Avis aux Nigériens : Pour comprendre les enjeux du Sommet de l’Union Africaine de Niamey !

Avis aux Nigériens : Pour comprendre les enjeux Sommet de l’Union Africaine de Niamey !« Sommet de l’union africaine », « Sommet de la ZLECA », « Sommet extraordinaire… », « Sommet de coordination », … Autant de vocables utilisés pour qualifier « la 33è Conférence » qui aura lieu à Niamey, du jeudi 4 au dimanche 7 juillet, sans que cela n’améliore la compréhension et la perception des nigériens autour d’un évènement dont ils sont pourtant les principaux organisateurs. 

Ce « déficit de compréhension » se ressent plus dans la presse nigérienne, particulièrement taiseuse sur les enjeux de cette « grande rencontre historique » des chefs d’états africains.

Sommet de coordination

Il faut d’abord retenir que, conséquemment aux dernières reformes institutionnelles de l’Union Africaine, le « traditionnel 2è sommet des chefs d’états » qui se tient chaque fois dans une capitale africaine autre que le siège de l’institution Addis-Abeba, a été supprimé et remplacé par un sommet plus restreint, dit « sommet de coordination », regroupant les 5 chefs d’état membres du bureau de coordination de l’Union, les chefs d’états qui président les regroupements économiques régionaux et le responsable du NEPAD.

A l’occasion donc de la « 33è Conférence » (la 32è a eu lieu en février dernier à Addis-Abeba), Le Niger devrait être le premier terrain d’expérimentation  de cette formule simplifiée qui devrait alors regrouper, outre les présidents de l’Egypte, l’Afrique du Sud, la RDC, du Rwanda et du Niger, les membres actuels du bureau de coordination de l’Union, mais aussi, les chefs d’état à la tête des organisations économiques africaines (CEDEAO, CEMAC…) et le Responsable du NEPAD. Voila pour le casting de départ. Tout au plus une dizaine de chefs d’état.

Sommet extraordinaire de la ZLECAf

Entre temps, le chantier le plus important jamais mis en orbite par l’Union, depuis le « plan d’action de Lagos » (1980) et le NEPAD (2000), le nommé « Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf) », porté par les présidents Paul Kagamé du Rwanda et Issoufou Mahamadou du Niger, les deux « champions », lui avançait à grand pas. Un an seulement après son lancement par 44 états le 21mars 2018 à Kigali, le seuil de 22 signatures nécessaires pour sa mise en route a été atteint et dépassé en mars dernier. Ainsi la ZLEC ou la ZLECAf, suivant l’appellation, est entrée officiellement en vigueur le 31 mai 2019.

L’engouement et la prise de conscience pour la ratification du Traité sur le libre-échange continental, sont si contagieux que l’Union Africaine a décidé de greffer au sommet de coordination de Niamey, un « sommet extraordinaire de la ZLECAf », où l’ensemble des chefs d’états africains seront conviés pour une signature mémorable. Sont donc attendus à Niamey, la quasi-totalité des têtes couronnées d’Afrique ainsi que l’ensemble des ministres des affaires étrangères sans compter les Premières Dames qui ne seront pas en reste.

Les enjeux du sommet de Niamey

Assurément, depuis la réforme qui a consacré le passage de l’OUA à l’UA, c’est la plus importante et courageuse décision que les chefs d’états africains vont « signer et formaliser », allant véritablement dans le sens de l’intégration économique du continent et du bonheur de ses habitants. Cette « Zone » est conçue comme un puissant instrument d’autonomisation, de spécialisation et de mutualisation des économies africaines, jamais développé à ce jour par les africains eux-mêmes.

Le Nigéria, première économie africaine qui a tout à y gagner, après quelques hésitations, vient de confirmer qu’il signera les accords sur libre-échange continental à Niamey. A l’heure du décompte, il ne restera plus que le Benin de Talon et la lointaine Erythrée pour contrarier la mise en œuvre totale du libre-échange africain. 

Les terroristes anti ZLECAf

Mais à l’évidence, il n’ya pas que ces deux « petits poucets » qui sont contre la mise en œuvre des accords le la ZLECAf. A priori, tous les intérêts occidentaux sont contre un quelconque changement de statu quo économique en Afrique. Ces « intérêts » le font d’ailleurs savoir clairement à travers les terroristes qu’ils ont essaimés sur le continent : Ils foutront le bordel dans toute entreprise endogène visant à soustraire l’Afrique de leur « domination économique ». 

Ceci étant, depuis l’annonce du sommet de la ZLECAf à Niamey, tous les analystes africains étaient d’accord pour dire que le prochain agenda de ces « intérêts », était de tout mettre en œuvre pour saboter le « projet ». Plusieurs « attaques terroristes » ont en effet eu lieu à côté de Niamey, histoire de signifier à ceux qui voulaient s’y aventurer que « le coin est dangereux », ainsi les dissuader de faire le déplacement et donc déprécier totalement l’évènement. 

Ils ont même réussi « un coup de maitre », à une semaine du sommet en attaquant le lundi 1er juillet à Inatess, un camp militaire nigérien, tuant 18 soldats, emportant des véhicules, brulant systématiquement tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter et disparaissant miraculeusement sous les radars des « drones américains » et des « chasseurs français ». Pour faire diversion et faire d’une pierre plusieurs coups, ces mêmes « intérêts » ont le même jour bombardé en Lybie un camp de détention pour migrants africains, avec plus de 60 morts. Un autre message sanglant adressé à l’ensemble des africains…

Le défi de la participation

Leur objectif n’est sans doute pas d’attaquer la capitale nigérienne où ces « intérêts » disposent d’autres « intérêts stratégiques », mais à tous égards, de faire très peur à tous ceux qui voudraient faire le déplacement de Niamey. D’ores et déjà, les médias internationaux à leur solde, RFI en tête, distillent quotidiennement, depuis les deux attaques du lundi (celle d’inatess et celle de Lybie), la peur et le doute dans l’esprit et les cœurs des africains, en les culpabilisant dans un flot ininterrompu d’informations. 

« Le taux de participation » des chefs d’état africains au sommet de Niamey, sera sans doute l’indicateur le plus scruté par tous les observateurs.

El Kaougé Mahamane Lawaly, Le Souffle de Maradi

 

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