Chemin de fer au Niger : A Bolloré ses milliards, à Issoufou ses barres de fer, aux nigériens un pays sucé jusqu’au sang

Le 07 juillet 2019, le Niger a accueilli le Sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) sur la Zone de libreéchange continentale africaine(ZLECAF). Pour rendre la capitale plus accueillante, Mahamadou décidé de construire une voie dite « Express »sur le Boulevard va de l’Aéroport international Diori Hamani au Grand Marché. Mais, sur le tronçon Hippodrome- Aéroport, se trouvent les fameuses barres de fer de son ami breton, Bolloré. Que faire ? Il fallait déclasser ces maudites barres de fer qui, depuis qu’elles ont été posées, rendent la circulation compliquée et provoquent régulièrement des accidents. C’est ainsi qu’un appel d’offres a été lancé et le marché, de trois (3) milliards, est attribué à une société de droit tchadien. Mais, à la surprise générale, les barres de fer n’ont pas été déclassées. Au contraire, elles sont, jusqu’ici, à leur place, rendantinesthétique la voie Express, que d’ailleurs les délégations étrangères de haut niveau ont refusé de suivre, lors dudit Sommet, à partir du Rond-point 6ème. Selon des sources bien informées, Bolloré aurait opposé son veto contre le déclassement de ses barres de fer, parce qu’il y a encore un contentieux entre le Niger et Bolloré Logistics. En fait, le Niger doit beaucoup d’argent à Bolloré, et pas seulement à Bolloré. C’est ce qui fait dire à beaucoup d’observateurs que la ‘Boucle ferroviaire’ est l’un des crimes économiques les plus odieux commis par le régime de Mahamadou Issoufou. De ce projet, Bolloré s’est retrouvé avec des milliards, de centaines de milliards, et Mahamadou Issoufou avec son projet de chemin de fer dans le bilan de son premier quinquennat pour préparer le hold-up de 2016. La Boucle ferroviaire est ressassée à longueur de journée comme réalisation de Mahamadou Issoufou par ses partisans. Quelle foutaise et quel mépris pour les nigériens. Ceux-ci se sont retrouvés, quant à eux, surchargé de dettes pour un « cheval blanc », un chemin de fer qui n’a servi à rien en dehors du fait d’avoir saigné l’économie nigérienne. Les wagons et la locomotive du fameux train sont bien visibles à la Blue Zone, stationnés depuis la seule fois où ils ont été transportés à Dosso pour satisfaire l’ego de Mahamadou Issoufou. Les barres de fer sont également visibles tout le long de la route Niamey- Dosso, éventrant des villages et des champs. En vérité, le projet de chemin de fer qui aurait été réchauffé par Mahamadou Issoufou, uniquement pour des raisons électoralistes et de rétro-commissions (sinon à quoi d’autre a-t-il servi ?), a fini par plonger le Niger dans des contentieux onéreux et interminables. Pourtant, dès le départ, ceux qui s’y connaissaient ont boudé le projet puisque mal ficelé, sans étude de faisabilité, et dans une absence totale de respect des normes techniques notamment l’écartement. Et, voilà qu’aussitôt que le projet a été confié à Bolloré, Africa Rail qui revendique « la paternité et les droits sur ce chantier, a porté plainte pour trainer le Niger et le Bénin devant les tribunaux pour rupture illégale de contrat. C’est ce que du reste nous apprend La Lettre du Continent, dans son numéro 780 du 4 juillet 2018. La Lettre du Continent révèle que Michel Bosio, président de la société Africa Rail, réclame aux deux pays 450 millions d’euros, en guise de réparation au préjudice « à la suite de la réattribution » par les deux pays du projet au groupe Bolloré. A ce premier contentieux, s’ajoutera un second, plus pernicieux et plus couteux, intenté par l’ami breton, Vincent Bolloré. Celui-ci réclame à son tour trois (3) milliards d’euros aux deux Etats pour avoir été à son tour évincé du dossier, en « échange de son retrait effectif ». C’est pourquoi le journal estime que le Rail de Bolloré est devenu la « Boucle ferroviaire qui étrangle Issoufou ». En vérité, la boucle ferroviaire étrangle tout le Niger.Malheureusement, toute la gouvernance de Mahamadou Issoufou est jalonnée de ce genre de dossiers sur fond de scandales politico financiers. Comme les prêts Eximbank et congolais, l’affaire Africard, l’Uraniumgate, le don de riz pakistanais dit Basmati, le scandale du ministère de la défense, la gestion du pétrole nigérien, etc. Dans ces affaires, les unes plus criminelles que les autres, des nigériens, fonctionnaires de l’Etat et hommes d’affaires tous proches du pouvoir, civils et militaires, ont mis en péril les intérêts stratégiques de notre pays pour leurs seuls intérêts personnels mesquins. Voilà de quelle manière le Niger a été appauvri et les nigériens paupérisés. Par une clique. Mais, les auteurs rendront tôt ou tard compte. Et le plus tôt sera le mieux pour eux.

Bisso

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