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L'air du temps : Un nouveau souffle de piété

Ramadan NigerAprès un peu plus d’une semaine de jeûne, le Ramadan nous dévoile ses merveilles. Remarquez à quel point les choses ont changé ces derniers jours. Le carême aidant, la vie se déroule sans heurts ni turbulences, pour devenir ce long fleuve tranquille dont l’humanité a toujours rêvé. De vraies métamorphoses! 

Les démons n’ayant point droit de cité (on dit qu’ils resteront ligotés et bâillonnés durant tout ce mois du Ramadan), l’accalmie règne sur le monde. Ainsi, même les banales scènes de bagarre, les séances de discussions orageuses sur fond de disputes et autres actes de filouterie, ne sont plus à l’ordre du jour. Comme pour dire que "tout le monde il est bon, tout le monde il est gentil". Force est de constater que même sur les réseaux sociaux où les échanges sont intenses et très âpres entre les jeunes internautes sur les questions généralement politiques, la tempête s’est sensiblement calmée. Ces derniers qui ont passé tout le reste de l’année à s’injurier entre eux et à  vilipender les principaux acteurs politiques semblent avoir décidé d’observer une trêve à cause du Ramadan.

Les signes extérieurs de la métamorphose sont plus apparents au niveau des mosquées où on assiste à une affluence quasi quotidienne des fidèles aux heures de prières.  Ces lieux de culte musulmans, qui étaient clairsemés presque toute l’année durant, refoulent du monde depuis quelques jours. Il se trouve en effet qu’à la masse des fidèles ‘’permanents’’ est venue s’ajouter la vague des nouveaux venus. Ces derniers aux airs de calife, poussent l’outrecuidance jusqu’à s’arroger les premières loges des mosquées aux heures de prière, reléguant ainsi aux rangs secondaires les habitués, ceux-là qui ont passé toute l’année à prier en ces lieux. Soit !... Une mosquée, c’est fait pour tous les prieurs. Qu’ils soient permanents ou temporaires, ils y ont les mêmes prérogatives.
Dans le lot, il y a aussi les adeptes du ‘’m’as-tu-vu’’. Pour ces derniers, le dicton selon lequel ‘’l’habit ne fait pas le moine’’  ne fait pas recette. Et certains, comme se convaincre de leur piété, y jouent sur le tableau de l’accoutrement. Ainsi, assiste-t-on à un grand déploiement de djellaba, gandoura, babouches et de chapelets qu’on veut toujours plus longs et plus voyants.
Ah ! Si tous les jours pouvaient être Ramadan…
Assane Soumana(Onep)
1er juin 2017

 Publié le 26 juin 2015
Source : http://lesahel.org/

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