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vendredi, 23 décembre 2016 06:03

La lutte traditionnelle au Niger : D’hier à aujourd’hui

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Lutte Diffa 5C’est dimanche prochain que s’ouvre dans la capitale de l’Ader la 38ème édition du Sabre National de lutte traditionnelle. C’est la sixième fois que la ville de Tahoua accueille cet événement, après 1975 qui a vu le sacre de Kantou de Maradi en finale devant Bawa Doutchi ; 1982 avec la victoire finale de Langa-Langa de Zinder devant Kassou Kazouga de Tahoua ; 1992, Labo Maïkafo de Maradi remporte le sabre devant Balla Harouna de Zinder; 1998 avec la victoire de Mahamadou Idi alias Commando de Tahoua devant Badamassi Alassane de Zinder; et en 2009 qui a consacré la victoire de Laminou Maïdaba d’Agadez devant Harouna Abdou de Tahoua dans l’arène Hamidine Maïdaré pleine comme un œuf.

En rappel, il y a une année de cela, exactement en …… 2015, les quatre-vingt lutteurs sélectionnés des huit régions du pays s’étaient donné rendez-vous dans la cité des Zarmakoye. A l’issue des différentes confrontations, c’est Issaka Issaka de Dosso qui avait remporté le sabre devant Abdou Adamou de Niamey.

Chaque année, l’enthousiasme et l’engouement que suscite cet événement ne font que croître, preuve que ce sport - frappé du label de ‘’Sport Roi’’ au Niger - compte des millions d’admirateurs. Mais, il aura fallu beaucoup de temps pour que ce sport, qui tire toute sa popularité des valeurs de fraternité et de solidarité qu’il incarne, soit hissé sur la scène nationale et internationale. Car, il faut bien le noter, au Niger, la lutte traditionnelle fait partie des valeurs ancestrales les plus profondes. En effet, la plupart des communautés de l’espace nigérien de l’époque pré-coloniale connaissaient la pratique ludique de la lutte avec des variantes en fonction des régions.

Les rencontres, qui opposaient les jeunes des quartiers et des villages, se déroulaient sur la place publique ou devant la cour du chef, sous la supervision des responsables de la jeunesse (Maï samari), des commerçants jouant le rôle de managers pour les lutteurs. Le calendrier des rencontres est établi suivant le cycle des moissons ou de la transhumance. A l’issue des combats, un ‘’roi’’ ou le champion de la région est désigné. Quand la renommée d’un lutteur dépasse les limites de sa contrée, des tournées sont entreprises pour lui rendre visite, le vaincre ou se faire battre dans une atmosphère de joie et de gaieté.

Selon le directeur technique national de la Fédération Nigérienne des Luttes, M. Malam Barka Akoda, auteur d’une étude sur la question, les pouvoirs nationaux issus de l’indépendance dans les années 1960 se sont très peu intéressés au développement des pratiques sportives traditionnelles, les reléguant, comme leurs prédécesseurs, aux oubliettes. Il aura fallu la dernière édition de la semaine de la jeunesse, en 1973, pour que la lutte fasse partie du programme de cette grande manifestation nationale.

Il faut dire que la lutte a connu son envol au Niger à partir de 1975, lorsque le Gouvernement de l’époque, sous la férule du Conseil Militaire Suprême (CMS), a inséré dans son programme l’organisation successive, dans chaque chef-lieu de département, d’un championnat de lutte traditionnelle. L’objectif recherché par les gouvernants de l’époque était d’abord le renforcement de l’identité et de l’unité nationales, et ensuite la cohésion sociale et la mise en place d’infrastructures destinées à la lutte.

Pour atteindre ces objectifs, les autorités ont entamé une réforme et la mise en place des instances pouvant prendre, en concert avec le ministère, l’organisation de ces championnats. C’est ainsi qu’une association des lutteurs vit le jour par ordonnance présidentielle N° 7511/PCMS du 13 mars 1975. Cet acte confirme la vision du régime qui veut que la lutte traditionnelle soit un facteur d’unité nationale et de l’affirmation de l’identité culturelle des Nigériens. Elle est devenue une grande manifestation culturelle et sportive qui mobilise tout le pays : les pouvoirs publics, les lutteurs, les différents animateurs, les techniciens, les spectateurs, les auditeurs, les téléspectateurs, les sponsors. Chacune de ces composantes joue un rôle précis et complémentaire.

Oumarou Moussa(onep)

23 décembre 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 23 décembre 2016 06:09