Génocide des habitants peulh de Bangui (Madaoua) : Quand la justice tarde à mettre la main sur certains auteurs et leurs grands complices !

Madaoua NigerIl y a quelques mois, les habitants du groupement peulh de Bangui (il s'agit principalement de femmes, d'enfants et de personnes âgées) avaient été violement pris à partie par d'autres habitants de leur voisinage immédiat. Les assaillants du jour semblaient n'obéir qu'à une seule consigne : " Tuer tous les peulhs et mettre le feu à leurs habitations ", ainsi qu'ils le scandaient à très haute voix lors de leur forfait. C'est ainsi que les assaillants du jour qui avaient selon plusieurs témoignages tenus une réunion préalable, ont investi le groupement peulh pour tuer et mettre le feu aux maisons lorsque ceux qui y habitaient avaient réussi à se barricader. Il en avait été ainsi pour toute la famille du douanier à la retraite Moussa Ibrahim. Et lorsque les assaillants s'en étaient violement pris à cette paisible famille, ils n'avaient trouvé sur place que des enfants dont l'âge varie entre 6 et 13 ans en compagnie d'une vieille dame de 67 ans. Un membre de cette famille s'est interposé et il fut égorgé par les assaillants. Lorsque les rescapés ont pu se barricader, certains assaillants, de criminels en puissance se sont transportés sur le toit de la maison pour y mettre du feu. Mais nous notons qu'ils s'y sont employés à la manière de professionnels en vidant des bidons d'essence par-dessus le toit de la maison et en utilisant aussi des tiges de mil pour répandre le feu. Dans de telles conditions, comment peut-on échapper à la mort et surtout lorsque vous n'êtes qu'un enfant ? Et même les vieilles personnes, de quel moyen dispose-t-elles pour échapper à un si grand supplice : Mourir sous l'effet des flammes sans avoir la moindre issue de secours ! Les curieux assaillants avaient été clairement identifiés par certains rescapés. Mais ce qui pouvait paraitre pour curieux ou anormal était l'attitude de deux responsables régionaux :

D'abord le chef de Canton, qui, même mis au courant de l'altercation dès les premières heures du drame s'était transporté sur les lieux mais n'a daigné prendre la moindre décision. C'est aussi devant ses yeux que les assaillants attaquaient, sévissaient et mettaient le feu aux habitations…… Ensuite, le commissaire de police de la localité, qui lui aussi n'a pas levé le simple doigt pour empêcher que des vies humaines périssent alors même qu'il tient sous son contrôle une bonne unité susceptible d'intervention. Mais M. Le commissaire a laissé faire, pour l'on ne sait quelle mystérieuse raison ? Suite donc à ses évènements qui sont bien assimilables à un véritable génocide (les victimes ayant été choisies en raison de leur appartenance ethnique et ont toutes été ciblées en cette même qualité), le ministre de l'intérieur s'était rendu sur place. Lors d'une réunion d'urgence convoquée par le ministre de l'intérieur Bazoum Mohamed à l'effet d'élucider les faits, un représentant des familles éplorées a demandé la parole (il s'agit du commandant des Douanes à la retraite Ibrahim Moussa), pour fustiger l'attitude des deux autorités (le chef de canton et le commissaire de police), en ce qu'ils n'ont rien entrepris pour porter secours à des pauvres personnes en danger évident de mort. Leur comportement du jour ne mérite-t-il pas des explications ?

Et si l'on pousse l'analyse, leur attitude ou comportement du jour ne sont-ils pas assimilables à de la complicité ? Pour toutes ces raisons, les parents des victimes des évènements de B angui ne comprennent toujours pourquoi pas ces " deux personnalités " d'un tout autre genre ne rendent pas des comptes à la justice de notre pays. Même, un des " grands organisateurs connus " de la tuerie de Bangui, qui après avoir pris la fuite vers le Nigeria voisin se permet de revenir de temps en temps pour fréquenter presque tous les marchés des environs et ce, régulièrement.

Il n'est donc pas normal que de tels assassins connus à l'exemple de notre " fuyard " ou même le fameux commissaire de Bangui et le chef de canton, que donc tout ce beau monde ne soit pas connu des juges. Si la vérité des faits doit se manifester, celle-ci passe inévitablement par l'implication des personnes citées plus haut. Les parents des victimes attendent avec impatience !

Mato Mai Roumbou

29 avril 2017
Source : Le Nouveau  Républicain

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