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Ville de Niamey : Un élu avec un faux diplôme !

Ville_NiameyLe régime en place fait feu de tout bois et n’hésite pas à interpeller et à embastiller les opposants politiques et les acteurs de la société civile « insoumis » alors que les allées du pouvoir sont puantes de malversations, de trafics, de violations de la loi, de détournements massifs de deniers et biens publics, de faux et usage de faux, etc. Le journaliste de la télévision Bonferey, Baba Alpha et son père sont encore sous les verrous alors que des cas patents, dénoncés par des confrères, sont royalement ignorés par le Parquet, décidément prompt sur les affaires concernant l’opposition au régime de Mahamadou Issoufou. À la ville de Niamey, un gros bonnet du parti au pouvoir, le PNDS Tareyya, vice-président du conseil de ville et grand gueulard devant l’Eternel, a utilisé un faux diplôme pour se faire élire conseiller de ville. Moussa Oufana, pour ne pas le nommer, a mis dans son dossier un prétendu diplôme acquis en 2000 à l’ISAG. D’abord, le soi-disant diplôme est truffé de mentions bizarres. Premier couac, la mention « BREVET D’ETUDES PROFESSIONNELLES (BEP) » à l’entête du document  tranche d’avec ce qui est écrit dansle corps du texte où c’est plutôt «  Brevet d’Aptitudes Professionnelles (BAP), option Administration/Gestion.

Cette dernière  mention est portée une seconde fois sur le diplôme en précisant qu’il lui est décerné un «Brevet d’Aptitudes Professionnelles (BAP) ». Or, le BAP n’existe pas dans le corpus des diplômes de l’enseignement technique et professionnel. Si, comme on pourrait l’imaginer, il s’agit juste d’une erreur matérielle et qu’il faudrait lire plutôt « DAP » comme il était indiqué dans le dossier de candidature aux élections locales, pourquoi alors le décalage avec la mention du diplôme à l’en-tête où il est écrit BEP. Pourquoi tant d’erreurs sur un seul diplôme ? Le grand couac est à venir. Car, en admettant même que le ministère de tutelle est bien celui qui est indiqué à l’en-tête du fameux document, il est intéressant de savoir qu’à l’époque, soit en 2000, année de la prétendue obtention dudit diplôme, l’appellation du ministère était ministère du Travail et de  la Modernisation  de l’Administration avec Mireille Aussei Pierre et non ministère de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi. En outre, ce document, qui est avalisé par le directeur des études dont la signature est clairement visible au bas, comporte plein d’autres aberrations. Malgré toutes ces informations qui doivent logiquement susciter une information judiciaire, le Parquet est resté, l’arme au pied, nullement dérangé de savoir qu’un élu pourrait avoir utilisé un faux diplôme pour être candidat aux élections locales de 2011. À plus forte raison fouiller dans les dossiers de candidatures pour démasquer tous les cas similaires, qui nous ont été signalés. Affaire à suivre !

19 mai 2017
Source :: Le Monde d'Aujourd'hui 

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