Réunion régionale Afrique de l’Internationale Socialiste des Femmes (ISF) : La participation des femmes au processus de décisions en question

Les membres de l’Internationale Socialiste des Femmes (ISF) de l’Afrique de l’Ouest et du Centre sont en conclave de deux jours à Niamey. C’est le Palais des Congrès qui a servi de cadre pour le lancement des travaux de ladite réunion sous la présidence de M Mohamed Bazoum, Président du comité exécutif national du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme, PNDS Tarayya. La cérémonie s’est déroulée en présence du Secrétaire général de l’Internationale Socialiste, le Chilien Luiz Ayala, de la présidente de l’Internationale Socialiste des Femmes, la marocaine Wafa Hajji, des nombreuses autres figures l’Internationale Socialiste venues de plusieurs pays ainsi que des responsables de l’Organisation des Femmes Tarayya (OFT), organisation membre de l’ISF et des militants du PNDS.

C’est dans une salle archicomble du Palais des Congrès qu’ont débuté les activités entrant dans le cadre de la réunion régionale Afrique de l’ISF portant sur le thème « la participation des femmes aux processus de prise de décision, quels enjeux pour un monde 50/50 ? ». Outre le thème central, les hôtes de Mme Ousseini Hadiza Yacouba, présidente de l’OFT et vice-présidente de l’Internationale socialiste des femmes de l’Afrique de l’Ouest et du centre auront à discuter également sur les thèmes relatifs à la femme et la gestion du foncier en Afrique ; à la paix et le développement durable ; au leadership féminin, à la gestion et règlements des conflits et à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Dans son intervention à cette occasion, le président du PNDS Tarayya a dit son appréciation positive de la tenue de cette rencontre à Niamey et du choix des thèmes qui en constitueront l’ossature, soulignant que ces sujets sont un leitmotiv affirmé dans les instances internationales. Se prononçant sur les différents thèmes, M Bazoum Mohamed a indiqué qu’ils ont fait l’objet de grandes décisions aussi bien au niveau des Nations Unies, de l’Union Africaine que d’autres organisations sous régionales et régionales ainsi que des organismes non gouvernementaux. Il a rappelé que la protection des femmes et filles, leur association dans le processus de règlement des conflits remonte au début des années 2000 au niveau des Nations Unies, matérialisant ainsi la volonté de la communauté internationale de donner aux femmes la place qui leur revient à l’occasion des conflits.

La résolution 66/130 a été adoptée en 2011 partant sur la participation des femmes à la vie politique, demandant aux Etats d’abolir les lois et règlements entravant la participation des femmes à la politique et cela pour renforcer leur rôle dans la vie des communautés, a dit M Bazoum Mohamed. L’agenda 2030 adopté par l’ONU en 2015 et ses 17 objectifs de développement durable ODD dont certaines dispositions consacrent plus de place à la femme, l’agenda 2063 de l’Union Africaine également adopté en 2015 mettant en exergue l’aspiration d’une Afrique dont le développement est axé sur ses citoyens sont entre autres éléments évoqués par le président du CEN PNDS pour expliquer l’engagement international vis-à-vis des femmes et leur participation à la vie publique, pour la réalisation de l’égalité homme/femme, la pleine autonomisation de la femme, la lutte contre les violences et la discrimination.

Au Niger, la volonté politique des autorités à faire plus de place à la femme est matérialisée par l’adoption des lois et règlements dont le dernier est l’adoption en conseil des ministres récemment du projet de loi sur le rehaussement du quota à 25% et 30% contre 10 et 15% initialement respectivement pour les postes électifs et pour les nominations.

Le Secrétaire général de l’Internationale Socialiste, M Luiz Ayala a dressé un tableau peu reluisant de la situation de la femme et de la fille dans le monde. Il a évoqué entre autres les violences, la pauvreté, le faible taux de représentativité dans les sphères des décisions, la discrimination sur le lieu de travail, le nombre élevé des femmes et filles victimes des conflits, le manque d’autonomie économique, le faible taux de détention des terres. Pour lui, il est absolument nécessaire de donner aux femmes les moyens afin qu’elles travaillent car, a-t-il ajouté, plus la femme travaille, plus on se développe et plus le PIB du monde s’accroit.

La Vice-présidente de l’ISF région Afrique, Mme Ousseini Hadiza Yacouba, a quant à elle évoqué les objectifs de l’ISF depuis sa création en 1907. Elle a souhaité la bienvenue à toutes les participantes au Niger au nom des militants du PNDS Tarayya. Elle a tenu aussi à rendre hommage au Secrétaire général de l’Internationale socialiste et à la présidente de l’ISF, la première africaine à occuper ce poste pour leurs efforts soutenus dans la réalisation des objectifs socialistes, ceux d’un monde meilleur, équitable et paisible.

Zabeirou Moussa

30 octobre 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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