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Agadez : Recrudescence des attaques sur les axes routiers

Agadez Insecurite RouteL’insécurité résiduelle fait parler d’elle ces derniers jours dans la région d’Agadez à travers plusieurs attaques à mains armées signalées sur les différents axes routiers où des bandits attaquent et rançonnent de paisibles citoyens. Il s’agit des orpailleurs qui reviennent du site de Tchibarakatène, département d’Iferouāne, Tabelot, département Tchirozerine, axe Dirkou-Agadez, Agadez-Arlit, Agadez-Tahoua, ou sur les axes des marchés hebdomadaires et même à la périphérie de la commune d’Agadez.
La peur au ventre
Depuis le réveil de ces coupeurs de route, les usagers qui fréquentent ces différents axes pour leurs affaires ont la peur au ventre.  Malam  Lawaly  a l’habitude de faire le tour des marchés hebdomadaires  de certaines communes comme Dabaga et Tabelot. La semaine passée,  dit-il,  deux bandits armés nous ont attaqués  vers Tourayat,  à 80 km d’Agadez. Ils nous ont dépouillés de tous nos biens et ont molesté ceux qui ont résisté. Ils sont deux seulement mais comme ils sont armés, on est faible face à eux, ajoute ce commerçant, ils ont pris tout leur temps et sont partis avec une somme énorme,  nous confie cet homme,  qui dit avoir peur de retourner au prochain marché.
La même semaine deux autres bandits armés ont attaqué le site de traitement de l’or de Tabelot, blessant un policier municipal avant de prendre la fuite, et selon nos informations, ces mêmes coupeurs de route ont rançonné de pauvres  jardiniers qui ont écoulé leurs produits sur les marchés d’Agadez.


Au village d’Aoudarass,  dans la commune de Dabaga, c’est une troupe de Théâtre de la commune de Timia qui a été attaquée. Les individus  en armes au nombre de quatre sur des motos  nous ont arraché une somme de 2.300.000 FCFA et certains objets de valeur, confie le chef de la troupe Ghissa au journal LA NATION. Arrivés à Agadez nous avons informé la brigade de gendarmerie,  dit-il et puis j’ai fait une déclaration à la banque, parmi mes effets emportés j’ai un chéquier. L’heure est grave selon ce chef de troupe théâtrale et animateur à la radio communautaire de Timia, en précisant que juste avant eux, deux autres bandits ont frappé des villageois à Elmiki toujours dans la commune de Dabaga ; à 10 km de là un jeune homme s’est vu arracher sa moto HONDA.
KHAMID, lui, a été attaqué avec d’autres camarades sur l’axe Tahoua de retour du marché hebdomadaire d’Amataltal,  dans la commune d’Ingal. C’était au crépuscule, nous dit ce jeune revendeur, trois hommes armés nous ont coupé la route. Ils n’ont pas tabassé les gens mais nous ont pris de l’argent, des appareils de téléphone et tout ce qu’ils considèrent comme objets de valeur. Et le même jour un véhicule de transport a échappé à d’autres bandits sur cet axe, le véhicule allait sur Ingal, plus de peur que de mal selon un passager que nous avons contacté.
Sur l’axe Tchirozérine - Arlit, il est imprudent de rouler à des heures tardives, déclare un habitué de cet axe, la route dite RTA  est mauvaise et on est obligé de fréquenter les pistes rurales ; les coupeurs de routes sont très présents sur ces pistes. Il ne se passe pas un jour sans qu’on nous parle de motos arrachées ou des usagers rançonnés, ajoute un habitant de Tchirozerine.
L’Etat doit augmenter de vigilance et nous aussi population on doit collaborer pour dénoncer tout individu suspect ajoute t-il en crachant par terre.
La commune d’Agadez n’est pas aussi épargnée. A plusieurs reprises ces derniers jours des individus armés ont arraché des motos ou braqué leurs armes sur des usagers à la périphérie de la ville, à l’exemple de deux jeunes qui revenaient d’un village situé à 14 km de la ville tombés dans le filet des bandits surnommés par une radio locale « MANIGHISS » les « je m’en fou » car ils ne font aucune différence et n’hésitent  même pas à rançonner les plus petits, les vieux et femmes.

Des axes à hauts risques
Ce sont les axes Dirkou -Agadez que fréquentent  les opérateurs qui font le transit  des véhicules d’occasion de la Libye, l’axe Tabelot -Agadez  et Tchibarakatène -Iferouāne fréquentés par les orpailleurs où des individus mieux équipés, lourdement armés sur des véhicules 4/4 font leur loi.  Nous roulons à risques, confie Almoustapha,  qui est revenu du site aurifère de Tchibarakatène il y a trois jours. Plusieurs attaques ont étés enregistrées  ces derniers mois à quelques encablures d’Iférouane où des individus à véhicules 4/4 et avec des armes ont mené de  grandes opérations, faisant des victimes ajoute un autre orpailleur. Almoustapha parle de morts sur cet axe, ces des hommes sans foi, ils prennent l’or, l’argent, les véhicules en bon état et parfois ils brûlent les véhicules. Karzo,  un ex combattant et orpailleur aujourd’hui propose la création de comités d’auto défense. Notre région est vaste, les FDS à eux seuls ne peuvent pas sécuriser cet immense  territoire avant d’ajouter en chiquant son tabac. On ne va pas quand même rester les bras croisés et laisser des hommes comme nous, arracher nos biens après un dur labeur sur le site de Tchibaratène. Un autre de retour de Tabelot, retirant son turban comme pour cacher sa honte ajoute, j’ai passé plus de huit mois à creuser et comme s’ils ont des complices, ces vauriens  nous ont coupé la route à quelques km d’Agadez. Impuissants face à leurs armes,  ils sont partis avec les quelques grammes d’or que j’ai eus. Je suis rentré chez moi les bras vides, je n’ai jamais imaginé  une seule fois qu’un homme peut m’arracher en quelques minutes tout ce que j’ai eu à la sueur de mon front.  Ces orpailleurs disent être incapables d’estimer la valeur en francs CFA de l’or que les bandits ont arraché aux paisibles citoyens depuis la reprise de ces attaques. ALKA qui écoute l’entretien à côté,  participe sans qu’on lui demande son point de vue en ces termes : « dites à l’Etat de reprendre les ex combattants du MNJ pour l’aider à assurer la sécurité dans ce grand Nord riche en or ».

Les opérateurs économiques qui font le transit des véhicules d’occasion de la Libye souhaitent  la mise en place d’une escorte sur l’axe Dirkou-Agadez.  Abari  et son ami souleymane sont victimes de ces coupeurs de route. Ils nous ont intercepté avant Tourayat, ont arraché un véhicule de marque TUNDRA que nous avons négocié à Sebha avec un ami, nous confient, ces jeunes reconvertis au transit  depuis la fermeture du site d’or de Djado. Sur le même axe Dirkou-Agadez, il y a deux semaines,  selon nos informations, des individus armés ont attaqué un convoi de véhicules qui a quitté  Agadez. Deux véhicules arrachés  et une importante somme d’argent emportée.

Il faut que l’Etat prenne toutes ses responsabilités pour assurer la sécurité des personnes et leurs biens,  affirme un acteur de la société civile qui déclare être saisi à plusieurs reprises par des jeunes qui fréquentent  l’axe Dirkou. « Nous avons dénoncé  et condamné  ces actes barbares qui portent atteinte à l’intégrité de ces braves operateurs économiques et usager qui circulent dans  cette mer de sable pour trouver de quoi nourrir leurs familles et nous espérons que notre appel sera entendu au plus haut niveau,  dit il,  au journal LA NATION.

Des actes isolés
Une source sécuritaire que nous avons contactée,  reconnaît la reprise de cette recrudescence sur les différents axes routiers mais la qualifiant d’actes isolés menés par quelques individus habitués au gain facile. Les forces de défense et de sécurité font leur possible à travers des patrouilles mais on ne peut pas contrôler tout au même moment,  ajoute la source. Ces derniers jours certains de ces malfrats ont été neutralisés et d’autres mis hors d’état de nuire ; des armes en circulations ont été saisies et la situation n’est pas si dramatique que cela,  poursuit notre source. Les autorités régionales ont à chaque fois demandé la collaboration de la population pour mettre fin à ce banditisme résiduel qui donne souvent un coup dur à l’économie de la région d’Agadez. C’est  ce genre d’actes isolés qui ternissent l’image de notre région, qui a besoin de la reprise du tourisme déclare un élu local. C’est ensemble,  forces de défenses et de sécurité  et population que nous pourrons garantir une paix durable dans la région d’Agadez.
Un appel bien accueilli,  par de nombreux citoyens qui affirment être prêt à dénoncer tout mouvement de ces hommes souvent lourdement armés qui menacent  la sécurité sur les axes routiers de la capitale de l’Aïr.
ISSOUF HADAN

07 juin 2017
Source :  La Nation

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Société