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Participation politique des femmes au Niger : le paradoxe des partis politique

Cette inéquitable représentation des femmes à l’hémicycle est la résultante d’une combinaison de nombreux facteurs qu’on retrouve à différentes échelles dans les autres espaces (associatif, local etc).

Je ne m’appesantirai pas sur leurs vulnérabilités habituellement mises en exergue (manque d’argent, niveau d’études, charges familiales et reproductives, manque de temps…)

On peut doigter une insuffisance d’alimentation du débat autour de la question. Trop d’illuminés ont des boulevards dégagés et ont réussi à empoisonner l’opinion en soutenant la légitimation des injustices sur la base d’argumentaire nourri de stéréotypes, de fausses interprétations religieuses ou de diverses pressions. On y entend que les femmes n’ont pas le droit d’occuper des postes de responsabilités, voire même de faire de la politique ou « commander » leur propre entreprise…alors qu’en même temps, on encourage aux efforts des femmes dans la production, dans la génération des ressources, dans la mobilisation des électeurs, qui, non plus, ne sont pas des activités reproductives etc. Si la participation de la femme n’était pertinente que dans la cours fermée de sa maison, ou pour les tâches domestiques et de reproduction, que serait le service public ? Si l’accès à tous les services publics (y compris de législature) sont reconnus comme droits (en tant que bénéficiaires et en tant que pratiquants) de tous les citoyens, comment comprendre qu’on en trie et exclue la moitié des citoyens ? Trier et exclure ici s’entend non seulement par les obstacles érigés dans les moments cruciaux comme les élections, les nominations, les affectations, les recrutements, les cooptations, les instants de culte etc mais aussi en amont dans les inégalités de la scolarisation, de l’éducation, de l’accessibilité aux informations, aux opportunités de financement, etc

Ce ne sont pourtant ni les justifications ni les opportunités qui manquent à mes concitoyens pour s’engager, et lutter pour les droits de nos filles, de nos mères, de nos sœurs, de nos femmes. Mieux, on constate même que chacun veut la réussite de sa propre fille pendant que la femme prise en général devient pour beaucoup d’hommes adversaire à écraser.

La plus solide raison pour engager chaque citoyen dans ce combat est le bonheur de contribuer à construire du bonheur d’autrui. Il est tellement plus bénéfique pour soi-même et pour les autres de se démener pour construire du sourire autour de soi que l’on ne peut comprendre la propension à vouloir construire ou renforcer des barrières à l’épanouissement et la participation des autres.

Un autre carburant d’enrôlement pour la cause de la participation des femmes est le potentiel d’impact positif sur la société. En excluant tant de monde dans les réflexions, dans la production, on transfère les charges sur les (hommes qui font) moins de la moitié de l’humanité ; On diminue, au moins de moitié, des sources et des ressources qui auraient bénéficié à tous. Je pense, par exemple, aux carences criardes et conflictogénes dans les réflexions de ces parlements successifs, le plus souvent empêtrés dans leur overdose de testostérone que dans la fertilité intellectuelle attendue par le peuple. Les opinions et sensibilité féminines audibles nous auraient épargné bien des incultes stupidités. Le projet de « loi sur le quota » transmis en son temps au parlement prévoyait 25% de l’un ou l’autre sexe au minimum des postes électifs et 30% aux postes nominatifs. Les députés d’alors auraient jugé bon de ramener ces taux aux hauteurs respectifs de 10 et 25%. Je ne vous répéterai pas les arguments qu’ils auraient enfourchés, ici, par respect. Je me rappelle qu’un représentant d’un gouvernement de la République, pendant une campagne de plaidoyer (du « mouvement social ») pour la cause, nous a demandé si nous pouvions établir la liste des femmes diplômés du Niger, pour prouver notre sérieux et la pertinence de notre lutte…

Le respect de la constitution, le désir du Paradis, le rêve d’une image de grandeur, l’amour du prochain et de Dieu, l’envie de bien vivre, le devoir de défendre le droit humain, sont autant de raison à engager chacun de nous dans l’exigence de l’égalité et de l’équité, tous les jours, en tous nos actes et mots. Chacun, à commencer par les leaders politiques et sociaux, le Président de la République, chaque Ministre, Chaque député, chaque Directeur, chaque père de famille, chaque chef de village, de parti et de famille devrait être prêt à mourir pour défendre le droit de la femme, de la sœur, de la fille à lui ou à autrui, à accéder à la parole, à la décision que lui confère la constitution qui nous régit, à accomplir ses rêves de citoyenne. Quand la réussite de la femme est construite dans le dialogue, l’homme est le premier à en bénéficier, la société toute entière n’en fera que mieux se porter.

#Iyo

NIANDOU Ibrahim
Directeur Cabinet GREEF
Groupe de Recherches, d'Etudes et de Formation
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20 novembre 2018
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