Conférence de débat au CCFN Jean-Rouch à l’occasion de la Semaine de la Langue Française et de la Francophonie : Enjeux et défis des médias francophones face à l’afflux de l’information digitale

Debat-Francophonie-CCFJean-Rouch.jpgA l’occasion de la Semaine de la Langue Française et de la Francophonie, le CCFN-Jean Rouch de Niamey a organisé, hier matin, une conférence-débat placée sous le thème, « les nouveaux médias francophones ». Elle a été animée par trois personnalités du monde des médias, à savoir M. Ziad Maalouf,s ancien journaliste de RFI et spécialiste des nouveaux médias, M. Assane Soumana, Directeur de Rédaction et Centre Régionaux de l’Office National d’Edition et de Presse (ONEP), éditeur des journaux « Le Sahel’’ et ‘’Sahel Dimanche’’, et M. Touré Idrissa, Directeur des Etudes de l’IFTIC. La conférence a vu la participation de plusieurs journalistes des médias nigériens, des élèves de l’Institut de Formation en Technique de l’Information et de la Communication et ceux du Lycée la Fontaine de Niamey.

La conférence débat a été précédée de plusieurs interventions marquant le lancement des activités de la Semaine de la Langue Française et de la Francophonie. Il s’agit du discours de lancement prononcé par Mme Amina Djibo Diallo, Secrétaire Général de la Commission Nationale de la Francophonie pour le Niger, de l’intervention de l’Ambassadeur du Canada au Niger avec résidence au Mali, SE Louis Verret, celle du 1er Conseiller de l’Ambassade de France au Niger, M. Yves Nanville, ainsi que le mot de bienvenue du Directeur Général, du CCFN Jean Rouch de Niamey, M. Olivier Lange.  

Les différents intervenants ont rappelé la place qu’occupe la langue française à travers le monde. Cinquième langue parlée, quatrième langue de l’internet et 3ème langue d’affaires, le français est, selon ces personnalités, un vecteur d’unité au sein de la communauté francophone. Cette langue fait aussi face à plusieurs défis dont celui de son développement, notamment en ce qui concerne le respect de la syntaxe en cette ère de l’internet (les réseaux sociaux).

« Le français, avec près de 300 millions de locuteurs en 2019 (700 millions dans 40 ans !) dispose en effet de tous les atouts pour contribuer à l’affirmation de ce modèle à l’échelle de la planète », a dit le 1er Conseiller de l’Ambassade de France au Niger.

La francophonie, cet espace qui unit l’ensemble des pays qui ont le français en partage, est un vecteur de paix, de cohésion sociale, de la culture et de la diversité ethnique et linguistique. La célébration de cette semaine permet de rappeler le rôle important de la francophonie en faveur de la paix, de la démocratie, du respect des droits de la personne et du développement durable. « La Francophonie est ce formidable trait d’union qui nous permet de nous comprendre, de nous entendre, de nous écouter et de dialoguer », a pour sa part soutenu le Directeur Général du CCFN.

L’Ambassadeur du Canada au Niger et le 1er Conseiller de l’Ambassade de France au Niger ont tous réaffirmé l’attachement de leurs pays respectifs à la francophonie et à ces valeurs. Ils ont rappelé également les liens historiques, de fraternité, d’amitié et de coopération qui unissent leurs pays et le Niger.

Appréciant le thème de la conférence-débat, à savoir « les nouveaux médias francophones », l’ensemble des intervenants ont relevé sa pertinence dans un contexte dominé par la montée en puissance des nouveaux médias grâce à l’internet. « Aujourd’hui, nous vivons dans l’ère de la communication, et les nouvelles technologies bouleversent le quotidien des populations », a souligné l’Ambassadeur du Canada.

Des échanges enrichissants sur l’impact des nouveaux médias

Co-animée par M. Ziad Maalouf, M. Assane Soumana et M. Touré Idrissa, la conférence leur a donné l’occasion d’entretenir les participants sur les enjeux et défis des nouveaux médias francophones. Pendant près de 3 heures d’horloge, les panelistes ont édifié les participants sur les sujets aussi intéressants que les questions de l’éthique de l’information digitale marquée par la montée du phénomène des fake-news par le biais des réseaux sociaux, le rôle des médias institutionnels face à l’affluence de l’information digitale, l’impact du numérique sur la pratique du métier de journaliste, ainsi que sur la langue française, mais sur l’évolution de la formation aux métiers du journalisme, etc.

Les échanges ont permis d’aborder les difficultés auxquelles font face les médias traditionnels (la presse écrite et l’audio-visuelle), dans l’espace francophone du fait du développement rapide de l’internet. Aujourd’hui, les informations vont vite et elles sont disponibles presque à temps réel sur les téléphones intelligents, sur les tablettes ou encore sur les ordinateurs, en permanence.

Dans l’espace francophone l'enjeu important relevé par les trois conférenciers porte sur la bataille pour la survie et la préservation de la crédibilité des médias traditionnels, qui sont non seulement les vecteurs de la langue française et de sa vitalité, mais aussi vecteur d’une information utile et fiable.

Pour les conférenciers, les médias francophones doivent prendre leur place et s’affirmer dans cet espace médiatique nouveau. Déjà plusieurs réseaux, comme TV5 Monde, FRI, France 24 et bien d’autres font des gros efforts dans ce sens dans un espace concurrentiel avec les médias anglophones.

Ali Maman(onep)

20 mars 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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