Conférence sur le Projet Niger héritage : Un projet innovant pour la destination Niger

Conférence sur le Projet Niger héritage : Un projet innovant pour la destination Niger Niger Héritage est un projet qui célèbre le patrimoine paléontologique, archéologique et culturel de classe mondiale du Niger. Un programme qui concerne deux grandes villes du pays Niamey et Agadez, deux(2) espaces inspirants et visionnaires. Niamey, plus précisément au Musée National Boubou Hama, un grand pavillon d’exposition et un centre culturel inédit à Agadez avec des expositions thématiques dans les musées et les écoles locales à proximité des sites patrimoniaux. La présentation du projet et des maquettes de ces musées ont eu lieu mercredi dernier lors d’une conférence dénommée ‘’ Niger Héritage’’sous le haut patronage du Ministre de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale M.Assoumane Mallam Issa.

Un programme assez riche et varié qui comporte quatre(4) exposés qui traitent de plusieurs thèmes en lien avec le projet. Notamment ‘’ le patrimoine de classe mondiale du Niger’’, ‘’la préservation et la célébration de Niger Héritage’’, ‘’ Niamey et Niger Héritage’’ et ‘’ la communauté d’affaires de Niamey et Niger Héritage’’. Niger Héritage est une organisation basée à Chicago aux Etats Unis qui travaille en collaboration avec le Ministère de la Renaissance Culturelle, le Haut-Commissariat du Programme Niamey Nyala , l’ ex Ambassadrice des Etats Unis au Niger, SE Bissa williams et de plusieurs chercheurs d’universités du Niger, des Etats Unis d’ Amérique et de la France

Au cours de cette conférence, l’assistance composée d’étudiants, de chercheurs de l’Institut de Recherche en Sciences Humaines(IRSH), des cadres du Ministère de la Renaissance, des hommes de culture, a entendu plusieurs témoignages. Les mots qui revenaient tout le temps, c’est la préservation, et la promotion des biens culturels, du patrimoine dont le Niger dispose. Faire en sorte d’attirer les touristes afin de visiter le Niger et ses lieux d’exposition de tous ces patrimoines. Aussi, visiter les lieux dans des très bonnes conditions et passer des moments agréables avec des souvenirs inoubliables.

Intervenant lors de la conférence de Niger Héritage, le Ministre de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale, M. Assoumane Mallam Issa a fait remarquer que ‘’sous l’ère de la renaissance, il faut repenser les politiques culturelles, adopter des bonnes pratiques, pour protéger et promouvoir les biens culturels. C’est pourquoi, il a tenu à remercier et à féliciter les initiateurs de ce projet, avec une mention spéciale à M. Paul Sereno et son équipe qui ont abattu un travail formidable et qui a duré une trentaine d’années. Selon lui ,ce qui est encourageant , ce sont des chercheurs qui aiment le Niger et qui sont prêts à restituer tous les travaux et les biens à notre pays. Ils ont ramené des articles qui appartiennent au Niger notamment des dinosaures. ‘’L’Université de Chicago a tenu à nous inviter pour voir les biens culturels nigériens qui se trouvent chez eux contrairement à d’autres pays et aujourd’hui ils sont là pour montrer au public nigérien toutes ces potentialités. Pour le projet de ce musée, il nous faut assez d’espace pour construire ces pavillons, pour contenir les animaux, où créer les conditions pour moderniser ce musée » a-t-il déclaré avant de réaffirmer que le Gouvernement jouera sa partition.

‘’Afrovenator’’ est le nom du dinosaure exposé à l’Aéroport International de Niamey

Paul Sereno, Professeur de l’Université de Chicago a parlé du patrimoine de classe mondiale à travers une étude sur les dinosaures. Pendant 30 ans, il a commandité une étude au Niger qui concerne le patrimoine paléontologique, le patrimoine archéologique et le patrimoine culturel. Pour lui, c’est un énorme patrimoine, il n’y a jamais trouvé autant dans d’autres pays. Que faire de cette connaissance ? Pour cela il a mis en place en collaboration avec d’autres chercheurs et amis du Niger le projet ‘’Niger Héritage’’ pour le partager avec les nigériens et pour le bien du pays. «Il y’a cent millions d’années, le Niger n’était pas ce qu’il est aujourd’hui, le Sahara est une structure écologique relativement jeune, en tant que paléontologue, nous regardons le Niger avec des cartes géologiques avec différentes couleurs, et nous avons essayé de mettre à jour certains dinosaures et d’autres animaux (reptiles, crocodiles…..) Des dinosaures qui mangent de la viande, des plantes…. Tous ces dinosaures viennent des périodes différentes, nous pouvons voir chapitre après chapitre l’évolution de ces dinosaures et de ces faunes au Niger, le Niger est le seul pays en Afrique ou au monde où il y’avait assez de dinosaures. Tous ces matériaux paléontologiques vont retourner au Niger. Il y’a actuellement des étudiants de Chicago qui étudient ces dinosaures » a-t-il dit, espérant que ces étudiants viendront un jour au Niger. Il a énuméré un certain nombre de dinosaures qui se trouvent au Niger. Il a détaillé longuement les différentes sortes de dinosaures notamment Nigersaurus, Suchomimus, Afrovenata….«Nous avions présenté un documentaire sur la chaine National Géographic sur ce dinosaure nigérien Afrovenata avec des loupes et des microscopes, nous avions vu qu’il a un crane qui mesure un(1) mètre 63 de long, cet animal a fait la couverture du plus grand magazine scientifique appelé ‘’science’’. Ce dinosaure Afrovenator est celui qui est exposé dans le nouvel Aéroport International Diori Hamani de Niamey, c’est un animal qui a été retrouvé à Ingall et a été reproduit et exposé au niveau de l’Aéroport pour que le visiteur ait un aperçu des biens culturels qu’on peut retrouver au Niger.  

Le projet envisage de créer des musées vivants à Niamey et à Agadez avec une touche moderne

Lors de cette étude Paul Sereno dit avoir reconstitué chacune de ces cultures, chacune de ces histoires du Niger avec des Chercheurs et étudiants. Et depuis quelques années un projet a muri dans leurs têtes au cours de ces réflexions qui est ce projet ‘’Niger héritage’’. Il a pour mission de faire connaitre cet héritage culturel aux nigériens et amoureux de la culture de façon générale. Ce projet a pour mission de vendre la destination Niger, de faire la promotion du patrimoine de classe mondiale avec un but économique,éducatif, culturel et touristique. Il s’agira selon lui, de créer des musées à Niamey et à Agadez d’où provient un grand nombre de ce patrimoine. Paul Sereno a montré quelques projets de maquettes qui peuvent intéresser les autorités et le public. Ce sont des projets novateurs issus des réunions et des réflexions des experts. Dans un futur musée tous ces animaux retrouvés au nord du Niger (Agadez) pourront être retrouvés sur ce site. Le public pourra voir et apprécier des dinosaures, des reptiles, des crocodiles…. Des Crocodiles avec des espèces modelés de 12 mètres de long, le plus long au monde.

Dans ces musées, il y’aura des pavillons dédiés à la paléontologie, à l’archéologie, à la préhistoire au sein du musée National Boubou Hama face vers le fleuve Niger. Le musée de Niamey sera un musée en mobilité, en animation avec des espaces aménagés uniquement pour les animaux et la construction d’autres pavillons plus modernes. Le projet d’Agadez est un musée vivant qui, en outre de la paléontologie, de la préhistoire va s’intéresser surtout à la culture immatérielle, il sera dédié à la culture de nos grands-parents pour porter cela à la connaissance des populations notamment aux enfants pour qu’ils puissent acquérir et s’approprier ces connaissances. Ce musée d’Agadez sera comme une oasis entourée d’eau, la vie dans le désert avec ses croix d’Agadez. Et Niger Héritage n’a pas oublié les musées locaux au niveau de deux communes de la région d’Agadez. D’après le responsable de l’équipe, ils ont d’ores et déjà apporté plusieurs de ces patrimoines pour exposer dans ces musées.

« Nous allons intégrer ce projet qui vient de nous être présenté, ce projet est un élément qui peut propulser ce dynamique Programme Niamey Nyala dans l’aménagement de la ville, l’aménagement de la vallée de ‘’GountouYena’’ et de la corniche de Niamey . Le Musée est refermé sur lui-même, nous allons créer les conditions pour que cet espace soit plus accessible avec des parcs, des espaces arborés, des passerelles d’ici quelques semaines. Faire du musée une destination touristique, les plans sont déjà là, et les projets sont là et nous allons continuer à travailler pour que ce projet voit le jour. Il faut que le Ministère mette en place un plan de communication pour que les populations savent ce que nous disposons comme potentialités, il faut que les gens communiquent, associer la société civile, les ONG , faire connaitre ces biens culturels et les entretenir » a soutenu Mouctar Mamoudou, Président de la Délégation Spéciale de Niamey et Haut-Commissaire au Programme Niamey Nyala.

Lepaléontologue Français du musée national d’histoire naturelle Didier Dutheil, lui s’est intéressé à l’histoire des musées particulièrement à celui du Niger, le Musée National Boubou Hama. Il a eu la chance de visiter et de connaitre beaucoup de musées mais il dit reconnaitre que celui de Niamey est spécifique dans sa composition. « J’aime le Niger et je travaille sur les poissons et comme à côté des dinosaures il y’a des rivières, des lacs… nous avions travaillé avec l’équipe de Paul Sereno. Il a fourni des explications sur le Musée, et selon lui, ‘’le Niger est entré dans l’histoire en ce qui concerne cet aspect depuis la création de ce musée en 1959. L’idée vient de Boubou Hama le Premier ¨Président de l’Assemblée Nationale, un musée de 24 hectares, qui a au début une seule galerie et dont l’initiateur qui est un grand homme de culture a estimé que pour la cohésion nationale, il faut associer toutes les ethnies du Niger, toutes les identités culturelles de ces ethnies soient représentées. Aujourd4hui il y’a neuf(9) pavillons au Musée et ce musée constitue la vision d’une nation. Ce qui est important dans ces lieux c’est le centre éducatif qui accueille des enfants qui abandonnent les bancs dès les niveaux élémentaires et collégiens, des handicapés et des enfants issus des couches vulnérables……et qui arrivent à apprendre des métiers utiles.

Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)

1er novembre 2019
Source : http://www.lesahel.org/

Imprimer E-mail

Société