Lutte contre la criminalité : La police nationale démantèle une bande dangereuse de malfaiteurs et saisit plusieurs armes à feu

Dans le cadre de sa mission de sécurisation des personnes et de leurs biens, la Police Judiciaire a réussi à mettre la main sur une bande de voleurs spécialisés dans le vol d’argent, de véhicules, dans des habitations, le cambriolage des boutiques, en réunion, avec violence, usage d’armes blanches, d’armes à feu, par effraction et usage de moyens roulants. Ils ont été présentés à la presse le lundi 4 mai dernier. Majoritairement de nationalité nigériane, âgés de 22 à 26 ans, ils interviennent aussi bien au Nigeria qu’au Niger, où leur sale besogne a fait des victimes à Konni, Dosso et Niamey. Ils opèrent à 4, 5 ou 6 personnes. Quatre (4) d’entre ces malfaiteurs ont été interpellés par la Police Judiciaire à Niamey et deux sont encore en fuite. Leurs complices, au nombre de cinq, ont également été interpellés par la Police. Cette bande, qui a trois (3) meurtres, un (1) assassinat et 10 vols criminels à son actif, et cela dans un temps relativement bref de deux mois, se présente comme l’une des bandes la plus dangereuse ayant opéré au Niger. Composée de jeunes gens, la bande que dirige Abdoulaye Salha, âgé de 25 ans, a semé la panique partout sur son passage. Mais, c’est le traçage d’un téléphone portable volé qui a permis à la police de démanteler ce dangereux réseau de malfaiteurs. Qui sont ces malfaiteurs ? D’où viennent-ils ? Quels sont leurs victimes ? Quels sont leurs modes opératoires ? Qui sont leurs complices ? C’est à toutes ces questions que tente de répondre ce reportage.

Tout a commencé en 2017 au Nigéria, où est né et vivait Abdoulaye Salha. Agé de 25 ans, il crée une bande. Constituée de Abdoulaye Salha, Moustapha Sadikou, 24 ans, Mohamed Dan Ladi, 26 ans, Djamilou, Dan Ladi Zofon Soja et Wizi, tous de nationalité nigériane et Sani Laouali Sarki, 22 ans, de nationalité nigérienne, qui sert surtout d’agent de renseignements et de guet pour sa bande. En 2018, le chef de la bande Abdoulaye Salha, très recherché par la police nigériane après plusieurs forfaits et se sentant menacé, décide de s’installer à Konni au Niger où il épousa, le 16 décembre de la même année, une fille de la localité. Ce qui lui permet de s’installer au Niger, tout en menant ces opérations malveillantes au Nigeria, pour ensuite venir se réfugier au Niger. En septembre 2019, il décida de s’installer définitivement au Niger. En réunion avec une partie de sa bande et muni d’un brouilleur d’ondes, la bande parvenait à opérer au Nigéria, en volant plusieurs véhicules après avoir désactivé les sonneries de sécurité des voitures ciblées. Ainsi, au Nigeria, les mis en cause ont opéré plusieurs fois et cela dans plusieurs localités, où ils ont commis des vols de sept véhicules, d’une arme à feu et de quelques munitions. Si l’arme à feu, volée à Birni Kebbi, a été retrouvée avec le chef Abdoulaye Salha, les sept véhicules, par contre, ont été vendus à Niamey. Il s’agit de trois (3) véhicules Toyota Hilux volés à Kano, trois (3) autres véhicules, dont deux (2) véhicules Toyota Camry et une Toyota V8 et d’un (1) véhicule de marque Benza volé à Zamfara, toujours au Nigéria.

Après le Nigéria, la bande poursuit ses forfaits au Niger

Activement recherchée au Nigéria et ayant su que sa mère et son frère ont été appréhendés à Illéla (Nigeria) par la police nigériane, Abdoulaye Salha, qui a reçu l’appel téléphonique de ses deux proches interpellés et qui déploraient la situation dans laquelle ses forfaitures les ont mises, décida alors de s’installer au Niger, en septembre 2019. La bande décide donc désormais d’être plus active au Niger et d’y concentrer ses opérations de malfaisance. C’est ainsi que de Konni à Niamey en passant par Dosso, plusieurs cas de meurtres, d’assassinat, de vols et d’agression sont à l’actif de la bande d’Abdoulaye Salha. C’est ainsi que dans la nuit du 7 au 8 février 2020, ladite bande s’est impliquée dans un vol de nuit chez un revendeur au quartier Bassora, avec escalade de mur, suivie d’agression. La bande a ainsi emporté 650.000 FCFA, deux téléphones portables et un véhicule Toyota RAV4, qu’elle a fini par abandonner. Dans les nuits du 23, 24 et 25 février 2020, la bande d’Abdoulaye a commis une tentative de vol, portant sur une arme AK-47 d’un policier en service, non loin de Radio Saraounia de Dosso. Dans la même période, entre le 24 et le 25, à 03 heures 25 minutes du matin, il y a eu le meurtre du nommé Aboubacar Sidik Nouhou, fils d’un célèbre marabout de Dosso, par ladite bande. Selon nos informations, la bande a reçu des renseignements que ledit marabout est un homme riche, car ayant acheté récemment deux maisons à Niamey. Pensant sans doute que le marabout possède de l’argent chez lui, les membres de la bande ont décidé de l’attaquer chez lui. Le fils du marabout, tentant de s’interposer entre les agresseurs et son père, a reçu une balle qui mit fin à sa vie. Poursuivant ses actes macabres, dans la nuit du 26 au 27 février 2020, aux environs de 03 heures, toujours au quartier Bassora, la bande orchestra le meurtre d’un garde national du Niger, en service chez le rapporteur de la HALCIA à Niamey. Cet acte qualifié d’assassinat visait à voler l’arme du garde pour aller commettre des crimes générateurs de revenus tant au Niger qu’au Nigéria voisin. C’est ainsi qu’après avoir tué le garde, les malfaiteurs s’emparèrent de son arme AK-47 plus connue sous le nom de Kalachnikov, munie de son chargeur garni.

La série noire de la bande s’est poursuivie en mars 2020

Au cours du mois de mars 2020, la bande a poursuivi ces crimes avec des meurtres et des vols à main armée. Ainsi, dans la nuit du 8 mars 2020, aux environs de 21 heures, elle a commis le meurtre d’un conducteur de taxi moto ou Kabou-kabou, à Birni N’Konni. Ce jour, des malfaiteurs dirigés par Abdoulaye Salha, venus sur une moto volée, ont décidé d’attaquer et de dépouiller un monnayeur, sis à l’auto-gare de Konni. Après l’opération, qui leur a permis de subtiliser 1.100.000 Naira et deux motos, les malfaiteurs ont fui pour abandonner plus loin les trois (3) motos volées. Par la suite la bande a organisé un vol de nuit, à main armée, d’abord au domicile du propriétaire d’une boutique d’alimentation générale au quartier Bassora de Niamey, et ensuite au niveau même de ladite boutique, après avoir menacé le gardien avec leurs armes. Le gardien a été ligoté et une somme de 1.250.000 FCFA a été emportée par les malfrats. Par la suite, la bande a procédé au vol d’un véhicule Toyota Hilux de couleur blanche, garé à la devanture d’une maison. Le véhicule qui était sans batterie a obligé les malfrats à aller escalader le mur d’une autre maison, appartenant à un garde national pour enlever la batterie de son véhicule et revenir démarrer ledit véhicule. Toyota qu’ils ont d’ailleurs fini par abandonner à cause de son mauvais état. Toujours dans le même quartier Bassora, la bande a poursuivi son funeste parcours à travers un vol d’un autre véhicule et un téléphone portable, appartenant à une personne en état d’ivresse. Tombés en panne sèche, ils ont fini par abandonner le véhicule volé mais ont emporté le téléphone. La bande de Abdoulaye Salha est aussi impliquée dans le vol d’un véhicule de marque Hyundai appartenant à Elhadji Hamza, revendeur à Kawra, un quartier de Birni N’konni, en 2019. Ils ont emporté le véhicule après avoir blessé le nommé Elhadji Hamza en lui tirant au ventre à balle réelle. Après leur forfait, Ils ont fui et vendu le véhicule au Cameroun à 2.000.000 de FCFA. Dans la nuit du 04 au 05 avril 2020 aux environs de 3 heures, la fameuse bande d’Abdoulaye Salha décida d’attaquer une boutique d’alimentation générale, au quartier Bassora. Refusant de remettre la clé de la boutique et tentant de prendre la fuite, tout en criant pour alerter les riverains, le gardien reçu une balle, qui mit fin à ces jours. Interrogés par la police nationale du Niger, les mis en cause ont reconnu les faits commis au Nigeria.

Peut-être que la Bande d’Abdoulaye Salha aurait continué encore à sévir si le résultat d’exploitation du téléphone portable volé n’a pas permis à la police de démanteler leur réseau. Pour l’instant, Abdoulaye Salha, le chef de bandit, Moustapha Sadikou, Sani Laouali Sarki, Mohamed Dan Ladi et leurs complices attendent leurs jugements. Quant à Djamilou, Dan Ladi Zofon Soja et Wizi, ils sont en fuite, mais pour combien de temps encore. En tout cas, chapeau à notre police nationale qui, ces derniers jours, a mis hors d’état de nuire plusieurs groupes et autres réseaux de malfrats, renforçant du coup la confiance, la compréhension et le soutien de ses citoyens, pour lesquelles elle œuvre jour et nuit. Débarrassés d’une bande criminelle et dangereuse de la taille de celle d’Abdoulaye Salha, les habitants de Niamey la capitale en général et ceux du quartier Bassora en particulier peuvent désormais vaquer tranquillement à leurs préoccupations. Salamou Insa, une habitante du quartier Bassora s’est dite rassurée en apprenant ce qu’elle qualifie d’une très bonne nouvelle. « Avant même, de jour, pour aller au marché, nous les habitants de Bassora avons très peur d’être attaqués et dépossédés de nos biens. La nuit, n’en parlons pas. Surtout quand nous avons appris le meurtre du garde national, un homme armé. Nous nous sommes demandés ce que nous autres civils et désarmés, allons devenir. Mais avec la mise à l’écart de ces dangereux malfaiteurs, je suis rassurée. Nous disons merci à notre Police Nationale », explique Salamou. Quant à Madou Saley, un autre habitant dudit quartier, il estime que désormais, sa famille peut dormir tranquille. M. Saley témoigne : « Depuis le début de la série d’attaques de cette fameuse bande, en fin février, nous ne dormons plus dehors, malgré la chaleur caniculaire. La nuit, nous n’osons même pas sortir la tête, de peur d’être attaqué surtout avec toutes ces rumeurs qui circulent sur cette dangereuse bande de jeunes gens. Même la journée, quand nous sortons pour le travail, nous veillons à vite rentrer à la maison, tellement ces malfrats nous ont terrorisés. Avec l’arrestation de cette bande, nous allons reprendre notre vie normale, avec moins d’inquiétude et de peur. Nous ne pouvons que remercier nos policier et leur dire bon courage ».

Une autre bande de 10 malfrats opérant à Tillabéry, Dosso et Niamey sous les verrous

Notons qu’avant la présentation de la bande d’Abdoulaye à la presse, une première bande composée de dix (10) membres a été présentée aux médias par la Police Judiciaire, en présence des autorités judiciaires. Ces malfrats eux opèrent au niveau des régions de Tillabéry, Dosso, Niamey et dans des villages environnants. Au cours de leur interpellation, quatre (04) Pistolets Automatiques et des minutions ont été saisis. Cette bande a, à son actif, quatre (4) vols de nuit en réunion par effraction avec arme à feu. Ses membres sont impliqués notamment dans deux (02) cas de vol au quartier Yantala de Niamey, où ils ont volé plusieurs objets dont un pistolet automatique et quatre (4) ordinateurs ; un (01) cas de vol à Komabangou (site d’orpaillage) où ils ont emporté une moto et un (01) cas de vol à la station Bac Farié située sur la route de Tillabéry, où ils ont volé un coffre-fort contenant une somme de 675.000 FCFA. Leur mode opératoire consiste soit à faire usage de leurs armes à feu pour commettre leurs forfaits, soit à mettre à profit la nuit pour escalader les murs des concessions et voler. Le Procureur de la République adjoint près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey, M. Ousmane Beido, a salué et encouragé les éléments de la brigade de recherche pour le travail abattu et a lancé un appel à l'endroit de la population pour qu'elle collabore avec la Police Nationale afin de mieux assurer la sécurité des personnes et des biens.

Par Mahamadou Diallo(onep)

08 mai 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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