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15 avril, faut-il en pleurer ?

 

ImageAux tortures du RDA va succéder une implacable dictature des vareuses. Le nouvel homme fort du régime Seyni Kountché conduira sa politique d’une main de fer. Pour les Nigériens essoufflés par la famine et les criminalités Sawaba-RDA c’était une oeuvre de salut national, une bouffée d’oxygène surtout avec les déclarations nationalistes des nouveaux maîtres du Niger et les distributions gratuites des vivres qui s’en sont suivies. Comme il fallait s’y attendre, les rivalités entre individus et les convoitises humaines créeront des suspicions au sein du CMS et radicaliseront le Lt Colonel Kountché qui voit désormais le complot partout. L’équipe du CMS se réduit au fil de temps avec ses complots et ses tentatives de coup d’Etat. L’entrée dans la danse d’acteurs civils comme Amadou Oumarou dit Bonkano fera le reste.

Bonkano prétendu comme étant le Guru du chef de l’Etat et bien d’autres bandits d’Etat constitueront le groupe de malfaiteurs et finiront par faire de Seyni Kountché, le magicien qui a l’oeil partout, une sorte d’omniscient. La moindre contestation était réprimée et perçue comme un acte de haute trahison. L’homme que certains Nigériens ont appelé ironiquement Chaka Zulu en fonction sans doute de sa rigueur et de son attachement au pouvoir absolu, s’il a terrorisé les Nigériens, n’a tout de même pas démérité au regard de ce que vivent aujourd’hui les Nigériens. Même si, sous son règne les quelques unités industrielles héritées du RDA n’ont pas survécu l’homme a su faire du Niger un pays qui se respecte.

Il est vrai, les contextes sont différents puisque Seyni Kountché a bénéficié du boom de l’uranium mais l’existence de la seule manne uranifère n’a pas été sa seule force. Il était visionnaire et aimait son pays. La santé et l’éducation, il en a fait son cheval de bataille, du monde rural sa préoccupation principale. Il a banni ou minimisé l’affairisme et la corruption .Il était respecté et craint aussi bien au Niger que sur l’échiquier international. Il refusait le diktat des partenaires. Les Nigériens le pleurent aujourd’hui non parce qu’ils veulent revivre la dictature mais plutôt parce que le Niger est devenu la risée du monde avec ses détournements et la perte de la morale.

Trente cinq ans après le coup d’Etat et vingt ans après la mort du maître d’oeuvre, le 15 avril célébré en grandes pompes passe aujourd’hui sous silence, sous l’oeil médusé des survivants du CMS. Chéffou Ligari

Chéffou Ligari

 

16 Avril 2007

Publié le 08 Avril 2007

Source: Le Canard Déchaîné

 

 

 

 

 

 

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