Souveraineté politique : aux peuples africains de légitimer leurs dirigeants
La communauté internationale a un formidable talent, celui de considérer que le monde a confié ad vitam aeternam aux dirigeants et/ou aux élites d’un pays ou d’un groupe de pays — le plus souvent occidentaux — le monopole de légitimer ou non le dirigeant que se donne un autre — le plus souvent africain.Mon opinion est que, dans les relations interpays, il ne revient ni aux chefs d'État et de gouvernement ni aux élites politico-médiatiques d’autres pays de légitimer ou de choisir quel est le bon dirigeant pour un État souverain, quelle que soit son hyper ou sa nano puissance économique et/ou militaire.
Certes, être reconnu par les leaders mondiaux et participer à des événements internationaux prestigieux peut renforcer l’image et la confiance dans un leader national voire lui permettre d’obtenir des avantages tels que des partenariats économiques, des opportunités diplomatiques.
Cependant, cela ne signifie pas qu’un dirigeant doive négliger l'opinion et la satisfaction de ses concitoyens. Un chef d'État ou de gouvernement doit trouver un équilibre entre la prise en compte des besoins et des désirs de sa population et la gestion des intérêts de son pays sur la scène internationale.
Clairement, un dirigeant responsable sait que la véritable renommée réside dans le respect national, car c'est en répondant aux besoins et aux aspirations de son peuple qu'il construit une nation forte et prospère. La satisfaction des concitoyens est importante pour maintenir la stabilité sociale et le soutien politique à l'intérieur du pays, ce qui peut finalement contribuer à une meilleure position et une meilleure renommée internationales.
Cela dit, il nous faut, dans tous les cas, prendre garde au double langage et aux promesses non tenues, le plus souvent, du fait que le leader a confié des choses essentielles à des gens qui n’en font pas leur priorité personnelle.
Il n’y a pas de doute, les choses importantes doivent être clairement décidées par le chef mais il faut qu'il s'en occupe aussi !
En effet, la grandeur d’un dirigeant, c'est aussi bien de tracer les lignes et les perspectives, donner les orientations que de vérifier que ce qu'il a décidé est bien mis en œuvre, donc, de s'assurer qu'on n'est pas simplement dans des effets d'annonce mais dans une obligation de résultat, que les directives sont bien appliquées sur le terrain par ceux auxquels elles sont données.
Parce que, à la tête d’une entreprise comme d’un État, si vous confiez les choses précieuses à des étages subalternes qui considèrent que ce ne sont pas des choses nobles, eh bien, croyez-moi, ça ne va pas le faire !
Hamma Hamadou
Hamma Hamadou

