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Contribution à la connaissance du Zarmataray : grandes dates de l’histoire précoloniale (1000–1900)

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Contribution à la connaissance du Zarmataray : QUELQUES GRANDES DATES DE L’HISTOIRE DU ZARMATARAY PRECOLONIAL An 1000 à 1900

Il est historiquement établi que les ancêtres des populations zarma qui vivent actuellement dans l’Ouest du Niger sont des Zaberi- benda (descendants du Grand Za), plus précisément le 26ème roi de la dynastie des Za ayant régné pendant plusieurs siècles à Koukia, la première capitale de l’empire songhay . Suite à la chute de la dynastie des Za, mais aussi à de nombreux évènements climatiques, sociopolitiques, des Zaberi-benda émigrèrent, les uns, vers l’Azawak et l’Anzourou, les autres, dans le Dirma (région du Lac Débo) où un Dirmakoye est régulièrement nommé comme gouverneur par les Sonni, puis, les Askia de Gao.

Un groupe dirigé par Mali- Béro s’orieenta vers les régions qui vont s’appeler, plus tard, « Zarmaganda » et « Zarmatarey ». Ils y trouvent sur place d’autres groupes zarma-songhay (venus avant eux où qui y ont toujours vécu). Il s’agit des Gollé, Kallé, Wazi, Sabiri, Lafar, Ki, etc.

• Vers 1600 : Règne probable du Grand Tagour Gana, un descendant de Mali Béro qui arrive à rassembler les différents groupes zarma dans un seul royaume au sein d’un pouvoir central.

• 1640 : Boubou Hama et plusieurs autres sources mentionnent l’intervention salutaire d’une armée zarma aux côtés des Songhay pour repousser les Marocains.

• 1650-1700 : trois descendants de Tagour, Boukar, Bassansoua (Boukar lolo) et Duramen Goumbi, se succèdent à Kobi et à Goudel comme 2ème, 3ème, 4ème et 5ème Zarmakoye ; création de d’autres principautés zarma indépendantes du pouvoir de Kobi (Simiri, Tondikandia Tondikiwindi) par des descendants de Mali Béro (Sambo et Kandi).

• 18ème siècle : « schisme » au sein des successeurs de Tagour Gana départs des princes Zabéri Banda vers la région du fleuve, le Boboye et les plateaux du Fakara ; création de principautés historiques par des princes héritiers de Tagour et Mali Béro : Kiota, Kouré (branche namari), Saga, Liboré, N’Dounga Hamdallahi (branche Kogori), Dantchandou (branche fameî)

• Vers 1700 : Arrivée probable de Garanké Badaou à l’emplacement actuelle de la ville de Dosso où il fut accueilli par le clan Sabiri. C’est le Zarmakoye Garanké qui va transférer la capitale du royaume de Goudel à Dosso où se trouvait déjà (depuis au moins trois générations) la communauté zarma des Sabiri (des Zaberi-banda également) ayant à leur tête le patriarche Fodé Bombéri.

• Vers 1750 : Dans le Zigui, à Dosso, querelle (taille de police) dynastique au sein des princes héritiers des Zarmakoye Sodiel Goumba et Abdou Oudounkounkou. Un prince mécontent s’installe à Inguidé. Pourchassé par le pouvoir central, il s’exile avec ses partisans et crée la principauté historique de Kirtachi (issa me).

• A partir de 1804 : L’avènement du Djihad d’Ousmane Dan Fodio crée un clivage idéologique et stratégique entre les principautés zarma de l’Ouest (fidèles du pouvoir de Sokoto) et les principautés zarma de l’Est, alliées du Kabi. Dans le Fakara, le Boboye et le Zigui, Boubakar Louloudjé, fondateur de l’Emirat Peul à Birni Gaouré, est nommé par Sokoto « Lamido Zarma ».

• 1831-1855 : période de domination du pouvoir de Sokoto sur tout le Zarmataray.

• 1854-55 : passage de l’explorateur Henri Barth dans le Zarmataray où de passage à Tamkalla (Boboye), il constata la domination politique du Lamido Aboulhassane sur le Zarmataray et l et la prééminence religieuse et de N’Dounga sur les autres principautés zarma du fleuve.

• 1849-1866 : Guerre de libération du Zarmataray de l’Est (Sokorbé, Koygolo, Dosso, Kiota), du joug de Sokoto au cours des Batailles victorieuses de Gouroubankasam (1864), Dosso (1855), Tamkalla (1856 et 1862) et Kollo (1866). Les combats furent dirigées par des chefs de guerres célèbres : Daoudou Bougaram (Dosso), Hama Fandou (Kiota), Issa Korombé (Koygolo) aidé par les l chefs de guerres des armées du Kabi, de l’Arewa et de Yélou.

• Vers 1870 : Avènement des Wangari zarma qui s’expatrient pour monnayer leur bravoure au Nord du Bénin, en pays Gourounsi, et au Nord du Ghana. Les Wangari célèbres les plus cités ont pour noms, Alfa Hanno, Gazari et Babatou. Il s’agit, généralement, des chefs de guerre zarma Kogori originaires de N’Dounga). Parmi ceux installés au Nord du Bénin et au Nord du Togo, Yves Person cite Mayaki Mongoro, un infirme très célèbre et réputé invincible qui serait originaire de Hamdallahi. Il eut un successeur du nom de Mayaki Mali, fils de Souley, originaire de Kiota qui serait arrivé à Kandi aux environs de 1875 tout jeune.

• Pourquoi les guerriers zarma ont-ils pu facilement s’implanter dans ces régions ? L’explication donnée par Yves Person est la suivante : « La supériorité militaire des Zarma tenait à cette époque à deux choses : le cheval et le fusil. Un mercenaire zarma venait avec une monture de bon aloi acheté en pays haoussa ; la supériorité était flagrante. A la différence du Bariba, l’équipement du Zarma comportait toujours un fusil. Il ne s’agit pas d’un fusil de type européen importé par la côte, mais, d’un fusil à pierre fabriqué sur place. Dans ce domaine, les Zarma avaient un demi-siècle d’avance sur les Bariba ; et ce fut très décisif ».

• 1870 : Grande famine dénommée Gassou Bargou (la famine des calebasses). La plus grande connue de mémoire des Zarma. En absence du grains, les calebasses vides servirent de nourriture.

1891-1992 : Grandes épizooties bovines. Dans le Zarmataray, les archives coloniales font état de la disparition de 90% du Cheptel bovin.

• 1891 : Passage de la Mission Monteil dans le Zarmatarey, à Dosso, où elle sollicita la signature d’un traité protectorat au nom de la France par le Zarmakoye Alpha Atta (1892-1896). Celui-ci lui indiqua qu’il ne pouvait pas signer un traité sans l’assentiment du Kabi. Ce refus dénote, pour les uns, l’importance de l’alliance entre Kabi et Dosso, pour les autres, la preuve d’une forme de suzeraineté de Kabi sur les principautés historiques zarma de l’Est, au sein desquelles Dosso était (de sources concordantes) le chef de file.

• 1894-1996 : Tentative d’occupation du Zarmatarey par les Foutanké (l’ancien roi du Ségou, Chékou Ahmadou - fils d’El hadj Omaret Albouy N’Diaye, l’ancien roi du Djolof, soutenus par Bayéro Aboulhassane).

• 1896 : Grande Bataille de Boumba qui impliqua tout le Zarmataray. La bataille considérée comme la plus grande bataille du siècle, occasionna plusieurs milliers de morts. Le célèbre Wangari zarma Issa Korombé de Koygolo, le Zarmakoye Alpha Atta de Dosso, de nombreux princes et vaillants Wangari du Na mari et Kogori y trouvèrent la mort.

• 1898 : Pénétration des troupes françaises danse le Zarmataray, par Say et Dosso.

• 1900 : occupation de l’ensemble du Zarmataray par les troupes de conquête françaises ; premières résistances armées au pays zarma-songhay, à partir de 1898 à 1902, en pays goubé-zarma, populations de Loga et Sargadji, et en 1905, à Kobé titanda, conduites par le marabout aveugle, Alpha Saibou, originaire de Tidirka (Dosso).

• 1898 : Passage des premiers Européens à Niamey.

• 1899 : Passage de la mission Voulet-Chanoine que les populations de Niamey appellent "Sar- Sar" à cause des nombreux crimes, dégâts et exactions occasionnés. Les femmes et les enfants ont été cachés sur la rive droite.

1900 -1902 : Grande famine que les Zarma –songhay appellent « Ize-neer ».

Source : SEEDA – Mensuel nigérien d’informations générales, “Le témoin de notre temps”.