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Système de dédouanement et d’immatriculation des véhicules au Niger : Un réseau de faussaires parallèle à Soniloga

Système de dédouanement et d’immatriculation des véhicules au Niger : Un réseau de faussaires parallèle à SonilogaDepuis le 1er novembre 2016, les formalités de mise en consommation des véhicules se font sur un site unique, au Niger. C’est la société Soniloga [Ndlr : Société nigérienne de logistique] qui s’en charge dans le cadre d’un partenariat publicprivé visant à instaurer un guichet unique pour toutes les formalités de dédouanement et d’immatriculation de tous les véhicules importés et destinés à la mise en circulation au Niger. L’objectif avoué est de faciliter ces formalités en faisant gagner, d’une part, du temps aux usagers, d’autre part, de l’argent à l’État. En concentrant les divers services intervenant dans la mise en consommation des véhicules importés, l’État minimise, à défaut de l’arrêter net, l’évasion de fonds massifs mise en évidence par de multiples enquêtes douanières et fiscales.

La société Sonilogamarche à son rythme, avec des difficultés inhérentes à tout début, mais aussi avec un cafouillage dû à la très grande abondance de la clientèle. Mais le problème est ailleurs. Car, si elle a été pensée et mise en place en vue de réduire considérablement le temps consacré aux tractations de dédouanement et d’immatriculation, Soniloga a abouti curieusement à un accroissement inexplicable du temps d’attente. Les usagers ne comprennent pas et nombre d’interrogations fusent au sein de l’opinion. C’est peut-être cette faille qui a été perçue par des individus non encore épinglés comme une source d’enrichissement facile. Ils montent alors un réseau parallèle à Soniloga où, nonseulement le temps est considérablement réduit, mais les coûts de dédouanement et d’immatriculation aussi. En un temps record, on vous sort votre véhicule avec papiers de dé- douanement et une immatriculation conformes à tous points de vue aux normes de Soniloga. L’alerte a été donnée par la police routière qui a constaté un nombre de plus en plus croissant de véhicules possédant la même plaque d’identification. Le constat a été si régulièrement fait par nombre d’agents de la circulation routière qu’une enquête a été diligentée en vue d’en savoir davantage. Les autorités policières tenaient à avoir le cœur net. L’enquête n’a pas duré longtemps, mais la moisson est importante et digne d’inquiétudes. Mise sur l’affaire, une équipe de fins limiers a obtenu et rassemblé tous les fragments du réseau. La liste des véhicules incriminés par ce trafic, les propriétaires concernés, les responsables du réseau, leur mode opératoire, leurs rabatteurs, etc. les limiers ont tout mis en lumière. Ce réseau parallèle à Soniloga a déjà causé à l’Etat la perte de centaines de millions de FCFA et continue à opérer comme s’il bénéficie d’une licence pour ce faire. Dans la liste des véhicules incriminés dont Le Courrier a obtenu copie, on remarque une forte prééminence des véhicules qui doivent remplacer leurs anciennes plaques d’immatriculation par les nouvelles de Soniloga. Mais il y a également une bonne gamme de véhicules nouvellement importés et devant être dédouanés. À l’instar de l’État qui fait les frais de cette grosse arnaque, Soniloga encaisse également le coût. Les pertes d’argent sont importantes. Tout autant que l’impact désastreux sur l’image de la société, présentée au regard de ces doublons d’immatriculations constatées, comme une société négligente, désorganisée et médiocre.

La police a bien mis en évidence l’existence d’un réseau parallèle à Soniloga en matière de dédouanement et d’immatriculation. Il reste à savoir le niveau de complicité dont bénéficient les faussaires. Car, pour livrer à un demandeur de service quelconque les papiers d’apparence légaux, notamment les documents d’Interpol, de dédouanement, de visite technique, de plaque, d’immatriculation, de carte grise, de vignette et autres, il faut de fortes complicités dans les régies concernées.

De fait, selon une source au parfum de l’enquête diligentée par la police, de nombreux douaniers et transitaires sont impliqués dans ce trafic. Aux dernières informations obtenues par Le Courrier, l’affaire se complique pour les mis en cause éventuels.

Laboukoye

18 novembre 2018
Source : Le Courrier

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