Mauvaise gouvernance administrative au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération : Entre violations permanentes du Statut particulier et discriminations révoltantes

Mauvaise gouvernance administrative au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération : Entre violations permanentes du Statut particulier et discriminations révoltantes Les violations systématiques des dispositions pertinentes du Statut particulier adopté en 1999, continuent de manière éhontée du fait de la seule volonté du super Secrétaire général du ministère, le sieur Ibrahim Sani Abani. Le désormais inamovible SG à double casquette semble fouler aux pieds les manières de gestion administrative. Nommé secrétaire général du ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’extérieur (MAE/C/IA/NE), depuis l’avènement de la renaissance, il cumule en toute impunité les deux postes (SG MAE/ C/IA/NE/CENSAD depuis 2013 (Sahel du 13 février 2013). Largement en dépassement de mandat, il s’accroche à ses strapontins du mieux qu’il peut. Avec l’organisation prochaine de la conférence de l’Union africaine par notre pays, il semble se faire des regrets avec son départ annoncé à la retraite. Mais il a des raisons d’espérer une rallonge avec le vrai/faux débat engagé depuis quelque temps pour justifier une probable prolongation de l’âge de départ à la retraite. Pour y parvenir, ils usent de toutes les ruses pour justifier aux yeux des plus hautes autorités, le caractère indispensable de leur maintien au-delà de la date prévue pour leur départ à la retraite. Ainsi, les recrutements directs de jeunes cadres compétents sont systématiquement abandonnés pour non seulement vider l’administration des rares cadres existant mais affectés dans les services extérieurs, mais aussi justifier le recours abusif à des recrutements irréguliers d’agents incompétents et qui ne remplissent pas les conditions requises pour accomplir les missions dévolues au ministère des Affaires étrangères. Un ministère devenu depuis quelque temps un fourre-tout devant servir de tremplin à des individus sans qualification aucune dans le seul dessein de leur permettre de jouir des avantages que cela peut leur procurer au détriment de la mission de service public assignée au ministère.

Le ministère des Affaires étrangères n’a jamais connu une direction aussi désastreuse que celle qui prévaut aujourd’hui

Depuis la nomination du sieur Ibrahim Sani Abani comme Secrétaire général du ministère, la sérénité semble céder la place à la zizanie. C’est un autre climat qui s’est installé, obligeant les plus faibles d’esprit à la courtisanerie pour attirer la sympathie du Secrétaire général. Des comportements à bannir, car contraires à l’esprit de la Constitution de la 7e République. Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération est un ministère apolitique. Il n’a jamais connu une direction aussi désastreuse que celle qui prévaut aujourd’hui. La preuve, la ministre Mindaoudou, en bonne juriste, n’a jamais toléré de violations du statut particulier obtenu de hautes luttes et adopté en 1999. Déjà au plus fort moment de la lutte contre les reversements et autres reclassements frauduleux d’agents, le Secrétaire général annonçait les couleurs en ces termes : « il fut un moment où nous avalions des couleuvres ». Il confondait sciemment la période d’exception et l’ère démocratique avec tout ce que cela implique comme liberté syndicale et respect strict des textes et lois de la République, notamment le statut particulier.

Le Statut particulier des personnels des Affaires étrangères est massacré, lorsqu’il n’est pas carrément piétiné et jeté à la poubelle

Ainsi au mépris de l’article 38 du Statut particulier qui stipule clairement que : « Les agents d’autres cadres en service au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, ne peuvent être reversés dans le cadre diplomatique et consulaire. », plusieurs agents relevant d’autres cadres mis à la disposition du ministère furent reversés dans le cadre diplomatique et consulaire et affectés pour la plupart dans les services extérieurs au détriment des véritables cadres du ministère. C’estégalement en violation flagrante de l’Article 7 du Statut particulier qui stipule clairement que: « Sauf sanction disciplinaire, la carrière de l’agent du cadre diplomatique et consulaire se déroule selon un principe de rotation alternant des périodes de quatre (4) ans dans les services centraux et cinq (5) ans dans les services extérieurs du ministère chargé des Affaires étrangères. Nul ne peut être affecté pour une première fois dans un service extérieur s’il n’a travaillé quatre (4) ans durant à l’administration centrale après sa titularisation ».

Des agents ne remplissant pas les conditions exigées par les textes de la fonction publique sont autorisés à passer des tests de recrutement direct de Conseillers des affaires étrangères, catégorie A1

L’on assiste depuis à une détérioration de la situation avec cette gestion aux allures patrimoniales du ministère où le Secrétaire général semble désormais avoir les pleins pouvoirs. Comble d’injustice, suite à un concours, sur instruction du ministre d’Etat Bazoum, un des candidats admis pour suivre sa formation à l’Université de Niamey pour une durée de deux (2) ans sera détaché de la liste des dix (10) où il n’était que 4e pour être envoyé à l’IRIS Sup de Paris (France) pour une seule année au mépris de la loi et de la morale. Comble d’injustice, le syndicat est affaibli et ceux qui espèrent avoir les faveurs du système sont pratiquement contraints de faire allégeance. Les autres doivent scruter le ciel dans l’espoir de lendemains meilleurs. Des agents ne remplissant pas les conditions exigées par les textes de la fonction publique sont autorisés à passer des tests de recrutement direct de Conseillers des affaires étrangères, catégorie A1 malgré le rejet de leurs dossiers par ledit ministère, au mépris de la loi et de la morale. C’est sans parler des nominations et affectations fantaisistes en violation flagrante du Statut particulier. L’on peut citer les nominations aux postes de Consul général du Niger à Ouagadougou et d’ambassadeur du Niger à Rome dans une certaine mesure.

Le Secrétaire général se livre en toute impunité à une gestion quasi-patrimoniale des affaires publiques

Une autre pratique néfaste à court terme a trait aux affectations et/ou mutations intempestives d’agents en poste à l’étranger qui ne respectent plus les normes établies. En effet, en violation flagrante de l’article 7 ci-dessus, le Secrétaire général se livre en toute impunité à une gestion quasi-patrimoniale des affaires publiques. Sinon, comment. comprendre qu’au moment où des agents attendent avec beaucoup d’espoir une hypothétique première affectation à l’extérieur, d’autres agents, en super nigériens, sont tout simplement privilégiés, bénéficiant de nouvelles affectations alors même qu’ils sont sensés rentrer au pays pour occuper les directions et services du ministère où un besoin pressant d’agents se fait sentir. Les mouvements d’agents opérés ces derniers temps illustrent cet état de fait. L’on peut à titre d’exemple citer les cas des agents Moussa Dourfaye affecté d’Ankara à Doha, TahirouBoureimaaffecté d’Ouagadougou à Khartoum au Soudan, madame Rabi Dodo affectée de Kano à Rabat au Maroc et à laquelle il est à souhaiterune meilleure santé. Beaucoup d’autres agents utilisent des faux-fuyants pour échapper au retour au pays avec évidemment le soutien de certains ambassadeurs qui outrepassent leurs pouvoirs pour empêcher ou retarder le rappel d’agents pourtant largement en fin de séjour. À l’allure où vont les choses, il est à craindre que de mutation en mutation, des agents privilégiés ne rentrent plus au pays pendant que d’autres sont rappelés avant terme et ainsi de suite. Il est grand temps que ces dérapages administratifs soient combattus et stoppés net dans l’intérêt supérieur du pays. Les autorités au plus sommet doivent refuser que la diabolisation ne serve d’argument pour discriminer d’honnêtes citoyens dont le seul tort est de combattre l’injustice et les passe-droits dans la gestion de l’administration publique. L’administration publique en général et l’administration diplomatique et consulaire a plus besoin de recrutement de jeunes compétents, recrutés sur la base du mérite, que de contractuels incompétents attirés par l’appât du gain facile. Ndlr : le titre est de la rédaction du Journal Le Courrier

Issoufou Ali, ancien Secrétaire Général du Syndicat national de l’administration diplomatique et consulaire

23 mars 2019
Source : Le Courrier

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