700 camions bloqués après l'effondrement du pont entre Niger et Bénin

732 camions bloqués par la rupture du pont de MalanvilleDes centaines de camions de marchandises destinées au Niger sont bloqués depuis une semaine au Bénin, le pont sur le fleuve Niger étant coupé après de fortes pluies à Malanville, à la frontière entre les deux pays. Un axe unique, vital pour le Niger, dont le port de Cotonou au Bénin est le point d'exportation. «Nous avons à la date d'avant-hier (8 septembre) 398 camions chargés de marchandises qui sont bloqués» à Malanville, a dit à l'AFP Chaïbou Tchombiano, secrétaire général du Syndicat des commerçants importateurs du Niger.

Mais les camions sont en fait arrêtés à différents endroits en amont et en aval du pont. BBC Afrique donne un total de 732 camions immobilisés.
Le pont qui est la seule voie entre le Niger et le port béninois de Cotonou est devenu impraticable. Il s’est effondré en son milieu, et aucun véhicule, le plus léger soit-il, ne peut passer.  

C'est par ce même pont que le «yellow cake», le concentré d'uranium, extrait dans le nord du Niger, transite vers le port de Cotonou pour être expédié en France. «Le trafic est mort et vous pouvez apercevoir des files de camions à perte de vue», a déclaré à l'AFP un résident de Gaya, la ville nigérienne la plus proche du Bénin.

Pour pouvoir acheminer au plus tôt le fret au Niger, les autorités béninoises proposent notamment un détour soit par le Nigeria (frontalier des deux pays), soit par le Burkina Faso. On parle également de la construction d’un autre pont, métallique, en 45 jours sur le fleuve.                   

Si le blocage des camions continue, «il faut craindre une pénurie de certains produits», s'est inquiété Sani Chipkaou, le président du syndicat.

Pays pauvre enclavé, le Niger bénéficie auprès des pays à façade maritime d'un régime de taxes préférentiel, ce qui lui permet d'importer une très grande partie des produits destinés à sa consommation locale. L'essentiel du fret nigérien passe par le port de Cotonou, le plus proche de Niamey, à 1.000 km.

Le ministre des Infrastructures et du Transport, Alassanne Seidou, «invite les usagers du pont à faire preuve de patience, de tolérance et de civisme en attendant le rétablissement de la circulation».

Selon le site Beninwebtv, les inondations ont provoqué d’importants dégâts. Des habitations ont été évacuées et une centaine de personnes ont été déplacées. Les récoltes de mil ont également été impactées.

12 septembre 2018
Source : http://geopolis.francetvinfo.fr

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