| Opération d’achat et de vente de céréales : une affaire en or pour les spéculateurs |
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| Politique |
| Samedi 06 Février 2010 20:46 |
Dans le cadre de l’opération de rachat du mil auprès des producteurs, par le gouvernement, 1 milliard de francs ont officiellement été affectés à la région de Maradi. L’Office des Produits Vivriers du Niger, agence de Maradi a démarré depuis le 25 janvier dernier, l’achat de 5000 tonnes de mil et de sorgho à la population rurale, opération lancée à Aguié par les autorités administratives.
L’OPVN rachète le sac de 100 kg à 20 000 f CFA, à tout celui qui se présentera à son siège. Cette opération qui n’est pas la première, car on se rappelle de l’achat du niébé l’année dernière, se veut un moyen de permettre aux agriculteurs de vendre leurs produits à un prix raisonnable et d’augmenter leur pouvoir d’achat, contrairement aux prix proposés par les commerçants. Initiative louable. Cependant, il est à se demander si l’OPVN, ou même l’État a les moyens de s’assurer, si la population cible est réellement celle qui va bénéficier de cette manne financière injectée. Interrogation d’autant plus légitime que, dans la pratique spéculative, ce sont les mêmes commerçants véreux qui ratissent les villages pour payer les produits céréaliers à des prix dérisoires aux agriculteurs, et de les revendre un peu plus tard, quand les prix se feront plus intéressants. Toutes les dispositions sont-elles prises, pour ne pas voir le même scénario de la vente du niébé, soldé par un fiasco total, ne soit répété.
Simultanément à cette opération, se déroule une autre, celle de la vente à prix modéré de deux produits prisés à Maradi. Le riz qui est aujourd’hui inaccessible aux personnes à faible revenu, est vendu à 17.000 FCFA. Le sac du maïs peut s’acheter sur place, à 17.500 F CFA. Cette opération vise à mettre à la disposition des populations les plus nécessiteuses, des produits à moindre frais, mais aussi à lutter contre une inflation des prix sur le marché. C’est tout de même la première fois qu’une telle opération a lieu à cette période de l’année, ce qui semble donné raison à ceux qui annoncent qu’une crise, à l’image de celle de 2005, est imminente cette année. S’il faut saluer l’esprit de l’opération qui, du reste, va permettre aux chefs de famille de joindre les deux bouts, il est à craindre, que ce à quoi on a assisté lors des opérations du mois de Ramadan des deux dernières années, ne se répète. De nombreux nécessiteux n’ont pas pu être servis à cause de la défaillance du système de vente mis en place à l’époque. Toutes ces deux opérations, on le voit, s’annoncent être une belle affaire, plus pour les spéculateurs, que pour les vrais consommateurs. Le système ne permet aucun contrôle ni vérification de la destination final du produit. Les méthodes pour contourner le semblant de dispositif, sont nombreuses et ont déjà été expérimentées de par le passé. Puisque, au Niger, on ne tire pas les leçons des échecs que l’on enregistre, c’est extrêmement facile, cette fois encore pour les spéculateurs, de se faire quelques bonnes affaires, pour environ 1milliard de francs, rien que dans la région de Maradi. Mohamed Mamane |





















