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Editorial : Le Courrier est de retour

Le Courrier Journal NigerAprès maintes péripéties qui l'ont plongé dans les profondeurs insondables et putréfiées d'un système politique dont il a régulièrement révélé la face hideuse, le Courrier refait surface, plus que jamais pointilleux et intraitable. Les bisbilles avec les services des impôts, sur lesquelles il y a beaucoup à dire pour l'histoire, ont permis de comprendre que les coups ne viennent pas toujours que du côté attendu. Ils peuvent venir aussi, et cela est regrettable, du côté le moins attendu. Confronté à des problèmes dont la nature est plus que claire et dont aucun média n'est à l'abri, Le Courrier a été choqué de constater que des confrères ont donné de la voix à cet assaut de la DGI contre les locaux qui lui servent, avec Le Canard en furie et Le Monde d'Aujourd'hui, de siège. Car, si la DGI, qui est un service de l'Etat peut, de bonne guerre, diront certains, se lancer dans cette voie, il ne sied pas à un confrère de jeter de l'huile sur le feu. À moins que l'on ne fasse plus du journalisme et que la confraternité est un mot qu'ils ont banni de leur vocabulaire ! Choqué, mais réaliste, Le Courrier poursuivra son petit bonhomme de chemin, sans la moindre attention à ceux qui n'ont appris qu'à tirer les autres vers le bas et qui en ont fait leur gagne-pain. Autant en emporte le vent... Le Courrier revient dans les kiosques, avec une équipe revigorée par cette épreuve.
Journal d'investigation menant une mission de service public qui doit être plutôt félicitée et encouragée, Le Courrier n'entend garder comme unique boussole que le Niger et son peuple. Jamais mises en cause en termes de véracité, ses enquêtes et ses révélations vont se poursuivre, aussi longtemps que les principes de la bonne gouvernance seront tordus. N'en déplaise aux glaives rouillés du régime !

Si notre métier est d'informer, quoi qu'il nous en coûte, cela ne fait pas de nous de citoyens à part. Nous sommes patriote et à ce titre, nous ne saurions garder le silence - un silence forcément coupable - si nous nous taisons tandis que des individus sans scrupule détournent, pillent et trafiquent à volonté les ressources publiques et livrent la terre, paisible, du Niger, à des narcotrafiquants. N'est-ce pas criminel de se taire lorsque des individus détournent à leurs profits personnels 15 000 tonnes de riz destinées à secourir d'autres Nigériens en insécurité alimentaire ? N'est-ce pas criminel de se taire en constatant qu'un commis au service de l'Etat s'est permis d'ouvrir un compte bancaire au nom d'une société dont il n'est ni le directeur général ni le président du conseil d'administration, et de transférer, à partir de ce compte bancaire, 200 milliards FCFA au profit d'une société détenue, entre autres, par un voyou international du nom de ...,poursuivi par ailleurs pour escroquerie de plusieurs dizaines de milliards ? N'est-ce pas criminel de laisser en liberté, après avoir rassemblé des preuves accablantes contre lui, un élu local qui a abusé des ressources municipales à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA ? N'est-ce pas criminel de faire semblant de comprendre et d'admettre qu'une licence à tout faire est donnée à des trafiquants de drogue et d'armes, mettant ainsi en périls la sécurité que l'on prétend être une préoccupation ? Bref, Le Courrier est de retour, sur le même sentier de l'information qui peut déranger, mais qui est de toute façon la bienvenue pour tout gouvernant de bonne foi.

23 septembre 2018
Source : Le Courrier

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