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Portrait du styliste Ousmane Sambo Hamidou : «Il faut aider les couturiers nigériens à habiller tous les nigériens»

Ousmane Sambo Hamidou« Je suis né dans la mode ; mon père était un grand tailleur à Zinder ; ma mère et tous les autres membres de ma famille étaient couturiers et tailleurs aussi », affirme tout de go Ousmane Sambo Hamidou, un styliste né le 8 juin 1972 à Zinder et aujourd’hui père de deux enfants.

L’environnement familial aidant, c’est à tout juste neuf (9) ans qu’Ousmane Sambo Hamidou commença à coudre. Sa scolarité allait en pâtir car il arrêta ses études dès le collège pour ouvrir son premier atelier de couture en 1990 à Zinder. La consécration ne tarda pas ! Ousmane Sambo Hamidou organise son premier défilé de mode en 1993 au Centre culturel franco-nigérien de Zinder et obtient le 1er «Ciseau d’Or du Damagaram ». Il n’en faut pas plus pour que la Gendarmerie nationale fasse appel à ses services en 1996 pour coudre les tenues de ses éléments. En 1999, Ousmane Sambo Hamidou s’envole pour la France où il s’inscrit à la Chambre syndicale de Paris pour quatre années d’études supérieures en mode. Rentré au pays, il qualifie le Niger à un concours ouvert par « Cultures France » en marge du Festival international de la mode africaine (FIMA) organisé en 2005 à Karey Gorou par l’illustre styliste nigérien Alphadi.

 

« Alphadi est tout pour moi », reconnaît Ousmane Sambo Hamidou dont les créations ont aussi fait l’objet de défilés tant en Afrique qu’en Europe. Mais, sa carrière a pris un autre tournant, plus profitables aux jeunes Nigériens ; en effet, le 10 octobre 2016, Ousmane Sambo Hamidou a ouvert à Niamey, sur fonds propres, le Centre de formation professionnelle en stylisme modélisme. Situé au premier étage de l’immeuble Dan Maradi au quartier Nouveau marché, le centre a une capacité d’accueil de cent apprenants. Il en compte 120 à ce jour !

Pourquoi cet engouement ? C’est que, d’abord, Ousmane Sambo Hamidou a négocié et obtenu le 1er juin 2017 le soutien du ministère des Enseignements professionnels et techniques et de l’UNFPA qui ont mis en place le « programme Ilimi ». Ce programme permet de former en six mois, en théorie et en pratique, des jeunes filles non scolarisées ou déscolarisées en couture. Elles apprennent ainsi, grâce à l’aide de six formateurs professionnels (dont le Directeur général du centre, Ousmane Sambo Hamidou lui-même) et cinq assistants, à prendre la mesure, à couper les tissus, à assembler les tenues ou à réaliser les travaux de finition. Ensuite, les jeunes filles ainsi formées sont appuyées par le « programme Ilimi » pour s’installer à leur propre compte.

Le rêve d’Ousmane Sambo Hamidou est d’ouvrir d’autres centres similaires dans les chefs-lieux des sept (7) autres régions du Niger. Avec un argument-choc : « comme le Président Issoufou Mahamadou veut que les Nigériens nourrissent les Nigériens, il doit aider les couturiers nigériens à habiller tous les Nigériens ! ». Mais, notons en conclusion que si Ousmane Sambo Hamidou continue à coudre, il refuse de prendre les commandes de celles et ceux qui veulent des « habits de fête ». « J’ai arrêté de coudre pour les fêtes depuis quinze ans car c’est une source de problèmes avec les clients», assure Ousmane Sambo Hamidou.

Soulé Manzo(onep)

07 juin 2017
Source : http://lesahel.org/

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