Le phénomène "Kabou-Kabou" ou taxis-motos à Niamey

kPour faire face au chômage, de nombreux jeunes nigériens vivant à Niamey initient des activités qui leur procurent des revenus. A leur initiative le phénomène de taxis-motos ou "Kabou-Kabou" qui est un des moyens des transports dans certaines localités de l’intérieur du pays, est en train de faire son apparition dans certains quartiers périphériques de Niamey.

Niamey s’étend à un rythme rapide et les moyens de transport pour desservir certains quartiers sont insuffisants du fait que les routes sont impraticables voire inaccessibles.     Certains jeunes niaméens font de cette situation une opportunité, en initiant au profit des habitants des quartiers difficiles d’accès, les taxi-motos. C’est une activité lucrative et aussi à but social, au regard d’importants services que les taxi-motos rendent aux populations des quartiers comme Aéroports, Tondigamey, Pays-Bas.

Bien qu’étant une activité informelle, le taxi-moto est un métier qui nourrit son homme. Les activités s’effectuent de diverses façons. Si certains conducteurs sont propriétaires de motos d’autres utilisent celles d’autrui, moyennant un versement.   Selon Abdoul Aziz Amadou dit Boss, pour s’engager dans la profession il faut d’abord se munir du permis de conduire et la moto doit être en règle afin d’être à l’abri en cas de contrôles de la police. Le jeune Abdoul Aziz conduit depuis près de deux ans, la moto de son patron. Il a l’obligation d’honorer ses engagements vis-à-vis de son patron à s’acquittant du versement convenu. Pour une moto neuve, le frais de versement est de 3.000FCFA par jour, tandis que pour une moto moins neuve il est de 2.500FCFA.   Les tarifs de transport varient d’un endroit à un autre. Par exemple, à partir de la voie principale menant à Tondigamey, le prix varie entre 150FCFA et 200 FCFA. Pour ce qui est des longues distances, c'est-à-dire de Tondigamey au village de Sorey le tarif de la course est de 1.000FCFA. De Tondigamey à l’Aéroport, il faut payer 500FCFA. « Notre particularité est que nous sommes plus flexibles et plus rapides. Nous pouvons accéder là où les autres moyens de transports ne peuvent rentrer » explique-t-il, précisant que cette activité lui permet de gagner entre 5.000FCFA à 10.000FCFA par jour. Cela peut changer parce qu’il y a des clients qui sont de bons payeurs, payant au-delà des tarifs ordinaires, pour avoir satisfaction. Et souvent, on arrive juste à avoir le frais de versement, dit-il.

Selon Abdoul Aziz   les problèmes rencontrés   sont entre autres le manque d’une structure, pour organiser l’activité de kabou kabou. Il est convaincu que la structuration du métier, sera plus bénéfique pour les conducteurs ainsi que les propriétaires. Il déplore par contre l’arrivée dans le métier des certains individus qui sont associés à des actes ignobles tendant à ternir leur image.

Parlant des lignes qui existent à Niamey, Abdoul Aziz mentionne celles de Tondigamey-Dagoda-Aéroport, ainsi que Koira-Tégui-Tchangarey.

Pour sa part, M. Youssoufa Issa, dit avoir plus de 15 ans dans ce métier qu’il a commencé à exercer au Nigéria avant de regagner le bercail et continuer la même activité.   « Kabou-Kabou, est un métier qui permet à l’homme de survivre si vous le considère comme une activité professionnelle », dit-il.

Au sujet du versement, précise-t-il, certains propriétaires proposent qu’il s’effectue de manière journalière, tous les trois jours et d’autres acceptent que le payement soit hebdomadaire.  Il y a du profit dans cette activité, confie Youssoufa Issa, assurant que des collègues ont construit leurs maisons dans ce métier, tandis que d’autres ont acheté leurs propres motos ou taxi.

Concernant la règlementation de l’activité, Youssoufa Issa indique que ceux qui l’exercent comptent entreprendre des démarches pour rencontrer les autorités et parler de leur projet de mettre en place une structure légale. «Nous voulons avoir un responsable qui peut nous amener jusqu’aux autorités compétentes afin que notre activité soit formalisée. Il est important pour nous de nous doter d’une structure avec une reconnaissance légale. Ce qui nous permettra de contrôler le métier de Kabou-Kabou. Une fois que   notre structure sera mise en place, nous allons exiger l’uniforme, des papiers complets pour que chaque membre soit en règle » affirme Youssoufa Issa.

Laouali Souleymane(onep)

20 août 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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