Sécurité alimentaire : les prix des céréales continuent de baisser sur un an au Niger

Le dernier Bulletin Hebdomadaire des Céréales du Système d’Informations sur les Marchés Agricoles (SIMA) du 18 novembre 2025 met en évidence une dynamique contrastée sur les marchés du pays. Les prix des céréales locales enregistrent une légère progression, tandis que ceux des céréales importées demeurent parfaitement stables. Cette évolution reflète les ajustements habituels de la demande saisonnière et la bonne disponibilité générale des produits issus de la campagne agricole 2025.
Selon les données collectées, le mil, le sorgho et le maïs connaissent un raffermissement modéré des prix, principalement en raison d’une demande plus soutenue sur plusieurs marchés régionaux. Le mil s’établit à 20 767 FCFA le sac de 100 kg, en hausse de 1 % par rapport à la semaine précédente. Malgré cette évolution, son prix reste nettement inférieur à celui de 2024, avec un recul annuel de 25 %, et demeure lui aussi en dessous de la moyenne quinquennale. Les disparités régionales restent importantes : alors que Dan Issa affiche l’un des prix les plus bas du pays avec 15 000 FCFA, Iférouane atteint 38 000 FCFA, un écart lié aux conditions d’accès, aux coûts logistiques et à la disponibilité locale.
La situation du sorgho suit la même trajectoire. Le prix moyen national passe à 18 403 FCFA pour le sac de 100 kg, soit une hausse d’environ 1 %. Là encore, la tendance annuelle confirme une nette détente, avec une baisse de 30 % en un an et une diminution significative par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les écarts géographiques restent élevés, allant de 11 500 FCFA à Dan Issa à plus de 32 000 FCFA à Arlit, où les contraintes de transport et l’enclavement pèsent fortement sur les prix.
Le marché du maïs se distingue par une accalmie. Le prix moyen national demeure quasiment stable, oscillant autour de 18 577 FCFA. La tendance annuelle confirme toutefois un recul spectaculaire de 31 % par rapport à 2024. Les arrivages réguliers dans les régions agricoles du sud maintiennent des prix particulièrement bas, notamment à Dosso, Maradi et Zinder, où le sac de 100 kg tourne autour de 15 500 FCFA. À l’inverse, Agadez affiche des prix pouvant atteindre 26 000 FCFA, conséquence de coûts logistiques plus élevés.
Le riz importé demeure le produit le plus stable cette semaine. Le sac de 25 kg se maintient à 11 520 FCFA en moyenne nationale, une stabilité quasi parfaite malgré les fluctuations du marché international et les coûts de transport. Par rapport à l’année précédente, son prix chute de 27 %, une baisse liée à la bonne organisation des circuits d’importation, à une concurrence renforcée entre opérateurs privés et à une demande plus modérée, largement absorbée par l’abondance des céréales locales. À Niamey, les prix se situent entre 10 500 et 11 000 FCFA selon les marchés.
De manière générale, le Bulletin confirme une tendance durablement baissière sur les marchés céréaliers du Niger. Comparés à la moyenne quinquennale 2020–2024, les prix du mil, du sorgho, du maïs et du riz importé affichent des reculs allant de 11 à 20 %. Cette évolution favorable repose sur une meilleure gestion des stocks publics et privés, l’amélioration des capacités de conservation et la structuration plus efficace des circuits de distribution.
La semaine 46 se caractérise ainsi par un marché céréalier équilibré, marqué par la stabilité des produits importés et une légère hausse des céréales locales, dans un contexte général d’abondance de l’offre et de bonne performance agricole. Ces tendances contribuent à maintenir l’accessibilité des denrées de base pour les ménages, un enjeu majeur dans la conjoncture économique actuelle.
Aïssa Altiné (Nigerdiaspora)