Amères vérités : L’injustice un fléau social qui est entrain de détruire le Niger et sa justice

Amères vérités : L’injustice un fléau social qui est entrain de détruire le Niger et sa justiceL’injustice est un fléau social et tous ceux qui, à travers ce vaste monde, l’ont institué en système de gouvernance, en pensant y avoir trouvé une méthode infaillible pour briser les reins de leurs opposants politiques ou tenir à carreau les acteurs de la société civile et autres défenseurs de droits humains, ont appris à leurs dépens que c’est un fléau qui finit par dévorer ceux qui en sont à la base. Chez nous, les gens ont refusé, pendant longtemps, de parler d’injustice. Ils utilisent plutôt, pour rester dans le politiquement correct ou par simple pudeur, des formules plus ou moins souples comme « rupture d’égalité des citoyens devant la loi » ou encore « deux poids, deux mesures ». En vérité, il ne s’agit ni plus ni moins que d’injustice, pensée, réfléchie et instituée en système de gouvernance. Or, lorsque, dans un pays, des instruments comme la loi et des institutions chargées de son application comme la police et la justice, sont utilisées, au vu et au su de tout le monde, à des fins partisanes, il n’y a pas de doute, c’est le règne de l’injustice.

Les uns s’attaquent à la dignité et à l’honneur d’autres citoyens, se rendent coupables de faits et de propos ethnocentristes, accusent une certaine catégorie de Nigériens de faits et d’actes graves sans aucune preuve, insultent, injurient et demandent à leurs victimes d’aller se plaindre où ils veulent. Ils font dans le trafic de drogue, détournent des milliards, vendent des aides alimentaires octroyées au Niger pour sauver ceux qui sont en proie à la famine, à la soif et au dénuement total. Ils violent les lois, y compris la constitution, changent les lois selon leurs desiderata du moment. Tout ça, dans une totale impunité !

Ils construisent châteaux, villas et buildings, dans de très vastes domaines acquis avec les fonds détournés, font main basse sur les espaces publics, construisent des immeubles sur la voie publique, hypothèquent des ressources précieuses de l’Etat, accordent à des proches des marchés de plusieurs milliards de gré à gré alors que la loi l’interdit formellement. Toujours dans une totale impunité !

Ils ont mis le Niger et son peuple en danger en s’appropriant les ressources budgétaires et autres aides destinées à équiper l’armée de moyens de guerre à la hauteur des périls et des enjeux, en un mot pour assurer la sécurité et la défense du pays, de ses hommes et de leurs biens. Ils ont fourni des armes et des munitions défectueuses à une armée en guerre, faisant ainsi des soldats, au front, de la chair à canon pour des terroristes sans foi ni loi. Et ce sont des centaines de militaires, de gendarmes, de gardes nationaux, de policiers que le Niger a enterrés à cause de la cupidité d’un groupuscule d’individus. Dans une totale impunité, là encore !

Ils ont un sauf-conduit, un permis pour violer, voler, détourner, faire du trafic de drogue et avec le suprême bonus de pouvoir envoyer les honnêtes citoyens qui dénoncent en prison. Pour euxmêmes, mais surtout pour le compte de leurs progénitures à qui ils comptent assurer des lendemains radieux, en gagnant sans rien faire, ils ont érigé un empire financier et immobilier des plus insolites, détruisant dans leur furie, tout ce qui fait la force de l’Etat, les valeurs fondamentales de la démocratie, de la justice et de l’état de droit.

Au Niger, c’est certain, la loi et ceux qui sont chargés de l’appliquer sont singuliers. La première prend des couleurs partisanes, voire personnelles dans certains cas ; les seconds n’ont ni gêne ni scrupule que l’on découvre, que l’on constate, je dirais, qu’ils utilisent le pouvoir que leur confère la loi pour eux-mêmes et pour des fins partisanes, outrancièrement partisanes.

Comme ailleurs, l’histoire va nécessairement se répéter au Niger. Ceux qui font l’injustice, qui y tirent pouvoir et puissance, mais aussi richesse, vont nécessairement payer pour leur cupidité. Ses inspirateurs, tous comme les acteurs de mise en oeuvre ou encore les serviteurs zélés, plutôt les bras armés de ce système inique, comprendront, un jour, que l’impunité est une garantie qui n’en est pas une, car à la fois aléatoire et éphémère. Dans le dossier brûlant du ministère de la Défense nationale, rien ni personne ne pourra mettre les auteurs, co-auteurs et complices à l’abri d’une poursuite judiciaire en bonne et due forme. Si le système qui prévaut et dont j’ai brossé le portrait hideux, ici, les protège aujourd’hui, il en sera autrement, demain. Leurs fautes, que dis-je, leurs crimes sont si ignobles, immondes, que dans 10 ans, 20 ans ou même 100 ans, le peuple réclamera au moment opportun justice pour ces centaines de soldats massacrés ; justice pour le Niger ; justice pour le peuple nigérien.

Il en est de même pour le détournement des 15 000 tonnes de riz d’aide alimentaire pakistanaise, sollicitée au nom des populations déplacées de Diffa en proie à l’insécurité entretenue par Boko Haram, mais vendues depuis Cotonou par des individus pour leurs profits personnels, là aussi, comme toujours sous la 7e République, dans l’impunité totale. Et au mépris des graves conséquences qui pourraient advenir.

Ceux qui, parce que tout auréolés de leur pouvoir du moment et rassurés d’agir en toute impunité, aujourd’hui, s’en donnent à coeur joie, doivent nécessairement connaître ce proverbe zarma qui dit que « tu as beau être rusé, ton champ dormira dehors, à la belle étoile ». Autrement dit, en bon croyant, quoi qu’on fasse, on ne peut ni retenir le temps ni empêcher à la volonté de Dieu de se réaliser. L’injustice est un fléau qui finit toujours par dévorer ceux qui l’entretiennent. Mais l’homme est si orgueilleux, prétentieux et même incrédule parfois qu’il oublie facilement d’où il vient. Et on a beau lui ressasser ses erreurs, ses dérives et ses abus de pouvoir, il n’arrête que lorsqu’il bute sur un mur. C’est dommage !

Si, demain, vous voyez ces mêmes individus qui injurient, calomnient, diffament, violent les lois, menacent, volent, détournent et font dans le trafic de drogue dans une totale impunité, vous aurez pitié d’eux. Ils feront si profil bas que vous allez les prendre pour les plus misérables de la terre. Or, Demain existe. Et il est en train de venir. Il va venir. Inéluctablement.

Bonkano  
16 mai 2020
Source : Le Canard en Furie

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