

Quand Kalla Moutari, ancien ministre de la défense se compromet par sa signature…

Sur les réseaux sociaux, circulent une «Lettre de recommandation» signée par l’ancien ministre de la Défense, celui-là même qui, pour beaucoup d’analystes, auraient pu répondre de certaines accusations dans la gestion du ministère, et qui, peut-être, ayant cru que la tempête serait passée avec les premières gaffes depuis qu’un nouveau président est «élu», peut oser une autre, comptant sur «leur» malice à contourner la justice pour ne jamais répondre de leurs actes et en instrumentalisant l’Assemblée nationale. On ne peut d’ailleurs pas comprendre que de tels hommes si insatiables, cliniquement cupides, alors que tous les jours les Nigériens crient au scandale, puissent manquer de scrupule pour continuer dans le crime. C’est à croire que cette fois-ci c’est même Bazoum Mohamed qu’ils veulent défier pour lui montrer qu’il ne peut rien contre eux et que même quand Issoufou Mahamadou ne serait plus aux commandes, ils peuvent continuer à agir à leur guise, à perpétuer le vol. Comme dirait l’autre, «ils mettent le doigt dans l’oeil de Dieu…».

Dans la lettre qui implique sa responsabilité dans le scandale, le ministre de la défense qu’il fut à l’époque pouvait écrire : «Nous, Kalla Moutari, Ministre de la Défense Nationale atteste que Khalif Sécurité Sarl, représenté par son Directeur Général Boubacar Mamadou Abdoul Kader a les compétences techniques et humaines pour appuyer notre département ministériel dans toutes offres de services de qualité et de sécurité à la pointe de la technologie».

Cette lettre signée le 26 avril 2019 pouvait, après les autres, notamment Boubé Style féroce, ouvrir à d’autres les portes dorées de la caverne d’Ali Baba qu’est devenu ce ministère de la Défense depuis que, pour les besoins de la guerre imposée par le terrorisme, des investissements colossaux sont consentis à l’armée nationale. Comment pour un sujet aussi sensible, peut-on requérir les services d’un «enfant» qui, à vrai dire, n’a aucune expertise à faire valoir dans un domaine aussi délicat ? Comment d’ailleurs, lorsqu’on est à tort ou à raison cité dans des affaires similaires, peut-on continuer à poser des actes de même nature comme si l’on pouvait avoir la certitude, on ne sait pour quelle raison, de ne jamais répondre de ses forfaitures ? Quand on voit l’homme s’agiter, à communiquer chaque fois sur tout sujet même quand il ne relève plus de l’Exécutif, c’est qu’il sait ce qu’il a fait et surtout qu’il sait que sa gestion pourrait le rattraper, tôt ou tard.

En attendant d’en savoir davantage sur «l’enfant veinard», l’on ne peut ici que comprendre pourquoi notre armée peine à s’affirmer. En effet, il ne peut en être autrement quand, ce sont de tels enfants sans expérience avérée contrairement à ce que prétend le ministre de l’époque, qui doivent faire des choix pour l’armée en trouvant sur le marché mondial les armes et les moyens de qualités dont elle peut avoir besoin pour sa mission aujourd’hui très délicate. Quel peut être le parcours de «l’enfant», au nom duquel, Kalla Moutari peut prétendre qu’il aurait «les compétences techniques et humaines pour appuyer [leur] département ministériel dans toutes offres de services de qualité et de sécurité à la pointe de la technologie». On ne peut pas jouer avec un pays et son destin d’une telle manière, dans une insouciance déroutante.

Bazoum, face à sa parole…

Ces actes sont intolérables surtout quand ils devraient continuer à avoir cours par l’impunité qui donne des ailes à des acteurs qui peuvent se croire intouchables. Le saccage observé pendant dix ans sous Mahamadou Issoufou ne peut pas continuer et il va falloir y mettre fin en donnant une suite judiciaire exemplaire à toutes ces affaires afin que cela serve de leçon et dissuade d’éventuels candidats. Déjà, Bazoum a perdu, sans s’en rendre compte, une année dans l’inaction et le temps va vite contre lui et son programme si jamais il en a au-delà de celui qui l’oblige à assurer les arrières de son prédécesseur. Toutes les affaires appellent à une justice pour que l’Etat soit mis dans ses droits. Et plus qu’un autre, ce Kader BCEAO aujourd’hui conseiller, apprend-on, à la présidence, sans doute pour trouver une ombre protectrice sous celui qui avait dit que «plus personne ne sera d’aucun secours pour un autre» et notamment quand, presque pour le corrompre et mettre à l’épreuve son librearbitre et sa volonté de combattre l’impunité, on apprend qu’il faisant cadeau, en lieu et place des armes qu’il est censé livrer à l’armée et qu’il ne peut toujours pas mettre à disposition des FDS, d’un internat pour jeunes filles que l’on sait intéresser le président Bazoum. Peutil donc céder à ce geste corruptif pour renoncer à sa parole sachant que sur elle, il est très attendu par les Nigériens. La gestion publique doit être débarrassée de telles pratiques malsaines qui ne peuvent qu’annihiler tout effort de développement. Cette tradition socialiste du vol et du pillage ne doit pas s’enraciner dans nos moeurs politiques.

Gobandy

Like what you see?

Hit the buttons below to follow us, you won't regret it...