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Ramadan : La campagne du sucre est ouverte

Sucre Ramadan NigerNous sommes dans le dernier virage sur le chemin qui mène au mois sacré du Ramadan. A ce stade déjà, on ressent les prémices de la campagne du sucre. En effet, comme de coutume, le sucre sera au rendez-vous de tous les menus durant tout le mois de jeûne.

Ce qui place ce produit au centre d'une grande spéculation. Cela d'autant plus que, selon une certaine pratique qui a fortement pris racine dans nos traditions, il faut s'investir, et ne jamais démériter, dans la distribution - pas en carreaux, plutôt en paquets ou en cartons ! -du sucre aux parents, amis, alliés, connaissances et proches collaborateurs.

Forts donc de cette tradition, certains n'en demandent pas plus pour se lancer dans une quête féroce qui fait ainsi du sucre la denrée la plus consommée, réclamée et distribuée à l'occasion du jeûne du mois de Ramadan. Aussi, pour certaines catégories de gens, l'enjeu qui entoure l'octroi de l'incontournable cadeau s'annonce plutôt crucial. Imaginez un peu le sort du responsable ou du leader, en tout cas tout celui qui peut se prévaloir des honneurs dus à un ''chef'', qui manquerait à cet impérieux devoir d'arroser son entourage de cartons de sucre…Il en est de même du jeune marié qui tenterait de convaincre son épouse de son incapacité à fournir la ''cargaison sucrée'' à sa belle famille. Pour sûr, la ''amariya'' ne comprendra rien.

Mais cette campagne du sucre a un goût plutôt salé pour le prétendant appelé à dépêcher une délégation de ses soeurs, croulant sous le poids des cartons de sucre, auprès de ses beaux-parents. Preuve d'amour, reconnaissance de fidélité, opération de charme ou corruption? Quoi qu'il soit, l'enjeu est de taille. Aussi, entre les filles, désireuses d'obtenir le geste tant attendu du bien-aimé, et les garçons, qui tentent à tous prix d'esquiver le coup (donc le coût !) du sucre, le challenge prend souvent le ton d'un cruel jeu du chat et de la souris. Un jeu dont la règle est claire : s'exécuter en envoyant autant de cartons qu'il en faut ou disparaître à jamais. Pour les prétendants sérieux, la première option s'impose, avec tout ce que cela implique en terme de coût à supporter.

Assane Soumana 

24 mai 2017

Publié le 07 Septembre 2007
Source : http://lesahel.org/


 

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