Santé et sécurité au travail : Peu d’importance accordée à la question

La problématique traite de la protection des travailleurs contre les maladies, les accidents et les risques professionnels, garantis par le droit international du travail. Cette problématique est l’une des plus importantes préoccupations des autorités, des syndicats des travailleurs et des employeurs. Au Niger, les autorités nationales expriment une forte volonté politique d’assurer et de garantir les meilleures conditions de travail aux employés, en veillant au respect et à l’application des textes, nationaux et internationaux, de santé et sécurité au travail.

Dans l’entretien qu’il nous a accordé, M. Ibrahim Saley Yacouba, Inspecteur Principal du Travail, Directeur de la Sécurité et de la Santé au Travail au ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale, explique les missions des services en charge de cette question au Niger.

Qu'est-ce que la santé et la sécurité des travailleurs?

M. Ibrahim Saley Yacouba souligne que la sécurité et la santé des travailleurs est une discipline très large qui recouvre de nombreux domaines spécialisés. Dans son sens le plus général, dit-il, cette problématique vise à : promouvoir et maintenir le plus haut degré possible de bien-être physique, mental et social des travailleurs dans tous les métiers ; prévenir les effets néfastes sur la santé des travailleurs dus à leurs conditions de travail ; protéger les travailleurs contre les dangers qui menacent leur santé ; placer et maintenir les travailleurs dans un environnement de travail adapté à leurs besoins physiques et mentaux ; adapter le travail aux hommes.

« En d'autres termes, la santé et la sécurité des travailleurs visent tous les aspects du bien-être social, psychique et physique des travailleurs », conclut-il.

Au Niger, la question de sécurité et santé au travail sont du ressort du Ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale. Au sein du ministère, une Direction Générale du Travail est créée. Cette Direction Générale coiffe la Direction de la sécurité et santé au travail et les inspections régionales du travail.

C’est cette Direction de la Sécurité et de la Santé au Travail et les inspections régionales du travail qui sont chargées du contrôle et de l’application des textes de santé et sécurité au Travail au sein des sociétés. M. Ibrahim Saley Yacouba indique que ces services disposent des compétences en la matière. La Direction a pour entre autres missions de concevoir et assurer le suivi d’une stratégie de développement d’une culture de la sécurité et de la santé au travail; d’initier les projets des textes législatifs et réglementaires en matière d’hygiène, de sécurité et de santé au travail; de contrôler l’application des textes en matière de sécurité et de santé au travail et d’amélioration des conditions et du milieu de travail; d’élaborer et veiller à l’application de la politique nationale de Sécurité et Santé au Travail et de prévention des risques professionnels en collaboration avec les partenaires sociaux et les services techniques concernés; d’assurer la gestion des relations avec les autres ministères techniques pour toutes les questions intéressant la sécurité et la santé au travail; de coordonner et contrôler les activités des services techniques et inspections du travail en matière de sécurité et santé au travail; veiller à la collecte, au traitement et à la diffusion de toutes les informations en matière de sécurité et santé au travail, d’assurer l’information et l’éducation des travailleurs dans le domaine de la sécurité et de la santé au travail.

En matière de saisine, M. Ibrahim Saley Yacouba souligne que ce sont les inspections du travail qui sont compétentes, dans la pratique. « L’Inspection du Travail est chargée de toutes les questions intéressant la condition des travailleurs, des rapports professionnels, l’emploi des travailleurs, etc. Elle contrôle les activités des services de santé au Travail et les conditions de Travail dans l’Entreprise afin d’assurer aux travailleurs de bonnes conditions de vie et de travail et de faire cesser toute situation dangereuse de travail. De ce fait, en matière de santé, d’hygiène et de sécurité au Travail, l’Inspection est chargée d’assurer le contrôle de l’application des dispositions législatives, conventionnelles et réglementaires en vigueur», a-t-il ajouté.

Dans l’exercice de sa mission, la Direction de Sécurité et Santé au Travail exploite les rapports des inspections du travail et les données de la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS) pour produire les statistiques sur les accidents, les maladies et les risques du travail. En termes de statistiques, M. Ibrahim Saley Yacouba indique que, selon les données de la CNSS de l’année 2018 sur les cas d’Accidents du Travail et Maladies Professionnelles, 124 cas d’accidents sont déclarés.

L’avenir en matière de sécurité et santé au travail

Selon le Directeur de la Sécurité et Santé au Travail, l’avenir de la Sécurité et Santé des Travailleurs au Niger sera meilleur, « surtout lorsqu’on sait que le Niger a adopté plusieurs textes réglementaires et ratifié des conventions importantes de l’OIT en matière de sécurité et santé au travail   : la convention n° 155 sur la sécurité et la santé des travailleurs ; la convention n°161 sur les services de santé au travail ; la convention n°187 sur le cadre promotionnel pour la sécurité et la santé au travail. Le code du travail et sa partie réglementaire », a-t-il dit.

Par Ali Maman (ONEP)


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Le premier conflit qui intervient entre employeurs et employés est lié au non-respect des clauses du contrat qui est libre et individuel selon M. Saidou Mamoudou, secrétaire à la formation syndicale et à l’éducation à l’Union Syndicale des Travailleurs du Niger (USTN). Ces violations peuvent provenir de l’employeur comme de l’employé, indique-t-il. Il y a beaucoup d’autres phénomènes liés aux relations professionnelles en entreprise, à savoir les conditions de vie et de travail qui sont également sources de conflits, ajoute M. Saidou Mamoudou. Lorsque le travailleur sent que le revenu n’est pas décent, il pose certaines exigences au sein de l’entreprise. En effet, quand l’hygiène, source de maladies professionnelles, la sécurité, source d’accidents professionnels, ne sont pas réunies, ou quand ces conditions sont biaisées, cela peut déclencher des conflits entre employeurs et employés, explique M. Saidou Mamoudou.

Il y a toujours des plaintes dans presque toutes les entreprises mais l’USTN n’intervient en tant que centrale de syndicats de travailleurs que si les revendications prennent un caractère national, précise M. Saidou Mamoudou. Il appartient spécifiquement aux différents syndicats affilés à l’USTN de gérer au quotidien les conflits au sein de leurs propres sociétés.

L’action première que mène l’USTN pour créer un climat favorable entre employeurs et employés est l’action préventive à travers la formation dédiée à l’intention des travailleurs, souligne M. Saidou Mamoudou, secrétaire à la formation syndicale et à l’éducation à l’Union Syndicale des Travailleurs du Niger (USTN) ; il précise que «l’USTN n’a pas d’impact direct sur les employeurs. Nos actions vont directement sur les travailleurs. Pour les employeurs, c’est lorsque le BIT à caractère tripartite initie des programmes ou bien dans les structures créées par l’Etat tels que le comité consultatif de la fonction publique ou la commission consultative du travail où on se retrouve avec les employeurs du secteur privé que nous parvenons à dire un certain nombre de comportements qui sont de nature à rendre difficile la relation professionnelle dans les entreprises ».

Selon M. Saidou Mamoudou, « le code du travail a institué les délégués du personnel qui sont chargés de collecter les revendications et réclamations des travailleurs et de les discuter directement au sein d’une quelconque entreprise ». En outre, a-t-il noté, l’USTN, dans sa mission de défense collective des travailleurs, veille à ce qu’il y ait le respect de cette institution des délégués du personnel qui assure également le rôle de communication important au sein des entreprises. Enfin, M. Saidou Mamoudou affirme que les travailleurs prennent conscience de l’existence des conflits qui sont un phénomène permanent, inhérent et perpétuel ; donc, il nous faut mettre l’accent sur la formation des travailleurs, a-t-il conclu.

Issoufou Adamou Oumar, (Stagiaire)

05 avril 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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