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Lutte traditionnelle : Le sport roi en difficulté

Lutte traditionelle NigerA son élection, le 31 octobre 2015, Aboubacar Ganda Seydou à la tête de la Fédération nigérienne de luttes (FENILUTTE) pour une seconde expérience au sortir de l'Assemblée générale élective de Maradi, le nouveau patron de la lutte traditionnelle nigérienne annonçait, devant l'opinion nationale et internationale, être porteur d'innovations, de changements, de bons festons et de crédibilité. Seulement 20 mois après le constat est Amer : pas de grandes compétitions et les quelques rares tournois organisés ont vu les lutteurs participants manifester leur mécontentement vis-à-vis de leurs conditions d'hébergement mais aussi et surtout des prix et récompenses. La gestion de la fédération est décriée à l'interne. La preuve a été donnée à la 38e édition du Sabre National Tahoua 2017 ou le Secrétaire général et le Trésorier général ont été suspendus, la veille du début des combats, pour avoir juste exigé de la transparence dans la gestion de la FENILUTTES. Le droit de réponse du président depuis Tahoua n'a visiblement pas convaincu lesamoureux du sport roi du Niger qui attendaient avec impatience les preuves des accusations des détournements annoncés à l'encontre des deux membres suspendus après la Réunion du comité directeur qui s'est déroulée tard dans la nuit du 25 décembre 2016 et qui a décidé de la suspension de l'administrateur et du financier de la FENILUTTES.

Toutefois, la crédibilité dont est porteur Abouba Ganda reste encore aujourd'hui d'actualité car au dernier TOLAC de Dosso le Niger a subi sa mauvaise prestation avec une médaille d'argent en équipe et une autre médaille d'argent en individuel remportée par le lutteur Mansour Issa de Diffa alors que par le passé notre pays avait toujours remporté au moins une médaille d'or. Tout ceci est le Fruit d'une mauvaise préparation de l'équipe nationale de lutte et le marque de volonté manifeste des membres de cette fédération. Toujours par rapport à cette compétition cette année aucun effort n'a été fourni par la Fédération nigérienne de luttes, encore moins par le ministère de tutelle, pour bien préparer l'équipe pour le TOLAC de Dakar prévu du 11 au 14 mai 2017 au Sénégal. À moins de deux semaines de cette compétition l'équipe n'est toujours pas mise au vert. On apprend aux dernières nouvelles que 5 lutteurs seulement ont été convoques pour prendre part à la compétition au lieu de 10 lutteurs pour stimuler la concurrence au sein des lutteurs dans les 5 catégories retenues. Il s'agit de Almy Yaou d'Agadez dans la catégorie de 65kg, de Mansour Issa (75 kg), du champion National Yahaya Kaka (85kg), de Tassiou Sani de Zinder (100 kg) et du vice-champion national 2016 Adamou Abdou catégorie de plus de 100 kg. Pourtant, dans un passé récent, entre 2011 et 2015 précisément, au temps de Abdoulaye Assane dit Abdou Sida l'équipe nationale de lutte est mise au vert au moins un mois avant le début du TOLAC. La préparation de l'équipe est souvent préfinancée par la FENILUTTES avant une réaction de l'État. Et les résultats ont toujours suivis. Sauf que cette fois-ci rien n'a été entrepris pour rendre l'équipe performante afin de faire face aux redoutables adversaires du Sénégal, du Nigeria et de la Gambie qui semblent tenir tête haute au Niger. Aucune annonce n'a été faite officiellement concernant cette compétition, mais une Assemblée générale ordinaire est prévue le 06 mai prochain a Tahoua avec comme points inscrits à l'ordre du jour la révision des Statuts et règlement intérieur mais aussi le cas des deux membres suspendus. Pour l'instant, rien par rapport au TOLAC de Dakar, rien aussi par rapport aux promesses de compétition et d'animation chaque mois de nos arènes de lutte, pas non plus, d'innovations. En lieu et place, l'on remarque de l'amateurisme dans la gestion de la FENILUTTES, un manque criard d'initiatives des dirigeants mais aussi, et surtout, l'absence de transparence vis-à-vis des districts de lutteurs, des ligues régionales, animateurs de la lutte traditionnelle nigérienne qui ont porté leur choix sur Abouba Ganda et son équipe. Si réellement ils ont même voté pour ce changement ou tout simplement s'ils ont été trompé ? L'avenir nous donnera les réponses.

Par Abdoul-aziz Mahamadou.

12 mai 2017
Source : L'Eclosion

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