Coup de gueule : Dégâts collatéraux

Coup de gueule : Dégâts collatérauxLa circulation routière est devenue, ces derniers temps un véritable cauchemar dans la capitale du fait de la fermeture de certains passages qui enjambent la voie express en construction. Une situation qui, en plus du désagrément évident qu’elle provoque chez les usagers, a des répercussions sur les autres voies encore ouvertes à la circulation.

En effet, par impatience ou tout simplement par manque de respect pour les équipements publics, certains conducteurs n’hésitent pas à quitter la chaussée pour rouler soit sur le trottoir, soit sur le terre-plein central et même souvent sur les espaces verts aménagés. Du coup, cette façon de (se) conduire dégrade les bas côtés des voies, les trottoirs pavés comme cela est déjà visible sur la route qui traverse la zone militaire à partir du Rond point Sixième, pourtant récemment aménagée. Souvent, ce sont les panneaux publicitaires, les arbres ou même les lampadaires implantés le long des voies qui sont emportés par ces chauffeurs pressés.

Pire encore, même les ruelles à l’intérieur des quartiers sont devenues des voies de circulation automobile avec tous les risques que cela comporte notamment pour les jeunes enfants qui font de ces ruelles leurs espaces de loisir. Ces voies pour la plupart non goudronnées ou pavées, se dégradent au fil des jours et risqueront de devenir avec la saison des pluies, un autre casse-tête avec le ruissellement des eaux.

Il n’est pas superflu de rappeler que depuis quelques années, la capitale a bénéficié de nombreuses infrastructures routières, notamment dans le cadre du programme de modernisation des villes (‘’Niamey Nyala’’ pour le cas de Niamey) exécuté par le gouvernement. Les autorités de la Ville de Niamey ont elles aussi accompagné ce programme à travers la réalisation d’un certain nombre d’aménagements urbains et d’équipements qui ont amélioré le paysage de la capitale tout en offrant un cadre de loisir adéquat aux jeunes.

Cependant, il est fort à craindre que l’utilisation peu respectueuse de ces équipements et le comportement peu recommandable de certains usagers n’accélèrent la dégradation desdites infrastructures. Cette situation soulève la problématique de l’application des lois en matière de dégradation des voies et équipements publics par les tiers. Mais, la fin de ces dégâts collatéraux n’interviendra qu’avec celle des travaux de la voie express à moins que, par un sursaut de civisme, les usagers de la route fassent preuve de plus de patience dans la circulation.

Siradji Sanda (ONEP)

10 avril 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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