Le brigandage à Zinder : La loi des « Palais »

Zinder Ville 01Les quartiers périphériques de Zinder abritaient ces dernières années des gangs dignes des ghettos des films Nord Américains. Ils entretiennent une situation d’anarchie défiant même les forces de l’ordre. Il est fréquent de les voire prendre d’assaut et boucler pendant des heures un quartier : descentes punitives, représailles contre une bande rivale, meurtres …. Par les actes qu’ils posent, ces jeunes regroupés au sein de ce qu’ils appellent eux même « palais » apparaissent comme des casseurs et des hors-la loi. L violence gratuite, le vol, le crime, le sexe définissent leurs modes d’actions. Les manifestations des rues organisées par des tierces organisations (scolaires ou syndicats) sont comme un exécutoire pour eux. Ils en profitent pour faire des casses, brulé des édifices publics ou les biens d’autrui. Ils sont apparus dangereux pour la paix sociale. Les « Palais » sont devenus inquiétants par leur nombre (on en a dénombré plus de 300 ) concentrés surtout dans certains quartiers périphériques de Zinder ( Kara-Kara, GARIN MALAM). Leur taille varie entre 10-15-25 membres composés des filles plus jeunes (12 à 25 ans) et des garçons de 15 à 40 ans. La plupart de ces jeunes n’ont jamais été à l’école. Cependant on y trouve des scolaires et des déscolarisés.

Ces palais fonctionnent comme des gangs avec des lois propres, disposent des armes blanches (machettes, flèches et autre). La vie du groupe est maintenue par une violence interne sur ses membres et externes sur les autres « Palais » . Et lorsque les forces de l’ordre interviennent, cela est aperçu comme une provocation.

Les descentes ponctuelles de la police se soldent par l’interpellation de plusieurs jeunes et la saisie d’armes blanches. L’ampleur du phénomène du « Palais » à Zinder est tel que les autorités au plus haut sommet de l’Etat ont décidé d’agir. Avec l’appui de l’UNICEF, le Sultan de Zinder Aboubacar SANDA et les autorités régionales ont été instruit pour trouver de solution aux problèmes de ces jeunes membres des « Palais » , tout ce qui peut les aider à devenir des hommes normaux . Les jeunes eux-mêmes ont répondu à cet appel, et ont accepté de s’organiser à travers un cadre de concertation : une coordination de jeunes des « Palais » et Fada de Zinder.

Au cours de plusieurs rencontres à travers des ateliers la parole fut donnée à ces jeunes. Ils se sont librement exprimés sur leur situation et ont fait mêmes des propositions les plus pertinentes de solutions à leurs problèmes.

Ils apparaissent récupérables. Parce que selon ADAGA Mohamed (Président du conseil régional des jeunes de Zinder PCRJ) ce sont des jeunes frustrés et délaissées par leurs familles et par les autorités.

D’ailleurs ces jeunes ont tout intérêt à coopérer à la solution de leur problemes puisqu’ils sont quelque part victimes de leurs propres violences et instrumentalisées par les hommes politiques par les hommes politiques disait Ali OUMAROU (Président du Conseil National des Jeunes du Niger PCNJ).

Zinder doit cesser d’être stigmatiser, comme violente et de ville invivable. Parmi les solutions proposées il ya la sensibilisation des jeunes. Un travail qu’avait commencé à faire dans les « Palais » à travers des focus – groupe l’association enfance –jeune pour le travail (AEJPN).

C’est le cas de SAFIA Ibrahim membre de cette association qui sensibilise les jeunes des Palais.

Lutter contre le « Palais » c’est éduquer, former et surtout occuper le jeunes c’est-à-dire résoudre le problème de l’emploi et de la pauvreté.

Un pas important est franchi suite au dialogue noué avec ces jeunes et les études sur le phénomène de « Palais » diligenté par l’UNICEF avec son appui, les jeunes de presque tout les « Palais » se sont regroupés au sien d’une association.

Après sa reconnaissance officielle par le ministère de l’intérieur, elle bénéficie des fonds pour mener des activités génératrices de revenus. Mais attention averti ADAGA Mohamed ( PRCJ/Z) , une nouvelle génération de jeune des « Palais » risque de prospérer si des mesures appropriés ne sont pas vite prises.

AMADOU MAHAMADOU

25 avril 2017
Source : La Nation

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